Vous êtes ici

Vous êtes ici

  • Intervenants, de gauche à droite : Ilhan Ilkiliç, Université d’Istanbul, Azim Surani, Université de Cambridge, Jorge Soares, Conseil national portugais d'éthique pour les sciences de la vie, Arnold Kriegstein, Université de Californie du Sud, et Helena Pereira de Melo, Université NOVA.
    AKDN / José Fernandes
  • Intervenants, de gauche à droite : Ángel Raya, Centre de médecine régénérative de Barcelone, Rose Carter, cabinet Bennett Jones LLP, José Belo, Université NOVA, Janet Rossant, Université de Toronto, et Timothy Caulfield, Université de l’Alberta.
    AKDN / José Fernandes
  • Le recteur de la NOVA, João Sàágua, et le président de l’AKU, Firoz Rasul, signent un protocole d'accord afin de faciliter la collaboration entre les deux institutions dans de nombreux domaines, dont les sciences de la santé, les sciences humaines et sociales, les médias et la communication.
    AKDN / José Fernandes
  • De gauche à droite : Le recteur de la NOVA, João Sàágua, le prince Aly Muhammad Aga Khan, et le président de l’Université Aga Khan, Firoz Rasul.
    AKDN / José Fernandes
Symposium conjoint de l’AKU/NOVA sur l’éthique de la recherche sur les cellules souches

Des experts ont abordé certaines préoccupations émergentes lors d'un symposium coorganisé par la NOVA et l’AKU à Lisbonne

Lisbonne, Portugal, le 13 juin 2019 - De nouvelles découvertes en matière de recherche sur les cellules souches laissent entrevoir chez les scientifiques l’espoir d’un avenir dans lequel il existera des traitements révolutionnaires pour les affections fréquentes telles que les maladies cardiaques et le diabète. Toutefois, ces avancées soulèvent de nouvelles questions éthiques et réglementaires, selon les experts d'un symposium coorganisé par la Nouvelle Université de Lisbonne (NOVA) et l’Université Aga Khan (AKU).

Les cellules souches peuvent permettre de stopper ou même d'inverser le cours de maladies chroniques en réparant ou en remplaçant des tissus ou des organes. La greffe de moelle osseuse, qui permet de traiter certaines maladies du sang et du système immunitaire, en est un bon exemple. Certaines blessures ou maladies des os, de la peau ou des yeux peuvent également être traitées par la greffe ou l’implantation de tissus.

« Étant donné que ces cellules véhiculent l’espoir immense d’atténuer la souffrance humaine, les chercheurs, l'industrie et les sociétés multiculturelles doivent s’accorder sur des politiques et lignes directrices réglementaires qui garantissent des activités éthiques, une transparence et les meilleures pratiques », a déclaré le Professeur Arnold Kriegstein, directeur et fondateur du Centre Eli et Edythe Broad du CIRM de médecine régénérative et de recherche sur les cellules souches de l’Université de Californie du Sud (UCSF), à San Francisco.

Bien que d’incroyables progrès aient été faits en science des cellules souches au cours des 10 dernières années, la plupart de ces avancées soulèvent des questions éthiques selon le Dr Azim Surani, directeur du programme de recherche sur la lignée germinale et l’épigénétique de l’Université de Cambridge. « Par exemple, si nous avons les moyens de traiter une maladie héréditaire monogénique à l’aide de la manipulation génétique, devrions-nous le faire pour autant ? C’est le genre de questions que la société doit désormais se poser. »

Ces nouvelles questions éthiques concernent le développement de la culture d’embryons humains surnuméraires issus de la fécondation in vitro (ou conception de bébés-éprouvettes), la production de gamètes (cellules reproductrices) et d’embryons artificiels à partir de cellules souches, la création de chimères humain-animal et la manipulation génétique d’embryons humains.

Il y a également une vague croissante de victimes : des sujets insoupçonnés d’expérimentations risquées ou de traitements non prouvés ou illicites. Le Professeur Timothy Caulfield, directeur de la recherche au Health Law Institute de l’Université de l’Alberta, fait référence à ce phénomène par le terme « scienceploitation » : « De nos jours, la recherche sur les cellules souches, la génétique et, de plus en plus, le microbiome sert d’excuse pour vendre des produits toujours plus aberrants », dit-il.

Bien que la « scienceploitation » soit un phénomène déjà bien implanté, et qui tend à augmenter, dans les pays riches, c’est une réalité qui concerne désormais également le monde en développement. Paradoxalement, les pays ayant un fort taux de pauvreté sont ceux qui devraient bénéficier le plus des progrès éthiques responsables effectués dans ce domaine selon le Professeur El-Nasir Lalani, directeur et fondateur du Centre de médecine régénérative et de recherche sur les cellules souches de l’AKU. « Il serait contraire à l’éthique qu'il n’y ait pas, dès le départ, une égalité d’accès aux nouvelles thérapies dans les pays en développement. »

« L'humanité doit faire face à une foule de nouvelles découvertes et aux immenses possibilités qu’elles offrent », a déclaré le Professeur Lalani. « Désormais, en tant que communauté mondiale, nous avons la responsabilité de nous assurer que le train de ces avancées ne s’emballe pas en laissant de côté les considérations éthiques. En revanche, arrêter complètement le train de ces avancées serait également contraire à l’éthique, car l’espoir de découvrir des traitements révolutionnaires grâce à la recherche sur les cellules souches est plus important que jamais. »

Le Professeur Lalani a également évoqué la création d’un partenariat de renforcement des capacités de recherche entre l’AKU et l’UCSF dans le cadre d'un programme de recherche complet et intégré en biologie des cellules souches et en médecine régénérative. « En tant qu’université de recherche, nous croyons qu’investir dans la recherche sur les cellules souches est un pas en avant de plus vers la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies », a-t-il ajouté.

Pour tout complément d'information, veuillez consulter le site internet de l’événement.

Protocole d’accord entre la NOVA et l’AKU :

À l'occasion de cet événement, le recteur de la NOVA, João Sàágua, et le président de l’AKU, Firoz Rasul, ont signé un protocole d'accord afin de faciliter la collaboration entre les deux institutions dans de nombreux domaines, dont les sciences de la santé, les sciences humaines et sociales, les médias et la communication. Ils se sont engagés à favoriser et renforcer ce partenariat afin d’améliorer la qualité de vie des populations vulnérables, de faire progresser les connaissances par le biais de recherches de pointe et d’encourager la coopération et la compréhension internationales et interculturelles.