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  • Grâce au nouveau scanner IRM portable, qui peut directement être utilisé au chevet des patients, les chercheurs de l’École de médecine de l’Université Aga Khan (AKU) de Karachi pourront démontrer pour la toute première fois comment la mise en place de programmes de supplémentation nutritionnelle pour les femmes enceintes peut impacter la taille et la structure du cerveau des nouveau-nés et des nourrissons.
    Lighthouse Photography
Université Aga Khan
Un nouveau scanner IRM portable pour mener des recherches sur la santé des nouveau-nés

Il est reconnu que les mères doivent avoir un régime alimentaire sain et équilibré. En effet, une alimentation inadaptée pendant la grossesse fait partie des principales causes de malnutrition chez les nouveau-nés, un état qui peut ultérieurement entraîner des problèmes dans le développement cérébral des enfants et des retards dans certaines étapes clés (se tenir debout, ramper, marcher et parler).

Grâce à l’acquisition du scanner IRM Swoop d’Hyperfine (financée par la Fondation Bill & Melinda Gates), un appareil approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) dans le cadre de l’essai clinique MUMTA, l’École de médecine de l’Université Aga Khan (AKU) de Karachi pourra démontrer pour la toute première fois comment la mise en place de programmes de supplémentation nutritionnelle pour les femmes enceintes peut impacter la taille et la structure du cerveau des nouveau-nés et des nourrissons.

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Le Dr Harry Hu (à gauche), expert clinique à Hyperfine Research, fait une démonstration du scanner IRM portable Swoop d’Hyperfine dans une salle de conférence de l’Université Aga Khan.
Copyright: 
AKU

L’essai clinique MUMTA consiste en une série d’interventions d’ordre nutritionnel et thérapeutique auprès de futures mères, notamment au cours de la période cruciale qui s’étend de la huitième à la vingtième semaine de grossesse, lors de laquelle le développement du cerveau du bébé est au plus haut. Les chercheurs effectueront des IRM de suivi sur les bébés jusqu’à leurs 12 mois à l’aide du scanner Swoop afin d’évaluer le rythme de développement de leur cerveau.

« Investir dans la technologie nous permettra de soulever de nouvelles questions et d’en trouver les réponses », explique la Dre Fyezah Jehan, membre du corps enseignant de l’AKU et chercheuse principale dans le cadre de l’essai clinique MUMTA. « Nous savons depuis longtemps que la malnutrition chez les mères affecte la structure du cerveau des bébés à naître. Le scanner IRM Swoop nous permettra de démontrer pour la première fois comment la mise en place d’un apport nutritionnel pour la mère, visant le bébé in utero, peut remédier aux conséquences de la malnutrition dans les pays en développement. »

Le scanner IRM Swoop est également utilisé en dehors de la recherche. Au Pakistan et dans le monde, la plupart des hôpitaux disposent actuellement de systèmes IRM classiques et fixes. Ces appareils de diagnostic utilisés pour produire des images détaillées des organes et des tissus sont d’un tel volume qu’ils ne peuvent être installés que dans deux salles dédiées, conçues sur mesure. Les scanners IRM classiques ne sont cependant pas toujours adaptés, notamment pour les patients gravement malades ne pouvant être déplacés jusqu’au service de radiologie ou pour les patients risquant de faire une crise de panique en raison du bruit important qui résonne à l’intérieur du « tunnel » de ces grandes machines. En forme de dôme, elles mesurent généralement 2 m de haut sur 1 m de large.

Le scanner IRM Swoop d’Hyperfine, qui mesure environ 1,4 m sur moins de 1 m, est spécifiquement conçu pour passer dans les ascenseurs des hôpitaux et par les portes des chambres des patients afin que les médecins puissent les diagnostiquer à leur chevet sans avoir à les déplacer. L’appareil permet ainsi de réduire le temps d’attente pour les patients nécessitant un diagnostic urgent et facilite le diagnostic des maladies neurologiques telles que les accidents vasculaires cérébraux, l’hydrocéphalie et les traumatismes crâniens. En outre, les soignants peuvent rester avec les patients lors de l’examen, ce qui réduit l’anxiété que ces derniers peuvent ressentir lors d’une IRM classique.

« Avec les scanners IRM classiques, nous devons amener le patient jusqu’à l’appareil. Avec le scanner Swoop d’Hyperfine, c’est l’appareil qui vient au chevet des patients les plus malades », explique le Dr Harry Hu, expert clinique à Hyperfine Research, qui a amené la machine à l’Université Aga Khan. « C’est une excellente option pour les hôpitaux, car cet appareil coûte beaucoup moins cher qu’un scanner IRM classique, mais fournit des images de qualité suffisante pour le diagnostic. »

Avec cette acquisition, le Pakistan devient le premier pays d’Asie et le troisième pays hors États-Unis à se doter d’un système IRM portable pouvant être déplacé directement au chevet des patients. Grâce à ce système, l’imagerie par résonnance magnétique devient aussi simple qu’un électrocardiogramme (ECG).

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Les systèmes d’IRM classiques sont fixes et doivent être installés dans deux pièces dédiées et conçues sur mesure.
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AKU

À l’avenir, les radiologues et médecins envisagent d’utiliser le scanner IRM portable au Centre hospitalier universitaire Aga Khan afin d’y réaliser des scanners cérébraux de patients adultes et pédiatriques dans l’unité de soins intensifs, ou dans le service même où les soins leur sont prodigués.

« Dans les hôpitaux du monde entier, de nombreux patients gravement malades ne peuvent pas passer d’IRM, car il est trop dangereux de les déplacer jusqu’au service de radiologie », explique le Dr Khan Siddiqui, ancien élève de l’AKU et médecin-chef et directeur stratégie chez Hyperfine. « Le scanner Swoop d’Hyperfine ouvre l’accès à cette technologie à un grand nombre de patients, notamment à ceux qui doivent passer plusieurs scanners. Il se révèlera également essentiel pour les médecins ayant besoin d’images avancées afin de pouvoir rapidement établir un diagnostic et décider d’un traitement. »

L’essai clinique MUMTA est financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et mis en œuvre par le Vital Pakistan Trust et l’Université Aga Khan.

Ce texte est une adaptation d’un article publié sur le site internet de l’AKU.