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  • Une volontaire d’une équipe communautaire d’intervention d’urgence participe à un exercice de sauvetage en rappel au Tadjikistan.
    AKAH
Agence Aga Khan pour l'habitat
Dans la gestion des risques de catastrophe, les femmes se dressent contre les inégalités de genre

En travaillant dans certaines des plus hautes montagnes du monde et au sein de communautés vulnérables en Afghanistan, en Inde, au Pakistan, en Syrie et au Tadjikistan, les femmes contribuent à bâtir des communautés plus sûres, plus écologiques, plus résilientes et plus égalitaires. Les femmes font partie intégrante des activités de gestion des risques de catastrophe et de renforcement de la résilience mises en œuvre par l’Agence Aga Khan pour l’habitat (AKAH). Elles se dressent contre les préjugés sexistes en dirigeant des équipes d’intervention d’urgence, en menant des missions de recherche et de sauvetage, en élaborant et en supervisant des projets de construction écologique ou encore en collectant et en analysant des données géologiques et météorologiques.

 

Membre de l’équipe communautaire d’intervention d’urgence (CERT) de Khorog, au Tadjikistan, depuis 2013, Dilshodbegim Khisravova a été, en 2020 et à 21 ans, désignée cheffe d’équipe. « L’équipe se compose de 25 hommes et de seulement cinq femmes, je suis donc très fière d’avoir été choisie comme cheffe », déclare Dilshodbegim. « À ma façon, aussi petite soit-elle, je me dresse contre les normes sexistes et les inégalités de genre qui subsistent dans la société. » Dans le cadre des interventions de lutte contre la COVID-19, Dilshodbegim a envoyé son équipe aider d’autres CERT de la région autonome du Haut-Badakhchan (GBAO) afin de sensibiliser la population à la dangerosité du virus et aux mesures de prévention. Elle et son équipe ont également participé aux travaux de rénovation du Centre pour les jeunes de Khorog, notamment à la pose des carreaux de céramique. « En tant que femme, il est parfois difficile de concrétiser ses rêves et de devenir la personne que l’on souhaite être, mais les défis auxquels nous faisons face devraient nous encourager à faire encore plus d’efforts pour aller toujours plus loin. C’est en tout cas mon objectif », explique-t-elle.

Rukhshona Saratbekova est originaire de Khorog. À 37 ans, cette femme mariée et mère de deux enfants est une experte du « multitâches », une compétence qui lui est essentielle dans son poste d’analyste en gestion de l’information à l’AKAH Tadjikistan. « Je tiens à jour la base de données des interventions du département, collecte, analyse et valide les données relatives aux différentes activités que nous menons et saisis les informations de notre poste de surveillance météorologique dans le système de surveillance météorologique du Réseau Aga Khan de développement (AKDN) », explique-t-elle. Il est essentiel de pouvoir accéder rapidement à des données précises en vue de les analyser pour garantir l’efficacité des systèmes d’alerte précoce mis en place et des interventions menées en cas de catastrophe. Rukhshona a obtenu un diplôme de mathématicienne-programmeuse à l’Université nationale tadjike à Douchanbé, puis a entamé une carrière à l’Université d’État de Khorog en tant qu’assistante-informaticienne dans la faculté de mathématiques. « Il s’agit d’un secteur dans lequel les femmes ne sont que peu représentées, c’est pourquoi lors des huit années pendant lesquelles j’ai travaillé à l’université, j’étais déterminée à montrer à mes étudiants qu’il n’y a aucun obstacle à ce que les femmes sont capables d’accomplir. C’était une période formidable de ma vie dont je suis très fière et qui m’a permis de développer les bases du travail essentiel que j’effectue désormais avec l’AKAH. » 

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Dilshad Bano.
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AKAH

En tant que coordinatrice des systèmes d’information géographique (SIG) et de la planification de l’habitat à l’AKAH Pakistan, Dilshad Bano analyse les données qui ressortent des évaluations des dangers, de la vulnérabilité et des risques afin de créer des ensembles de données et des cartes précises pour guider la planification et la conception des interventions de réduction des risques de catastrophe et de planification de l’habitat. Dilshad est revenue sur son rôle de premier plan dans ce secteur extrêmement technique : « Je pense que le fait de travailler dans le secteur technique des SIG et de la planification de l’habitat, qui est encore en développement dans cette région du monde, contribue à l’équité entre les genres dans le monde professionnel. Ayant réussi à me faire une place dans ce domaine, j’essaie toujours d’intégrer des approches d’égalité des genres dans mes projets. Les femmes qui occupent un poste de premier plan dans des domaines techniques et émergents devraient encourager les jeunes femmes à s’affirmer et à explorer leurs intérêts au-delà des voies traditionnelles. »

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Nusrat Bibi.
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AKAH

Depuis 20 ans, Nusrat Bibi travaille avec l’AKAH Pakistan et dans sa communauté dans le secteur de la préparation et de l’intervention en cas de catastrophe. Sauveteuse certifiée à l’international, elle est membre d’une équipe de recherche et de sauvetage (SART) entièrement bénévole qui mène des interventions de sauvetage lorsqu’une catastrophe frappe la région de haute montagne de Chitral. Elle reconnaît qu’il « est difficile de venir en aide aux personnes en détresse lors d’incendies, d’inondations ou d’avalanches. C’est un métier technique et à risque » qui ne concorde pas toujours avec la vision traditionaliste du rôle des femmes. Nusrat forme également les communautés de la région de Chitral à se préparer aux catastrophes, à mener des opérations d’urgence et à évacuer rapidement et en toute sécurité une zone à risque. Au travers de son travail, elle constate que « les mentalités évoluent et que ces communautés sont désormais plus attentives aux notions d’équité et d’égalité des genres dans leur vie quotidienne et à d’autres égards. Ces personnes nous font totalement confiance, et j’en suis fière. » Très impliquée et consciente des risques croissants auxquels sa communauté fait face, Nusrat rassemble également les femmes de son entourage afin de planter des arbres et de nettoyer leur village et leur environnement direct.

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Manal Husseino.
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Manal Husseino travaille pour le Programme d’approvisionnement en eau et d’assainissement (WASEP) de l’AKAH Syrie et, depuis l’année dernière, elle est très active dans le cadre des interventions de lutte contre la COVID-19 mises en place par l’Agence. Elle gère une équipe chargée d’acheminer de l’eau potable en camion aux foyers vivant dans des régions frappées par une grave pénurie d’eau. Dès le début de la pandémie, Manal a pris position : « L’accès à l’eau est un service de base essentiel à la survie. J’ai donc insisté pour mettre en place cette intervention, mais également pour la faire perdurer, tout en veillant à respecter les mesures de prévention pour protéger mon équipe, les bénéficiaires et moi-même de la COVID-19. » Elle a obtenu des équipements de protection individuelle (EPI) pour son équipe et a modifié les procédures de remplissage des réservoirs et de collecte de l’eau afin de minimiser les risques de transmission de la maladie. Manal a également coordonné et dirigé une opération de distribution de kits d’hygiène pour 12 000 foyers vulnérables dans le district de Salamyeh. « Un groupe de femmes formidables et moi-même avons participé à une opération de distribution de kits d’hygiène. Avec cette intervention, nous avons tenu à avoir un impact positif sur notre société et à monter l’exemple aux autres femmes et les encourager à aider les autres et alléger leurs souffrances. »

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Gulbano Amiri.
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Gulbano Amiri a rejoint l’AKAH Afghanistan en 2015 en tant qu’animatrice sociale. Un an plus tard, elle a été promue au poste de responsable de suivi et d’évaluation. « Je suis fière d’en apprendre plus quant aux besoins de mes concitoyens, de découvrir leur vie quotidienne, leurs difficultés et ce qui leur manque dans leur village, et de les soutenir dès que j’en ai l’occasion. » Elle reconnaît qu’il est « difficile de travailler dans les régions reculées pour les femmes afghanes. Lors de mes visites de terrain, je fais généralement attention à la façon dont l’égalité des genres est respectée et incite les femmes à partager leurs idées et à s’impliquer dans la mise en œuvre du projet. »

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Shegofa Sekadandari.
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Lorsqu’on l’interroge sur son rôle au sein d’une équipe de recherche et de sauvetage en Afghanistan, Shogofeh Sekandari explique : « C’est une profession nouvelle en Afghanistan, et je suis très fière d’occuper un poste qui me permet de venir en aide à mes concitoyens. Comme nous le savons, les femmes font face à de nombreuses restrictions dans notre société, et nous ne voulons plus accepter cela. Je souhaite que ces restrictions et ces défis auxquels, nous, les femmes, sommes confrontées, disparaissent afin que nous puissions accéder à des perspectives, gagner en autonomie, travailler dans la sphère sociale et jouer un rôle actif. » En tant que membre d’une SART, elle est notamment amenée à apprendre aux membres des communautés impliquées à faire face à différents types de catastrophes naturelles. Shogofeh tire une expérience positive de son travail et de l’impact de ses efforts, bien qu’elle reconnaisse « qu’il subsiste des inégalités et des problématiques liées au genre et qu’encore peu de femmes sont représentées à des postes directionnels et décisionnels. J’espère que la lumière est au bout du tunnel afin que nous, en tant qu’êtres humains, puissions faire bénéficier la société de nos capacités. »

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Sana Dharani.
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Sana Dharani est architecte et gère la conception des logements, des installations sanitaires et des bâtiments institutionnels pour l’AKAH Inde, ainsi que le programme de gestion des émissions de gaz à effet de serre. Elle est accréditée auprès de l’Indian Green Buiding Council et se consacre à apporter des solutions de construction écologique aux ménages à faible revenu. Dans un secteur technique où la présence des femmes fait encore figure d’exception, Sana est « fière de travailler avec une agence qui permet aux femmes d’occuper des postes à responsabilités et de prendre sous leurs ailes d’autres femmes ».