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  • Les stations météorologiques, comme celle-ci située à Naryn, en République kirghize, permettent aux chercheurs de réaliser une analyse systémique des vulnérabilités que présentent les communautés locales face au changement climatique et d’orienter leurs travaux en vue d’améliorer la résilience des populations visées.
    UCA / Samat Kalmuratov
Institut de recherche sur les communautés des régions de montagne
Quand recherche scientifique rime avec amélioration de la qualité de vie des communautés des régions de montagne

Certaines communautés ont beau vivre dans des régions reculées, elles n’en sont pas moins concernées par les grands défis contemporains tels que le changement climatique, la dégradation des ressources naturelles ou encore le déclin de la production agricole. Par exemple, de nombreuses recherches ont été menées dans le cadre de projets mis en œuvre auprès de populations locales en République kirghize afin de déterminer la façon dont le changement climatique influence l’offre et la demande de fourrage pour les éleveurs et d’identifier les difficultés économiques qu’ils rencontrent, mais également pour étudier les effets de la migration des ouvriers à l’étranger sur l’économie et la vie locales.

L’Institut de recherche sur les communautés des régions de montagne (MSRI) de l’Université d’Asie centrale (UCA) a été créé dans le but d’étudier l’impact de ces enjeux sur les communautés des régions de montagne. Dans le cadre des activités du MSRI, des chercheurs aux spécialités complémentaires peuvent par exemple collaborer dans le cadre de projets combinant analyse socio-économique, hydrologie et cartographie. L’objectif de l’Institut est donc de fédérer des spécialistes de différents domaines afin d’analyser, de comprendre et de contribuer au développement des communautés des régions de montagne vivant dans les vallées isolées d’Asie centrale (République kirghize, Tadjikistan, Kazakhstan) où très peu de recherches sont menées, si ce n’est aucune.

Plusieurs de ces travaux ont déjà porté leurs fruits et ont conduit les décideurs politiques à remodeler leurs politiques agricoles et migratoires et les communautés locales à augmenter la productivité du bétail de manière durable. D’autres études ont été menées en collaboration avec les populations locales afin de trouver des solutions aux problèmes de conflit d’intérêt et de partage des ressources naturelles le long de la frontière entre la République kirghize et le Tadjikistan. Ces groupes de travail ouvrent la voie à un véritable transfert de connaissances dont les communautés locales sont les premières bénéficiaires. Le MSRI a également recours à des méthodes d’analyse statistique à l’aide de technologies avancées comme la télédétection afin d’identifier et de quantifier les problèmes liés aux ressources naturelles.

Par exemple, des cartes de la végétation, des zones de ruissellement et du climat (accessibles au grand public) ont été réalisées dans le bassin d’Isfara pour aider les agriculteurs locaux à mieux comprendre les conditions d’irrigation de leurs terres. Dans la province de Khatlon, au Tadjikistan, le MSRI mène des recherches à long terme afin d’introduire des technologies adaptées et économiques dans les systèmes locaux de production de patate douce, un aliment rentable et très nutritif.

L’Institut coordonne également l’installation de stations météorologiques dans la région de Naryn, en République kirghize, dans le but de constituer une base de données essentielle à la compréhension du changement climatique dans cette zone. Les données recueillies permettent aux chercheurs de réaliser une analyse systémique des vulnérabilités que présentent les communautés locales face au changement climatique et d’orienter leurs travaux en vue d’améliorer la résilience des populations visées. Des cartographies détaillées sont ainsi diffusées auprès du grand public dans les zones exposées aux inondations, aux glissements de terrain et à l’érosion du sol afin de prévenir des événements tels que l’inondation de 2012 à Muminabad, au Tadjikistan, une catastrophe qui entraîna la destruction d’infrastructures et de terres arables, mais également la mort de plusieurs personnes. Les populations locales considèrent que les recherches scientifiques menées par l’UCA au travers de ses différentes institutions leur sont bénéfiques.

En facilitant la mise en œuvre de projets pluridisciplinaires, l’Institut de recherche sur les communautés des régions de montagne de l’UCA est en mesure d’étudier l’impact des défis tels que le changement climatique sur ces populations, et ce même si elles vivent dans les régions les plus reculées de la planète.