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  • Firoz Rasul, président de l'Université Aga Khan, évoque l’étroite relation qu’entretiennent l’AKU et le Ministère portugais de la santé lors de la cérémonie organisée à l'occasion de la donation d’un robot chirurgical par l’imamat ismaili.
    AKDN / Jorge Simão
Cérémonie de donation du robot chirurgical Da Vinci

Bismillah-ir-Rahman-ir-Rahim

Son Excellence Marcelo Rebelo de Sousa, Président de la République du Portugal,
Son Altesse l'Aga Khan,
Madame Marta Temido, Ministre de la santé,
Madame Rosa Valente Matos, présidente des hôpitaux centraux de Lisbonne,
Monsieur le Commandeur Nazim Ahmad, représentant de l'imamat ismaili pour la République du Portugal,
Monsieur João Pedro Antunes, membre de la délégation portugaise du comité mixte de l’accord d’établissement du siège de l’imamat ismaili,
Chers dirigeants des agences du Réseau Aga Khan de développement et de l’imamat ismaili,
Chers invités d'honneur,

Au nom de Son Altesse l'Aga Khan, je vous souhaite à tous la bienvenue à cette cérémonie d'inauguration.

Nous sommes particulièrement honorés par la présence de Son Excellence le Président à l’occasion de cet événement important. Merci, Votre Excellence, non seulement pour votre présence, mais également pour le chaleureux accueil que la République du Portugal a réservé à l’imamat ismaili et pour le partenariat qui lie nos deux entités.

Nous sommes réunis pour célébrer une nouvelle étape dans cette relation, puisque l’imamat ismaili remet ce jour au Centre hospitalier universitaire de Lisbonne un robot chirurgical Da Vinci, qui sera installé ici, à l’Hôpital Curry Cabral. Ce système robotisé de pointe permet d’effectuer des opérations chirurgicales mini-invasives avec un maximum de précision. Il s’agit du premier robot de ce type à intégrer un hôpital public portugais et donc, à servir l’ensemble de la population du pays.

Bien que la technologie derrière ce robot soit avancée et complexe, son incidence est simple : il permettra aux Portugais souffrant de diverses affections d’accéder à des soins chirurgicaux de haute qualité, les aidant ainsi à être en bonne santé. De fait, des milliers de personnes et leurs proches bénéficieront de ses services. Voilà un véritable motif de célébration, et nous sommes impatients d’entendre les premiers retours concernant ce système, qui améliorera sans l’ombre d’un doute le déroulement et l’issue d’interventions chirurgicales délicates.

La donation de ce robot Da Vinci est un témoignage de plus du renforcement des liens entre l’imamat ismaili et la République portugaise, mais aussi de notre engagement commun en faveur de l’amélioration de la qualité de vie au Portugal, dans les pays lusophones en Afrique et au-delà.

Le Portugal et l’imamat ismaili entretiennent une relation de longue date. L’accueil que réserva ce pays aux ismailis qui fuirent le Mozambique dans les années 1970 est toujours bien ancré dans nos mémoires. En outre, depuis la généreuse invitation du gouvernement à établir le siège de l'imamat ismaili ici, à Lisbonne, en 2015, cette relation n’a cessé de se développer et de s'intensifier.

Par exemple, le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) et la Fondation pour la Science et la Technologie du Portugal ont conjointement lancé l'Initiative sur le savoir pour le développement. Dans le cadre de ce projet, des chercheurs du Portugal, de pays lusophones en Afrique et d’agences du Réseau Aga Khan de développement travaillent ensemble afin d’élaborer des solutions aux défis majeurs auxquels le continent africain est confronté. À l’issue du premier appel à candidatures, nous avons accordé des subventions à 16 projets de recherche, dont les objectifs étaient variés : développement de cultures pouvant s’adapter au changement climatique ou encore compréhension des niveaux croissants de maladies résistantes aux traitements telles que le HIV, le paludisme ou la tuberculose.

Aujourd'hui, nous récoltons les premiers fruits du partenariat entre l’Université Aga Khan et le Ministère de la santé, ce qui est une autre dimension de notre étroite relation.

Pour ceux d’entre vous qui ne connaîtraient pas l’Université Aga Khan, ou l’AKU comme nous l’appelons, il s’agit d'une institution fondée au Pakistan en 1983 par notre chancelier, Son Altesse l'Aga Khan. Elle fut la première université privée à but non lucratif du pays. Aujourd'hui, les campus, les programmes et les hôpitaux de l’AKU ne se limitent plus au Pakistan : nous sommes implantés au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, en Afghanistan et au Royaume-Uni.

L’Université Aga Khan a récemment fait son entrée parmi les 100 meilleures universités du monde en médecine clinique dans le Classement de Shanghaï. Il s’agit de la seule université du continent asiatique à avoir intégré cette liste. Au terme de l’année 2019, l’AKU et ses agences sœurs du Réseau Aga Khan de développement auront traité plus de six millions de patients, dont une grande partie dans des hôpitaux et des dispensaires accrédités par des organisations américaines telles que la Joint Commission International ou le College of American Pathologists. Ceux d’entre vous qui travaillent dans le domaine de la santé savent qu'il s’agit de véritables références en la matière.

À titre de président de l’Université, c’est un honneur que la Ministre Marta Temido et que son prédécesseur, le Professeur Adalberto Campos Fernandes, que je suis ravi de voir aujourd'hui, considèrent notre institution comme partenaire du Ministère. C’est par ailleurs le Professeur Fernandes et le Professeur Eduardo Barroso, chirurgien en chef de renom récemment retraité du Curry Cabral, qui exprimèrent la nécessité d’intégrer un robot chirurgical dans le réseau des hôpitaux publics nationaux du Portugal, ce qui a abouti à la généreuse donation pour laquelle nous sommes réunis aujourd'hui et qui fut concrétisée avec l’aide de la Ministre Marta Temido.

La relation entre l’AKU et le Ministère de la santé est promise à un bel avenir. Le protocole d’accord que nous avons signé prévoit des collaborations mutuellement bénéfiques dans la gestion des blocs opératoires, les soins d’urgence, l’analyse des données, la recherche et de nombreux autres domaines.

Lorsque le Professeur Eduardo Barroso a visité notre campus de Karachi, il a proposé que nous collaborions sur plusieurs spécialités chirurgicales, et notamment sur les interventions assistées par robot. Avec son aide et celle de son équipe, l’AKU travaille à la mise en place de services de transplantation hépatique dans ses hôpitaux de Karachi et de Nairobi. De telles interventions constituerait une avancée de taille pour les peuples du Pakistan et d’Afrique de l’Est.

En parallèle, l’Université Aga Khan aide les écoles de médecine du Portugal à développer leurs capacités de formation des médecins et infirmières au travers d'outils de simulation et de réalité virtuelle de pointe. Comme a pu le constater une délégation du Ministère de la santé lors de sa venue à l’Université Aga Khan, notre Centre d'innovation pour l'enseignement médical (CIME) n’a pas son pareil dans ce domaine.

Mais les relations entre les institutions portugaises et celles de l’imamat ismaili sont loin de s’arrêter là. L’AKU collabore activement avec l’Université catholique du Portugal et la Nouvelle Université de Lisbonne (NOVA). En juin de cette année, l’AKU et la NOVA ont coorganisé un symposium international à Lisbonne sur l’éthique de la recherche sur les cellules souches et sur la médecine régénérative, deux approches qui constituent le futur de la médecine. Au cours de cet événement, des experts venant de sept pays et de différentes confessions ont abordé les derniers enjeux de ce domaine en rapide mutation et ont préparé le terrain pour la mise en place d'un accompagnement des pays à faible revenu dans l’élaboration de leurs propres cadres juridiques et réglementaires concernant l’éthique des nouvelles découvertes faites à cet égard.

L’Université Aga Khan et l’Université catholique travaillent ensemble à la création d’une base de données en ligne regroupant des dizaines de milliers de documents conservés aux Archives historiques d’outre-mer à Lisbonne et qui couvrent l’activité portugaise dans la région de l’océan indien entre les 16e et 19e siècles. Ce projet passionnant permettra aux chercheurs du monde entier d’approfondir notre compréhension des interactions interculturelles et de la vaste influence du Portugal au cours de l’histoire.

Je suis également heureux de pouvoir dire que l’AKU commence à tisser des liens avec la Fondation Calouste Gulbenkian et la Fondation Champalimaud. En définitive, ce sont nos valeurs communes qui étayent tous ces partenariats.

Comme la cérémonie de donation d’aujourd'hui en témoigne, nous sommes tous convaincus que chaque être humain est en droit de bénéficier de soins de santé exceptionnels, quels que soient son pays de naissance ou ses moyens financiers. C’est également la vision de notre chancelier, pour qui il est primordial d’assurer un accès aux soins de santé de la plus haute qualité à tous, sans distinction d’aucun ordre.

Ainsi, que vous viviez au Portugal, au Mozambique, au Kenya ou au Pakistan, que vous soyez patient d'un hôpital public ou d'une institution privée, vous êtes en droit de bénéficier des meilleurs diagnostics, traitements et technologies qui existent.

Nous avons tous la conviction que les partenariats contribuent à améliorer la vie des êtres humains et ont un impact positif sur les institutions et la société de tout pays. Mais les partenariats ne sont pas à sens unique. Les deux parties concernées doivent à la fois en bénéficier et y apporter leur contribution. Des avantages mutuels découlent d’engagements collectifs en matière de temps, de fonds, de connaissances, d’expériences ou d’équipements. La donation du robot Da Vinci témoigne de notre engagement en faveur du partenariat entre l’imamat ismaili et ses institutions et le Portugal.

Nous le remettons de grand cœur et avec une immense gratitude, en reconnaissance de tout ce que nous avons déjà reçu et de tout ce que nous obtiendrons. Nous le remettons également avec optimisme vis-à-vis de l’avenir et de notre capacité collective à le façonner au mieux.

Merci beaucoup.