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  • En Afghanistan, lorsque les écoles ont fermé leurs portes en raison de la pandémie de COVID-19, les AKES se sont associés à Roshan Telecommunications et ont distribué 6 000 cartes SIM aux élèves et aux enseignants afin de faciliter l’apprentissage à domicile.
    AKES
Services d’éducation Aga Khan
Comment les Afghans organisent l’apprentissage à distance

En Afghanistan, la notion d’éducation universelle de qualité est fragile. En 2019, selon les estimations, 3,7 millions d’enfants sur 10 millions n’étaient pas scolarisés. Une enquête récente de la Banque mondiale a démontré que seulement deux tiers des élèves de CM1 du pays maîtrisent le programme de langue de CP et que moins de la moitié d’entre eux maîtrisent le programme de mathématiques de CP. Dans un tel contexte, il est plus que nécessaire d’aider ces enfants à rattraper leur retard.

Les Services d’éducation Aga Khan (AKES) ont joué un rôle déterminant à cet égard en appuyant et en complétant les programmes éducatifs du gouvernement. Aujourd’hui, quelque 25 000 enfants bénéficient de leurs programmes de développement de la petite enfance (ECD) et de leurs cours complémentaires en anglais, informatique, sciences et mathématiques. Ces différents programmes préparent les enfants et adolescents à entrer sur le circuit scolaire classique, les aident à réussir leurs examens et leur ouvrent les portes de l’enseignement secondaire, supérieur et du marché du travail.

Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a menacé ces activités. En mai 2020, les écoles d’Afghanistan ont fermé leurs portes. Très peu d’élèves avaient alors accès à un ordinateur ou à internet, deux outils essentiels pour espérer pouvoir suivre des cours à distance. Sur la totalité des élèves inscrits aux programmes complémentaires d’informatique des AKES, seulement un tiers avaient accès à la technologie chez eux, un taux encore plus faible parmi les élèves des programmes d’ECD, d’anglais, de sciences et de mathématiques. Mettre en place des modules d’apprentissage en ligne, comme de nombreux pays l’ont fait, n’était donc pas une solution viable pour assurer la continuité pédagogique de ces enfants.

C’est dans ce contexte que le Projet d’apprentissage à domicile (HBLP) est né. En deux semaines, les responsables pédagogiques chargés du projet ont élaboré des kits d’autoapprentissage pour les élèves ciblés. Ces kits comprenaient des ressources de lecture, des feuilles de travail, des évaluations et des programmes préétablis, ainsi que des propositions d’activités à réaliser à domicile pour les enfants de maternelle et leurs familles.

Pour que ce projet soit efficace, il était primordial que les enseignants puissent rester en contact avec leurs élèves. Dans un pays comme l’Afghanistan, le téléphone s’est avéré être la meilleure solution pour y parvenir. Dans le cadre de ce programme, les enseignants ont appelé chaque semaine et de manière individuelle leurs élèves pendant 15 à 30 minutes afin de les orienter, de passer en revue leurs travaux, de les aider à résoudre leurs problèmes, de les évaluer et de leur communiquer toute nouvelle information nécessaire.

Pour mettre en place ce système, les AKES se sont associés à Roshan Telecommunications, une société-projet locale du Fonds Aga Khan pour le développement économique (AKFED), afin d’acheter et de distribuer 6 000 cartes SIM aux élèves et aux enseignants, et de leur permettre de communiquer régulièrement avec les autres membres d’un « groupe fermé d’usagers » (CUG).

Pour garantir la réussite de cette initiative, les enseignants et le personnel administratif des établissements participants ont suivi des formations en ligne (webinaires) et par téléphone, une brochure a été élaborée et distribuée aux parents et aux membres des communautés afin de les aider à soutenir l’apprentissage de leurs enfants à domicile, un protocole d’appels téléphoniques a été mis en place et des objectifs ont été fixés afin que les élèves puissent progresser dans les modules d’autoapprentissage en fonction des programmes préétablis.

Outre les éléments pédagogiques mentionnés auparavant, les kits contenaient également des brochures concernant l’hygiène personnelle et la protection des enfants.

Dans les régions de Baghlân, du Badakhchan et de Kaboul, 6 000 élèves du préprimaire, du primaire et du secondaire se sont inscrits à ces programmes éducatifs complémentaires organisés par téléphone portable. Les élèves ont regagné les salles de classe en octobre 2020 lorsque le Ministère de l’éducation a autorisé la réouverture physique des centres éducatifs privés. Toutefois, grâce au HBLP, de nouvelles méthodes d’apprentissage ont vu le jour et seront probablement mises en œuvre à plus long terme.

Ramazan Khademi, chef de projets aux AKES, explique comment il a été possible de « faire basculer » l’apprentissage et l’enseignement dans le pays : « Les élèves ont assumé davantage de responsabilités vis-à-vis de leur processus d’apprentissage en travaillant en autonomie dans les limites de leurs capacités. De ce fait, lors de l’appel hebdomadaire de suivi individuel, ils ont eu tout le temps de poser leurs questions à leur enseignant et de renforcer leur compréhension... »

Ce texte est une adaptation d’un article publié sur le site internet des Services d’éducation Aga Khan.