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  • Meredith Preston McGhie, secrétaire générale du Centre mondial du pluralisme, prononce l'allocution d'ouverture lors de la cérémonie de remise du Prix mondial du pluralisme qui s'est tenue à la Délégation de l'imamat ismaili à Ottawa le 20 novembre 2019.
    AKDN / Mo Govindji
Cérémonie de remise du Prix mondial du pluralisme 2019

Votre Altesse,
Très Honorable Adrienne Clarkson,
Très Honorable Michaëlle Jean,
Très Honorable Joe Clark,
Honorable Elizabeth Dowdeswell, Lieutenante-gouverneure de l’Ontario,
Excellences,
Chers amis du Centre mondial du pluralisme,

Au nom de Son Altesse l’Aga Khan et du conseil d’administration du Centre mondial, je suis ravie de vous accueillir à l’occasion de cette deuxième remise du Prix mondial du pluralisme. Je voudrais également remercier ceux qui nous regardent grâce à la diffusion en ligne de cet événement en direct.

Je tiens d’abord à souligner que les terres sur lesquelles nous sommes rassemblés, ici à Ottawa, font partie du territoire traditionnel non cédé des Algonquins.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Meredith Preston McGhie, et j’ai l’honneur d’être la nouvelle secrétaire générale du Centre mondial du pluralisme.

Mon remarquable prédécesseur, John McNee, est parmi nous ce soir, et je voudrais commencer par le remercier. John, je vous suis profondément reconnaissante pour l’exceptionnel professionnalisme avec lequel vous avez dirigé le Centre depuis ses débuts jusqu’à la réputation sur la scène internationale qu’on lui connaît aujourd’hui.

Comme beaucoup d’entre vous le savent, le Centre fut créé dans le cadre d’un partenariat public-privé entre Son Altesse l’Aga Khan et le gouvernement du Canada.

Avec le soutien de nos fondateurs, le Centre est un rassembleur. Nous réunissons des décideurs politiques, des éducateurs, des activistes et des universitaires, pour échanger des connaissances et apprendre comment bâtir des sociétés plus pacifiques, prospères et fructueuses dans lesquelles la diversité est respectée.

Ce soir nous pouvons apprécier les efforts du Centre à réunir tant de défenseurs du pluralisme.

Depuis que j’ai rejoint le Centre le mois dernier, j’ai eu l’immense privilège d’en apprendre davantage à propos des 10 exceptionnels lauréats du Prix mondial du pluralisme.

Sélectionnés par un jury indépendant parmi plus de 500 candidatures, leur détermination et leur passion sont source d’inspiration pour nous tous.

Par-dessus tout, leurs initiatives nous montrent qu’il existe des solutions créatives et positives. Ces dix personnes et organisations exceptionnelles sont de véritables modèles qui imaginent un monde dans lequel les différences sont valorisées et où les sociétés diversifiées prospèrent. Je crois que tous ceux présents dans cette salle partagent cette vision, ce qui n’est malheureusement pas le cas par la majorité des sociétés où nos lauréats sont actifs.

C’est la raison pour laquelle le Centre est extrêmement fier de les aider à continuer de faire valoir les arguments convaincants qu’ils avancent en faveur du pluralisme dans ces contextes difficiles.

Leurs activités sont si variées qu’il est difficile de les résumer, quoiqu’un certain nombre de points communs les relient, et je voudrais en partager certains avec vous ce soir.

Plusieurs de ces organisations se distinguent par leur approche novatrice pour favoriser la paix et la réconciliation dans des contextes fragiles.

Au Myanmar, le Centre pour l’intégrité sociale encourage des jeunes aux origines ethniques différentes et issus de régions touchées par le conflit à se porter en leaders du changement. Les formations sur la prévention des conflits et le leadership qu’il propose à ces jeunes n’ont pas leur pareil dans le pays.

Le réseau d’Apprendre l’histoire qui ne fait pas encore partie de l’histoire, dans les Balkans, a développé des approches de l’enseignement de l’histoire qui aident les étudiants et les enseignants des pays de l’ex-Yougoslavie à se réconcilier avec l’histoire douloureuse, traumatisante et controversée du conflit qui toucha leurs sociétés.

Au Bangladesh, malgré les difficultés engendrées par la discrimination et les troubles sociaux, Rupantar mobilise des populations vulnérables au niveau communautaire, notamment les femmes et les jeunes, pour leur donner les moyens de défendre leurs droits et de lutter en faveur d’un changement social.

L’autonomisation de la prochaine génération de leaders est une autre thématique récurrente de cette année, et elle nous tient particulièrement à cœur.

Au travers de l’échange virtuel, l’organisme américain Soliya habilite des jeunes de toutes cultures et de tous continents à créer un dialogue constructif en ligne afin de renforcer leur empathie.

L’Institut national de la musique d’Afghanistan offre une formation musicale et académique de haute qualité aux jeunes marginalisés dans un environnement mixte et favorise leur inclusion dans la société afghane.

En France, SINGA soutient l’intégration d’une nouvelle génération de nouveaux arrivants dans la société et les aide à construire des relations personnelles et professionnelles durables au sein de leurs communautés d’accueil au travers de leurs intérêts mutuels.

Enfin, la Ghanéenne Deborah Ahenkorah permet aux jeunes africains d’accéder à une littérature pour enfants plus représentative de leurs propres expériences et d’eux-mêmes, les aidant ainsi à renforcer leurs sentiments d’appartenance, de bien-être et de fierté.

J’en arrive à la troisième grande thématique de cette année : combler les fossés et rassembler des personnes qui, d’ordinaire, ne s’assiéraient pas à la même table, ce qui est absolument essentiel dans notre mission pour le pluralisme.

onBoard Canada en est un exemple particulièrement éloquent. Ses formations en gouvernance et programmes de jumelage avec des conseils d’administration permettent à des membres de communautés sous-représentées de siéger pour la première fois avec des conseils d’administration au sein d’organisations à but non lucratif et du secteur public.

Au Liban, les projets de la Fondation Adyan surmontent les obstacles religieux et réunissent des citoyens aux croyances différentes, les encourageant ainsi à partager leurs expériences et développer leur confiance et leur compréhension les uns à l’égard des autres.

La Fondation Artemisszió en Hongrie favorise l’inclusion sociale des populations les plus désavantagées de Hongrie par la création de communautés qui accueillent les roms, les migrants ou encore les réfugiés.

Qu’ils militent en faveur de la paix, autonomisent les jeunes ou comblent les fossés, les lauréats du Prix mettent en pratique le pluralisme jour après jour. Ce travail difficile, parfois même dangereux, n’est que trop peu reconnu et récompensé, mais pas ce soir.

Il n’y a pas de meilleur exemple pour illustrer mes propos que celui de l’une de nos mentions d’honneur. Le représentant de cette organisation n’a en effet pu se joindre à nous à Ottawa ce soir, car lui et son réseau de champions du pluralisme s’emploient à favoriser le dialogue au milieu du bouleversement que le Liban traverse. Nous sommes cependant très heureux que l’un de ses collègues et partenaires ait pu nous rejoindre pour accepter la récompense en son nom.

Mais j’aimerais rapidement citer son point de vue sur la situation au Liban, car il résume selon moi toutes les solutions positives et constructives que cherchent à mettre en place celles et ceux que nous honorons ce soir. Je cite : « Il faut voir le côté positif de cette situation dramatique. Elle a amené des Libanais de différentes communautés et régions, dans un élan de solidarité, à réclamer un véritable changement face à la corruption et à une élite politique populiste et sectaire. » Fin de citation.

Voilà pourquoi le Centre mondial du pluralisme est convaincu qu’il est essentiel de continuer à soutenir le travail de nos lauréats au-delà de cette cérémonie.

Au cours de l’année passée, le Centre a épaulé les lauréats de 2017 afin de développer leur travail à l’échelle internationale. Aux côtés de Leyner Palacios Asprilla, activiste afro-colombien qui milite en faveur des droits des victimes du conflit qui envenime le pays, le Centre a cofinancé en Colombie et au Canada un long métrage documentaire sur son travail - un film qui, selon moi, devrait être visionné par tous les pacifistes. Grâce à cette projection, son travail a gagné en visibilité et il a obtenu davantage de soutien à l’égard de ses efforts visant à réclamer justice pour les victimes du conflit colombien.

Le Centre a également participé à l’élaboration d’un rapport sur la réunification des familles de réfugiés en Australie aux côtés du lauréat Daniel Webb, et soutiendra sa publication début 2020. Enfin, la dernière lauréate de 2017, Alice Nderitu, a élaboré et publié un manuel pour les médiatrices communautaires qui interviennent dans les conflits armés en Afrique et forme actuellement des femmes dans plusieurs pays du continent.

Nous sommes impatients de travailler aux côtés des lauréats de 2019 au cours l'année à venir, et à plus long terme, afin de les aider à se faire connaître auprès de nouveaux partenaires et de renforcer l’impact de leur remarquable travail.

Enfin, j’aimerais simplement ajouter que nous sommes infiniment reconnaissants envers le Très Honorable Joe Clark pour son rôle directeur, ainsi qu’envers notre éminent jury représenté ici par Son Honneur M. le Maire Naheed Nenshi, pour les innombrables heures que ses membres ont passées à débattre et dont le remarquable travail nous permet d’honorer ce soir ces dix exceptionnels, exceptionnels lauréats.

Sur une note similaire, je suis désormais ravie d’accueillir un champion historique du pluralisme sur la scène.

Son Altesse l’Aga Khan,

Votre Altesse, bienvenue.