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  • À Arua, en Ouganda, des directeurs et responsables d’établissements scolaires participent à l’élaboration de recommandations en vue de la réouverture des centres d’ECD. En parallèle, des émissions radiophoniques dédiées et des kits d’apprentissage à domicile ont été mis en place afin d’aider les jeunes enfants à poursuivre leur développement.
    AKDN
Fondation Aga Khan
En Ouganda, des émissions radiophoniques assurent la continuité pédagogique des petits durant la fermeture des écoles

Alors que le nombre d’infections ne cesse d’augmenter, la pandémie de COVID-19 renforce toujours plus les sentiments d’incertitude, d’anxiété et de tension parmi les populations du monde entier. Lorsque les écoles ont fermé leurs portes à Arua, une ville de la région du Nil occidental, en Ouganda, les parents ont commencé à se demander ce qu’il allait advenir de leurs enfants, et les enseignants ce qu’il allait advenir de leur carrière. Même si des directives concernant l’apprentissage à domicile furent publiées peu de temps après, celles-ci ne concernaient que les écoles primaires et secondaires. Les centres de développement de la petite enfance (ECD) eux, n’étaient pas mentionnés.

En conséquence, les enfants de 3 à 6 ans étaient donc livrés à eux-mêmes. La majorité des parents n’ayant pas les connaissances, les compétences ou même le temps pour les soutenir dans leur apprentissage, leurs enfants se sont pour beaucoup retrouvés à n’avoir rien d’autre à faire que de jouer avec leurs camarades, souvent sans surveillance. Dans le cadre des interventions de lutte contre la COVID-19 du Réseau Aga Khan de développement (AKDN), la Fondation Aga Khan (AKF) a décidé de soutenir le secteur de l’ECD en Ouganda et d’aider les enfants à continuer d’apprendre au travers de son Programme Madrasa.

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La station Arua One a diffusé des émissions destinées à aider les parents à soutenir l’apprentissage de leurs enfants durant la fermeture des écoles entraînée par la pandémie de COVID-19.
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AKDN

Dans le cadre de cette initiative, des émissions et des cours radiophoniques ont été élaborés et diffusés afin d’aider les enfants à apprendre et les parents et tuteurs à développer des compétences pour soutenir efficacement les nouvelles méthodes d’apprentissage à distance. Ces programmes radiophoniques s’avèrent particulièrement utiles pour des parents illettrés comme Zakia qui, avant cela, s’était résolue à demander à ses enfants aînés d’aider Shamsa, leur petite sœur de 5 ans, à faire ses devoirs. Zakia a désormais l’habitude d’écouter l’émission de 9 heures du samedi avec sa fille. Cette approche multicanal et inclusive est proposée en deux langues (anglais et lugbara) afin de répondre à la diversité de la communauté d’accueil des réfugiés à Arua. Dramadri Abdu Noor, un autre parent, explique qu’il a déjà suivi plus de sept cours à la radio et qu’il en est venu à appeler la station pour exprimer sa satisfaction : « Grâce aux cours radiophoniques que nous écoutons tous les samedis, mon fils peut continuer d’apprendre ».

Outre ces programmes radiophoniques, des kits d’apprentissage à domicile ont été élaborés et distribués à 50 centres de développement de la petite enfance situés dans le district d’Arua. Les membres du personnel des centres ont ensuite distribué les kits aux parents afin qu’ils puissent aider leurs enfants à poursuivre leur apprentissage. Dans une démarche de suivi de l’apprentissage des enfants, les enseignants de chaque centre organisent des appels téléphoniques réguliers auprès de tous les parents ayant reçu un kit. Grâce à ce système, les équipes des centres sont en mesure d’identifier les problèmes rencontrés par les parents et d’apporter des solutions adaptées, mais également de continuer à travailler.

Cette initiative a permis à certaines écoles de surmonter d’importants obstacles, à l’instar de la maternelle Sacred Heart qui, selon le directeur Onama Primo, ne disposait pas de ressources suffisantes pour soutenir les parents. Avec l’aide de la Fondation Aga Khan, 200 kits d’apprentissage à domicile ont été envoyés à 72 familles. Aujourd’hui, les parents en redemandent, et certains empruntent les kits de leurs voisins pour en faire des copies pour leurs propres enfants.

En plus de garantir la continuité pédagogique des enfants, ce programme a également eu un impact sur les enseignants. Alors qu’ils étaient temporairement sans emploi depuis la fermeture des écoles, cette initiative leur a permis de participer à l’élaboration des kits et des scripts pour les cours radiophoniques hebdomadaires, et d’ainsi continuer de gagner leur vie.

Oriku Damazu, instituteur à la maternelle Sacred Heart, était dans une situation désespérée après la fermeture des écoles, car il ne touchait plus aucun salaire et n’avait pas d’économies sur lesquelles s’appuyer. Depuis qu’il a commencé à prendre part à la préparation des kits d’apprentissage à domicile et des scripts des cours radiophoniques hebdomadaires, il gagne un peu d’argent et réussit à garder la tête hors de l’eau : « Maintenant que je participe au Programme Madrasa de développement de la petite enfance et à l’initiative de la Fondation Aga Khan, je suis plus respecté au sein de ma communauté, car je passe à la radio. Je suis devenu la personne à qui s’adresser, et de nombreux parents m’appellent pour que je les aide. »

Les représentants publics locaux se sont félicités de l’impact du programme mis en place par l’AKF, comme le souligne Ronald Drani, responsable principal de l’éducation à la municipalité d’Arua : « L’impasse de la COVID-19 ne se résorbant pas, les autorités du district ont reçu différents partenaires pour trouver les meilleures solutions pour répondre aux besoins éducatifs des enfants pendant la fermeture des écoles, mais tous avaient des programmes se concentrant uniquement sur les classes primaires et supérieures. Aucun ne proposait une prise en charge au niveau de la petite enfance. Cette initiative a fait renaître l’espoir de la communauté et de toute la municipalité. Nous sommes très reconnaissants envers le Programme Madrasa de développement de la petite enfance et la Fondation Aga Khan, qui nous ont apporté un soutien opportun et aidés à répondre aux obstacles entraînés par la fermeture des écoles. »

Grâce à cette initiative, plus de 3 000 enfants (dont deux tiers de filles) peuvent continuer d’apprendre pendant la fermeture des écoles, les enseignants ont acquis de nouvelles compétences afin d’assurer l’organisation de cours hors de la classe et les parents ont découvert de nouvelles façons de soutenir l’apprentissage de leurs enfants.

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M. Njuki Ibrahim du Programme Madrasa de l’AKF (à droite) et M. Safi Rasul, directeur du centre d’ECD de Ragem, dans le district d’Arua, échangent leurs idées afin de permettre aux jeunes élèves de continuer d’apprendre durant la fermeture des écoles entraînée par la pandémie de COVID-19.
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