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  • Pontifical Institute of Mediaeval Studies confers an Honorary Degree on His Highness the Aga Khan
    La cérémonie de remise des diplômes de l'Institut pontifical d'études médiévales a eu lieu à la collégiale Saint-Basile de Toronto. M. David Mulroney, président de l'Université St. Michael's College et ancien ambassadeur du Canada en République de Chine, a prononcé le discours de remise de diplôme.
    AKDN / Mo Govindji
Remise d'un doctorat honorifique à Son Altesse l'Aga Khan par l'Institut pontifical d'études médiévales

Votre Altesse,
Votre Éminence et chancelier,
Monsieur le président de l’Institut,
Chers invités d'honneur,
Mesdames et messieurs,

J'ai l'honneur de rendre aujourd'hui hommage à Son Altesse l'Aga Khan, le 49e imam héréditaire, ou chef spirituel, des musulmans chiites ismailis. Son Altesse est également, et bien sûr, un citoyen honoraire de ce pays, une personne dont les nombreuses contributions et les liens à la vie et à la société du Canada se reflètent dans la cérémonie d'aujourd'hui.

Lorsque l’on considère l'énergie et la vigueur avec lesquelles Son Altesse poursuit son œuvre, et la mesure dans laquelle il l'a mise au profit non seulement des musulmans ismailis, mais aussi de nombreuses communautés dans le monde entier - en accordant une attention particulière aux personnes les plus démunies - il est d'autant plus impressionnant de rappeler qu'il exerce cette extraordinaire fonction depuis 1957.

Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) établit des partenariats avec des institutions privées et publiques du monde entier afin de construire, et souvent de reconstruire à vrai dire, les institutions nécessaires au maintien et au progrès de communautés. Cela reflète l'activisme de la communauté ismailie, dont les membres font partie des agents du changement et des personnes faisant la différence dans de nombreuses régions du monde, dont le Canada.

Les Canadiens sont particulièrement fiers des liens que nous avons avec l'Aga Khan, la communauté ismailie et avec les valeurs importantes dont ils sont de fervents partisans. Cette relation remonte à 1972, bien avant l'ère Trudeau, lorsque le Canada a accueilli des milliers d'ismailis qui avaient été expulsés de l'Ouganda, qu'ils avaient pourtant aidé à bâtir.

Cela nous a valu de nombreuses récompenses, et notamment la contribution remarquable et indéfectible de la communauté ismailie à notre vie nationale. Son Altesse l'Aga Khan a lui-même été très généreux, comme peuvent en témoigner les visiteurs du Musée Aga Khan, ici à Toronto.

Il nous a également fait l'immense compliment de nous associer à une valeur d'une grande importance : le pluralisme. Comme il l'a déclaré, le pluralisme est « l'une de nos valeurs fondamentales et une condition inéluctable de la paix et du développement humain à travers le monde ». Il a généreusement renforcé les liens entre le Canada et le respect de cette valeur en faisant de notre capitale nationale le siège du Centre mondial du pluralisme.

C'est un cadeau qui ne cesse de nous être offert, car le Centre est également un rappel perpétuel aux Canadiens de ce que nous pouvons offrir au monde lorsque nous donnons le meilleur de nous-mêmes. Par l'intermédiaire du travail du Centre, Son Altesse nous rappelle notre devoir et nous encourage à accomplir davantage.

Bien sûr, pour Son Altesse, le pluralisme signifie encore plus que la diversité en tant que telle. Notre célébration des nombreuses façons dont la société humaine s'ordonne et s'exprime est fondée sur un sentiment d'humanité commune. Comme nous le rappelle le Réseau Aga Khan de développement, nous trouvons « dans la diversité même de l'espèce humaine des signes qui indiquent le Créateur et le Soutien de toute la création ».

Le pluralisme implique inévitablement le plus catholique des mots, la connexion.

Et Son Altesse réunit les peuples et bâtit des ponts, métaphoriquement et en réalité. Par exemple, il a reconnecté l'Afghanistan avec son rôle traditionnel de carrefour pour le commerce, les personnes, l'art et les idées. En témoigne la construction qu'il a entreprise de nombreux ponts reliant les Afghans à leurs voisins du nord.

Mais cela a également été réalisé grâce à de nombreux projets dont le but était de reconnecter les Afghans à leur histoire et à leur riche diversité culturelle. Son Altesse est un grand défenseur d'une chose que les amis de cet Institut savent, eux aussi, très bien : que l'ouverture à l'apprentissage et à la culture restaure inévitablement un sentiment d'humanité commune et, avec elle, une appréciation éveillée des nombreux signes qui nous indiquent la présence de notre Créateur.

Ces pulsions naturelles d'apprendre, de communiquer et de nous connecter étaient synonymes d’anathème pour les extrémistes qui, pendant trop longtemps, ont dominé l'Afghanistan. Ces ennemis inhumains du progrès, de la tolérance et du pluralisme cherchaient à déconnecter l'Afghanistan de ses voisins, à le dissocier de son histoire et à le détourner de son avenir.

Ils ont provoqué énormément de souffrance, mais Son Altesse a aidé à reconstruire et à ranimer une société brisée. Grâce aux efforts du Réseau Aga Khan de développement, la vie reprend son cours dans la vallée de Bâmiyân, où vit le peuple Hazara, connu pour sa tolérance et composé principalement de musulmans chiites, et dont l’histoire remonte à l'âge d'or du bouddhisme en Asie centrale. À Kaboul, une ville brisée par 30 ans de guerre, l'espoir et la fierté ont pris racine dans la restauration, toujours grâce à Son Altesse, du mausolée de l'empereur Babur et des grands jardins qui l'entourent. Babur était le fondateur de l'Empire moghol, et un contemporain de ces princes tout aussi ambitieux et plus grands que nature, Henri VIII et François Ier. Il assiégea Kandahar la même année où Henri et François s'assiégèrent mutuellement au Camp du Drap d'Or.

Permettez-moi d'émettre une observation personnelle sur Son Altesse et sur sa capacité à bâtir des ponts et à unir peuples. Alors que j'étais en poste à Pékin, j'ai lu avec intérêt un des discours de Son Altesse, dans lequel il parlait de la taille et de la vitalité de la communauté ismailie de l'extrême ouest de la Chine. Après cette lecture, j'ai décidé d'aller moi-même à la rencontre de cette communauté dans la ville de Taxkorgan.

Ce fut une expérience profondément émouvante, qui a résonné en moi en tant que catholique. J'ai rencontré des personnes pieuses, emplies d'espoir et d'une bienveillance formidable. Elles ont immédiatement évoqué le chagrin d'avoir été séparées physiquement de leurs frères et sœurs ismailis et de Son Altesse. Elles ont cependant montré un lien spirituel profond et assuré avec leur communauté mondiale. Elles possèdent une foi qui refuse d'être enfermée ou isolée par des barrières d'origine humaine, une conviction qui doit beaucoup à leur sentiment très réel et justifié d'être en communion avec leur chef spirituel.

Nous sommes rassemblés aujourd'hui pour célébrer notre relation avec Son Altesse, un champion du pluralisme, une personne transcendant les frontières et les barrières, réunissant les peuples avec grandeur d'âme, sagesse et bienveillance.