Vous êtes ici

Vous êtes ici

  • Une élève du Lycée Diamond Jubilee de Harp, dans le Gilgit-Baltistan.
    AKES
Services d’éducation Aga Khan
Une nouvelle façon d’apprendre

Il est assez rare d’entendre des parents annoncer fièrement aux enseignants de leurs enfants que ces derniers ont les yeux rivés sur la télévision dès le matin. Cependant, depuis le passage à l’apprentissage à domicile et à la diffusion des cours à la télévision, une telle situation revêt une nouvelle dimension.

Aujourd’hui, les enseignants du Service d’éducation Aga Khan, Pakistan (AKES,P) reçoivent fréquemment ce genre d’appels de la part des parents de toute la région du Gilgit-Baltistan et de Chitral depuis que le Service a lancé son Programme d’apprentissage numérique le 11 mai à la suite de la fermeture des écoles en raison de la pandémie de coronavirus.

Des cours couvrant les programmes du CP à la quatrième sont ainsi diffusés du lundi au samedi sur le câble dans les zones du Gilgit-Baltistan et de Chitral où se trouvent les écoles de l’AKES,P.

Chaque jour, un premier créneau d’une heure vingt commun à tous les niveaux est réservé à l’apprentissage du coran, au développement personnel et à l’activité physique en intérieur. Viennent ensuite des cours de 40 minutes spécifiques à chaque niveau qui se composent de tutoriels, de cours magistraux et de présentations sur différents sujets et couvrent les matières du programme obligatoire. Il n’est donc pas étonnant que les parents et les enseignants soient désormais ravis de voir les enfants devant la télévision.

Toutefois, dans le cadre de ce nouveau système, les élèves ne se contentent pas de rester devant un écran. Ces derniers ont en effet également reçu des dossiers couvrant toutes les matières et contenant des exercices à compléter à l’aide des tutoriels numériques. Les exercices pratiques et de révision, que les élèves devront présenter à leurs enseignants lors de la réouverture des écoles, leur permettent de correctement assimiler les sujets traités lors des cours diffusés à la télévision.

akes-pakistan-ms-gitch_2019_2_002r.jpg

Un élève du Collège Diamond Jubilee de Gich, dans le Gilgit-Baltistan.
Copyright: 
AKES

À ce jour, les avis des parents et des élèves vis-à-vis de cette nouvelle méthode d’enseignement et d’apprentissage sont très majoritairement positifs, la plus grande inquiétude des parents en cette période difficile étant de savoir comment garder les enfants actifs en intérieur, une question largement abordée dans le cadre du Programme d’apprentissage numérique de l’AKES, P.

Ali Nigah, dont les trois enfants et la nièce sont scolarisés à l’École Aga Khan de Booni en CP, cinquième et troisième, explique qu’ils apprennent tous beaucoup de choses. « Les enfants ne se contentent pas de regarder le cours correspondant à leur niveau, mais également ceux des autres. Ils appréhendent donc un grand nombre de nouveaux concepts et sujets. Chez nous, la télévision est allumée durant toute la diffusion. »

Ali Nigah est loin d’être le seul à avoir observé ce comportement ; en effet, la situation est la même dans de nombreux autres foyers, où les interactions et l’entente entre frères et sœurs se sont par ailleurs améliorées. Arshi Ghulamuddin, élève de CM1 à l’École Aga Khan de Garden, à Karachi, est actuellement avec sa famille dans le Gilgit-Baltistan. Elle explique qu’elle ne regarde pas seulement les cours destinés aux élèves de son niveau, mais également ceux de son petit frère, afin qu’elle puisse l’aider avec ses devoirs. Son grand frère fait la même chose avec elle. « Toute la famille assiste aux cours », déclare Arshi. Grâce au Programme d’apprentissage numérique, de nombreux parents ont l’occasion d’observer de plus près comment s’articulent les cours auxquels assistent leurs enfants à l’école, mais également d’apprendre de nouveaux concepts et de nouvelles approches et idées.

Le seul problème auquel certains parents font face, y compris Ali Nigah, est l’irrégularité de l’approvisionnement électrique. Toutefois, ils ont trouvé une solution pour pallier cette situation : « Nous appelons l’opérateur du réseau câblé et demandons que les cours soient retransmis l’après-midi, de cette façon, si les enfants ratent quelque chose le matin, ils peuvent rattraper leur retard », explique Ali. Dans certaines zones, il est impossible d’accéder au câble. Pour contrer ce problème, les écoles ont invité les parents à venir télécharger les ressources nécessaires sur une clé USB pour les diffuser sur l’ordinateur familial.

Le Programme d’apprentissage numérique n’est pas seulement populaire et utile auprès des élèves de l’AKES, P, mais également de milliers d’autres élèves des écoles publiques et privées du Gilgit-Baltistan et de Chitral. Selon Tajul Mulk, qui supervise un groupement d’une vingtaine d’Écoles Aga Khan dans la région de Chitral, les parents dont les enfants ne sont pas scolarisés dans les établissements de l’AKES,P l’appellent pour le remercier de la mise en place du programme, mais se déplacent également dans les écoles du Service pour télécharger les ressources sur clé USB. « Toutes les écoles ne sont pas en mesure de maintenir la continuité pédagogique pour leurs élèves durant cette période, et les parents s’inquiètent de voir leurs enfants prendre du retard. Notre contenu étant diffusé sur le câble, toute personne ayant une télévision peut y accéder. » Voilà qui résume parfaitement un programme dont la devise est « L’apprentissage pour tous ».

Mazia Kanwal, qui enseigne les sciences sociales et l’histoire du Pakistan à l’École Aga Khan de Booni, décrit des situations similaires : « Les parents des jeunes enfants de mon quartier, dont certains ne sont pas scolarisés dans les établissements de l’AKES, P, m’appellent et viennent à ma porte pour me poser des questions et savoir comment encadrer leurs enfants. Par exemple, de nombreuses écoles n’ont toujours pas intégré la phonétique à leur programme. Dans les Écoles Aga Khan, nous nous en servons pour apprendre aux enfants à lire. Cette méthode est inédite pour de nombreux parents, qui sont stupéfaits de voir la vitesse à laquelle leurs enfants progressent en lecture. » 

« J’apprends beaucoup moi-même », explique Mazia, « toute cette période nous fait expérimenter de nouvelles méthodes et de nouvelles façons de faire les choses ».

Ce texte est une adaptation d’un article publié sur le site internet des AKES.