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  • Le système d'alerte précoce (SAP) de l’Agence Aga Khan pour l’habitat (AKAH) installé à Sherqilla, dans le district de Ghizer, aide les communautés à fuir vers des lieux plus sûrs lors d’épisodes climatiques violents en transmettant des données et des informations permettant d’émettre des alertes météorologiques chaque jour.
    AKDN
Agence Aga Khan pour l’habitat
Un voyage vers l’espoir - L’Agence Aga Khan pour l’habitat au Pakistan

Au cours des millions d’années d’existence de l'humanité sur la planète, notre habitat n’a jamais été aussi vulnérable qu’aujourd’hui. En raison des conditions climatiques changeantes, les catastrophes naturelles continuent de détériorer un peu plus chaque jour la qualité de vie de millions de personnes à travers la planète. Le modèle de croissance instauré après la Seconde Guerre mondiale a accéléré le réchauffement climatique. Par conséquent, la planète est devenue plus dangereuse, non seulement pour les êtres humains, mais aussi pour toutes les espèces vivantes et leurs habitats.

Cette situation est particulièrement avérée dans le monde sous-développé et en développement qui, dans la plupart des cas, est le moins responsable de ce changement climatique. Le Pakistan, par exemple, fait partie des 10 pays qui souffrent le plus des effets du changement climatique, alors que sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre est inférieure à 1 % du total des émissions mondiales. Les pluies diluviennes, l’accroissement de la fonte des glaciers, les vidanges brutales de lacs glaciaires et les avalanches deviennent monnaie courante dans le pays. Au cours de la dernière décennie, le Pakistan a été confronté à des inondations de moyenne et de grande ampleur presque chaque année ; 2010 et 2015 ont été les pires années, lorsque des millions de personnes se sont retrouvées sans abri à la suite de ces catastrophes. Les dégâts causés ont engendré des pertes de plusieurs milliards dans une économie déjà fragile, aggravant un peu plus la pauvreté du pays.

Cette situation force les habitants à fuir des régions dans lesquelles ils vivaient depuis des générations. Le nombre de réfugiés climatiques est en constante augmentation. Les habitants des zones rurales migrent dans les centres urbains, où ils finissent par vivre dans des bidonvilles, fuyant ainsi un danger pour se retrouver confrontés à un autre.

L’Agence Aga Khan pour l’habitat (AKAH) a pour mission d’aider les communautés à construire des habitats humains sûrs, résilients et mieux équipés afin qu’elles puissent entrevoir un semblant d’avenir. Elle s’attache particulièrement à mettre en œuvre des programmes de réduction et d’adaptation au changement climatique. La planification de l’habitat est une activité clé de l’Agence ; par l’intermédiaire d’évaluations des dangers, de la vulnérabilité et des risques (HVRA), elle identifie des lieux sûrs dans les zones de mise en œuvre de ses programmes afin de pouvoir y établir des habitats. À ce jour, l’AKAH a évalué près de 800 villages au Pakistan, dont la majorité se trouve dans les régions montagneuses du nord du pays. Elle a également identifié des zones exposées à un ou plusieurs risques naturels et d’autres plus sûres et moins exposées aux catastrophes naturelles.

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Vue panoramique du centre de ressources communautaires d’Ishkarwaz Broghil, construit en combinant des méthodes de construction locale et de montage en préfabriqué, dans le cadre d'un projet récent de l’AKAH. Ce centre offre des espaces pour l’organisation de formations professionnelles, d’événements communautaires et de présentation de l’artisanat local.
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Dans le cadre de son programme de sécurité des écoles, l’AKAH a travaillé auprès de plus de 1 000 écoles à travers le pays et a formé des centaines d’enseignants et des milliers d’élèves aux approches de réduction des risques de catastrophe.

Les communautés des régions de montagne du nord du Pakistan dépendent très largement des forêts naturelles, qui ne représentent que 9 % du territoire total de la zone. Des études montrent que 95 % des foyers du Gilgit-Baltistan utilisent du bois pour construire leurs habitats. En moyenne, six à huit arbres adultes sont abattus pour chaque nouvelle maison, et environ 3 000 nouveaux habitats sont construits chaque année. En parallèle, 86 % des foyers utilisent du bois pour se chauffer et cuisiner. Cette situation entraîne une forte pression sur des ressources forestières déjà amoindries.

Dans le cadre de son Programme de construction et d’amélioration de l’habitat (BACIP), l’AKAH a développé plus de 60 solutions d’amélioration de l’habitat, dont des dispositifs écoénergétiques et des poêles améliorés permettant de réduire la consommation de bois jusqu’à 60 %. Le BACIP a également créé des solutions novatrices de renforcement des murs permettant de réduire l'utilisation de bois de construction. Plus de 100 000 produits développés par le Programme ont été installés dans plus de 40 000 maisons, et ce pour le bénéfice d’un peu moins d’un demi-million de personnes vivant dans les communautés des régions de montagne. Au cours des deux dernières années, plus de 1 000 maisons ont bénéficié de l'installation de systèmes à énergie solaire pour l’éclairage interne.

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Les communautés des régions de montagne utilisent des panneaux solaires portatifs fournis par l’AKAH afin de produire de l’énergie et de ne pas subir de coupures d’électricité.
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En outre, dans un contexte où la gestion efficace des ressources en eau est un enjeu international clé du changement climatique, l’AKAH (par l'intermédiaire de son Programme d’approvisionnement en eau et d’assainissement - WASEP) a développé avec succès un système communautaire de gestion de l’eau pour les communautés des régions de montagne. Au travers des six composantes de son programme (infrastructure, exploitation et entretien, remise à la communauté, santé et hygiène et système de qualité de l’eau), elle fournit aux communautés une solution globale d’approvisionnement en eau potable tout au long de l’année. À ce jour, le WASEP a été déployé au sein de 600 communautés, permettant ainsi à plus d’un demi-million de personnes de bénéficier d'une eau potable conforme aux normes fixées par l’OMS. Les communautés sont propriétaires des systèmes mis en place, et par conséquent, elles les gèrent et les entretiennent.

Dans le cadre du programme de construction de l’AKAH, la résistance au changement climatique est une considération essentielle. L’Agence conçoit ainsi des bâtiments n’affectant pas le climat lors du développement de projets de construction pour le Réseau Aga Khan de développement (AKDN). Par exemple, l’hôpital de Bâmiyân, récemment terminé en Afghanistan, couvre 60 % de la totalité de ses besoins énergétiques grâce à l’énergie solaire. À ce jour, l’AKAH a construit pour plus de 120 700 mètres carrés de bâtiments parasismiques ou respectueux du climat.

Au fil des années, l’Agence a gagné de nombreux prix internationaux, dont le Prix Ashden, le Prix ONU-Habitat, le Prix Alcan et le Prix de la British Social Housing Foundation. Des millions de personnes ont directement ou indirectement bénéficié des programmes et approches de l’AKAH, qui sont reproduits au niveau régional dans des zones géographiques similaires.

Pour M. Nawab Ali Khan, Directeur de l’Agence Aga Khan pour l’Habitat au Pakistan, « les réussites de l’AKAH sont le résultat de son approche communautaire et des partenariats solides mis en place avec le gouvernement, les donateurs et d’autres partenaires nationaux et internationaux. En plaçant les communautés visées au centre de notre réflexion au travers de nos collaborations avec le gouvernement et d’autres partenaires, nous pensons que nous pouvons créer un meilleur habitat dans les zones où il est plus sûr de vivre et où il est possible d’entrevoir un avenir meilleur. Nos partenariats font naître l’espoir chez les personnes que nous aidons. »

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