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  • Bien que les écoles soient fermées, les élèves du Programme d’apprentissage accéléré de l’AKF continuent de suivre leurs cours.
    AKDN / Kiana Hayeri
Fondation Aga Khan
Assurer la continuité pédagogique pour protéger l’éducation des jeunes Afghanes

Alors que de nombreuses jeunes Afghanes peinent à accéder à une éducation de qualité en temps normal, la complexité de cette situation est montée d’un cran depuis le début de la pandémie. Dans un contexte où toutes les écoles du pays sont fermées, la Fondation Aga Khan (AKF) est partie à la rencontre d’une communauté où, contre toute attente, les jeunes filles continuent d’apprendre. 

Abbas Dara* est un village relativement grand situé à Andarab, un district de la province de Baghlân. Environ 300 familles qui dépendent principalement de l’agriculture y vivent. L’école la plus proche étant malheureusement éloignée, la plupart des habitants sont illettrés. En raison de l’insécurité qui règne sur ce long chemin à parcourir et de contraintes économiques et culturelles, les jeunes filles de cette communauté peinent à bénéficier d’une bonne éducation.

Désireuse d’élargir les perspectives des 30 adolescentes déscolarisées d’Abbas Dara, l’AKF a lancé son Programme d’apprentissage accéléré (ALP) en 2019 avec le soutien financier de l’UKAID. Les cours se basent sur des méthodes d’apprentissage accéléré et permettent aux jeunes filles qui n’ont pas pu étudier par le passé de faire des études avancées ou d’intégrer des programmes de formation professionnelle. L’ALP s’inscrit dans le cadre plus général du programme STAGES II (Steps Towards Afghan Girls’ Education Success - Initiatives pour la réussite scolaire des jeunes filles afghanes), financé par le Département du développement international britannique (DFID) et mis en œuvre par un consortium de partenaires sous l’égide de la Fondation Aga Khan. Ce programme travaille auprès de mollahs, de membres de comités de gestion scolaire (SMC) et d’enseignants dans le but de faire progressivement évoluer les mentalités et d’obtenir l’aval des communautés pour que les jeunes filles puissent suivre des études secondaires.

Au mois de mars, après avoir toutes validé avec brio la première année, les élèves de l’ALP d’Abbas Dara s’apprêtaient à entamer la deuxième année lorsque la pandémie de COVID-19 a atteint l’Afghanistan. En conséquence, le Ministère de l’éducation a immédiatement annoncé que toutes les écoles du pays devaient fermer leurs portes.

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Les familles commencent désormais à enseigner à leurs propres enfants à domicile avec l’appui des enseignants de l’AKF et les ressources qu’ils leur ont fournies.
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AKDN

Face à la pandémie, les membres de l’AKF, les chefs de la communauté et des enseignants se sont mobilisés afin de mettre en place diverses mesures et interventions visant à sensibiliser les membres de la communauté d’Abbas Dara aux risques sanitaires de cette maladie et à leur apprendre à se protéger contre le virus. Des produits de santé et d’hygiène, notamment des masques, des gants et du savon, ont été distribués aux élèves, aux enseignants et aux comités scolaires ciblés. Les enseignants et les comités ont également reçu des directives sur les protocoles à respecter pour la distribution de ces produits aux élèves.

Gulnoor Din, enseignante de l’ALP qui participe aux initiatives de communication mises en place à cet égard, a non seulement aidé les élèves à poursuivre leurs études depuis leur domicile, mais a également appris à leurs parents, leurs aînés et leurs frères et sœurs plus âgés à les aider à faire leurs exercices quotidiens. Elle est actuellement en train de développer des plans d’études à domicile qui intègrent un suivi régulier par téléphone, voire en personne dans les situations d’urgence. Pour compléter cette initiative, des agents de terrain de l’AKF proposent également un accompagnement à distance aux enseignants et aux élèves.

Les membres de cette communauté ont été nombreux à éprouver d’importantes difficultés à s’adapter à ces circonstances inconnues, mais grâce au travail inspiré des enseignants comme Gulnoor Din, les efforts que l’AKF met en œuvre pour permettre aux jeunes filles de continuer d’étudier malgré la crise ont porté leurs fruits. Ces cours à domicile ont non seulement permis d’assurer la continuité pédagogique de ces jeunes filles, mais ils ont également contribué à faire prendre conscience aux élèves, aux familles et aux enseignants que leur bien-être restait au cœur des préoccupations durant cette période éprouvante.

*Tous les noms de personnes et de lieux ont été modifiés pour protéger les identités.

Ce texte est une adaptation d’une histoire publiée sur le site internet de la Fondation Aga Khan Royaume-Uni