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  • Une équipe diligentée par le gouvernement inspecte un système d’approvisionnement en eau. Bien que le Tadjikistan possède de nombreuses ressources en eau, moins de la moitié de sa population rurale bénéficie d’un accès à l’eau potable.
    AKAH
Agence Aga Khan pour l’habitat
De meilleurs systèmes communautaires d’approvisionnement en eau pour le Tadjikistan

Alors que la Semaine mondiale de l’eau 2020 attire l’attention sur le lien entre la crise climatique et l’eau, les efforts mis en œuvre par l’Agence Aga Khan pour l’habitat (AKAH) au Tadjikistan pour lutter contre les catastrophes naturelles et améliorer l’accès à l’eau potable donnent un aperçu de la manière dont des initiatives locales adaptées peuvent permettre la création de systèmes d’approvisionnement en eau durables gérés par les communautés elles-mêmes.

La situation du Tadjikistan est atypique, car bien qu’il abrite de nombreuses ressources en eau (947 rivières et cours d’eau temporaires), seulement 43,4 % de sa population rurale bénéficie d’un accès à l’eau potable. Dans ce contexte, l’AKAH met en œuvre une stratégie ambitieuse dans le but d’augmenter ce chiffre au cours des cinq prochaines années.

Un élément majeur qui devrait contribuer à cet objectif est le projet quinquennal intégré Thrive Tajikistan soutenu par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui s’appuie sur les capacités de développement et d’engagement communautaires de la Fondation Aga Khan (AKF) et du Programme de soutien au développement des communautés des régions de montagne (MSDSP), mais aussi sur l’important développement des infrastructures de l’AKAH dans la région. L’AKAH collabore avec les autorités et communautés locales et, surtout, elle fait appel à des entreprises de construction locales dans ses zones cibles, la région autonome du Haut-Badakhchan (GBAO) et la province de Khatlon. L’objectif est notamment de mettre en place 15 systèmes d’approvisionnement en eau, qui devraient desservir environ 42 000 personnes d’ici la fin de l’année 2023.

Imomberdi Berdov, responsable du projet Thrive Tajikistan pour l’AKAH, explique l’approche unique de cette initiative : « Construire, gérer et entretenir d’importants systèmes d’approvisionnement en eau tels que ceux que nous mettons en place nécessite des efforts adaptés et concertés. Par exemple, dans la province de Khatlon, c’est la population locale qui est responsable de la gestion. Plus précisément, elle assume cette responsabilité au travers d’un comité d’usagers de l’eau, qui est lui créé et formé par le MSDSP. »

Dans la communauté de Medon, dans le district de Roshtqala (GBAO), les membres de la communauté attendent avec impatience la fin des travaux du système d’approvisionnement en eau. L’AKAH collabore avec les autorités locales de Roshtqala, qui assumeront à terme la gestion du système et fourniront des services commerciaux d’approvisionnement en eau à la population.

Shirinkhon Kurbonkhonov, référent du projet à Medon, convient qu’il s’agit du meilleur modèle pour la région. « Ce système d’approvisionnement en eau est plus que nécessaire pour le village de Medon, car pour le moment, les habitants utilisent toujours l’eau insalubre de la rivière. Il assurera un approvisionnement constant en eau potable pour les foyers, les bureaux, les écoles et le marché et contribuera ainsi à l’amélioration de la santé de l’ensemble de la communauté. »

Actuellement dans sa deuxième phase opérationnelle, le Programme intégré d’amélioration de la santé et de l’habitat (IHHI), mis en œuvre dans la région de la vallée de Rasht et soutenu par la Direction du développement et de la coopération de Suisse (DDC) et la Fondation Aga Khan Royaume-Uni (AKF (UK)), permettra également à l’AKAH de répondre à ses objectifs pour la région. Une évaluation intégrée de l’habitat entreprise par l’Agence en 2018 dans le cadre de ce programme a permis de détecter un besoin urgent en eau potable dans les villages de Balkh et Akjar, dans le district de Lakhsh.

Jahongir Olimov, chef de projet à l’AKAH, explique l’importance du système d’approvisionnement en eau de Balkh - terminé en avril 2020 - dans la lutte contre certains des problèmes sanitaires entraînés par la pandémie de COVID-19. « Le système, qui se situe à environ 5,5 km de la source, fournit une eau potable à près d’un millier d’habitants et comporte également des infrastructures communautaires essentielles telles qu’un centre de santé publique et un salon de thé. Toutefois, ce qui le distingue des autres systèmes que nous avons mis en place est le fait qu’il soit relié à chacun des foyers du village de manière individuelle, ce qui permet aux habitants de bénéficier d’un accès continu à l’eau potable directement chez eux. »

Les comités d’usagers de l’eau, formés avec l’aide du MSDSP, seront chargés du contrôle du système et de la collecte des redevances pour assurer son entretien. « Aucun système d’approvisionnement en eau construit ici par le passé ne s’est autant démarqué par son utilité », déclare Sadirdin Zuurov, chef du village de Balkh. « Outre le fait que ce système a été construit en tenant compte de toutes les zones exposées aux catastrophes naturelles, il est relié à tous les foyers de manière individuelle, ce qui renforce le sentiment d’appropriation de la communauté, et fonctionne de manière autonome, car ce sont les redevances des usagers qui permettent son entretien et l’amélioration de ses performances. »

En parallèle, l’AKAH met en œuvre d’autres interventions visant à intégrer des solutions climatiques aux systèmes d’approvisionnement en eau, comme des évaluations techniques continues des systèmes hydriques naturels du Tadjikistan permettant de planifier avec précision la gestion de la dégradation du climat et les risques de catastrophe naturelle.

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Après une inspection du système existant, les experts ont découvert que la majorité de l’eau puisée dans des cours d’eau voisins et dont les villageois se servent n’est pas potable.
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AKAH