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  • La lecture aide les élèves à faire face à l’isolement alors qu’ils sont forcés de rester chez eux en raison de la pandémie de COVID-19. Les élèves qui bénéficient de l’initiative DEAR sont reconnaissants envers leurs enseignants et les bénévoles qui leur apportent régulièrement des livres.
    AKDN
Services d'éducation Aga Khan
Prenons le temps de lire : le Pakistan à l’heure de la pandémie de coronavirus

Sultana Jabeen, une enseignante d’anglais à l’École Aga Khan de Murtaza Abad, dans le Gilgit-Baltistan, au Pakistan, reçoit régulièrement des appels d’élèves qui, ayant terminé les livres qui leur ont été distribués, lui en demandent de nouveaux. Curieusement, ils ne sont pas les seuls à attendre sa visite hebdomadaire avec impatience. « Les parents aussi commencent à m’appeler pour savoir quand je prévois de venir les voir avec de nouveaux livres de la bibliothèque scolaire », déclare-t-elle.

De nos jours, il est relativement rare de voir des enfants réclamer des livres. Toutefois, en raison du confinement imposé par le gouvernement dans le contexte de la pandémie de coronavirus, les élèves pakistanais découvrent de nouvelles façons passionnantes d’occuper leur temps de manière productive. Les livres leur sont apportés chez eux par un enseignant de leur école ou par des bénévoles du Comité pédagogique villageois et de groupes de jeunes locaux.

Tehzeeb Tariq, une élève de sixième de l’École Aga Khan de Murtaza Abad, nous explique qu’elle a déjà lu six livres. « Ces livres m’aident à passer le temps pendant l’isolement », déclare-t-elle fièrement. Elle est reconnaissante envers son enseignante, qui vient régulièrement lui rendre visite avec de nouveaux livres. Tehzeeb est impatiente de pouvoir lire de nouvelles histoires, tandis que son frère, qui est lui aussi en sixième, attend son tour pour emprunter des livres de sciences.

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Les enseignants et bénévoles des Écoles Aga Khan du Gilgit-Baltistan et de Chitral empruntent des livres dans les bibliothèques scolaires et les apportent à leurs élèves directement chez eux, en prenant soin de porter un masque et de maintenir une certaine distance, comme le recommandent les autorités.
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Les enseignants et bénévoles des Écoles Aga Khan du Gilgit-Baltistan et de Chitral empruntent des livres dans les bibliothèques scolaires et les apportent à leurs élèves directement chez eux, en prenant soin de porter un masque et de maintenir une certaine distance, comme le recommandent les autorités.

Les élèves choisissent les livres qu’ils souhaitent lire et tiennent un journal de bord qu’ils présenteront à leurs enseignants à la réouverture des écoles. Ils sont également tenus d’écrire une brève analyse de chaque livre qu’ils lisent. Afin de les encourager, les écoles ont mis en place un concours amical dans le cadre duquel les meilleurs lecteurs seront récompensés.

Certains élèves sont impatients de retourner à l’école pour pouvoir partager avec les autres leurs avis sur les livres qu’ils ont lus. Quelques-uns ont même déjà commencé à apporter leurs analyses à leurs enseignants, si ces derniers vivent près de chez eux, ou ont demandé à leurs parents de leur envoyer leurs travaux en photo via l’application WhatsApp.

Cet engouement pour la lecture découle de l’initiative « Drop Everything and Read » (DEAR - Laissez tout tomber et lisez), qui a été lancée au Pakistan pour aider les élèves à mettre à profit le confinement imposé par le gouvernement. Dans les régions où ils habitent à proximité les uns des autres, notamment dans les zones rurales où la majorité des Écoles Aga Khan sont situées, les élèves échangent les livres entre eux plutôt que d’attendre le passage de leurs enseignants. Sher Aziz, qui dirige une unité régionale de développement scolaire du Gilgit-Baltistan supervisant 25 écoles, estime qu’environ 80 % des élèves de sa zone ont reçu des livres. La plupart des autres zones affichent des taux similaires.

Le succès de l’initiative DEAR ne se limite pas seulement aux élèves des Écoles Aga Khan et leurs parents, mais s’étend à toute la communauté du Gilgit-Baltistan et de Chitral. Zarb Ali, qui dirige une unité régionale de développement scolaire supervisant 26 écoles, explique que le directeur du lycée public de Mominabad, dans le Gilgit-Baltistan, a été tellement impressionné par l’impact de l’initiative DEAR sur une École Aga Khan voisine qu’il a lui-même convaincu les enseignants de son établissement de la mettre en œuvre pour leurs élèves. 

Aujourd’hui, Zarb Ali se retrouve malgré lui dans une situation qu’il n’avait pas anticipée : répondre à l’appétit insatiable des élèves de sa zone pour la lecture. En raison du confinement, il ne lui est pas simple de faire face à cette demande. Toutefois, le pédagogue qu’il est ne pourrait être plus heureux de répondre aux besoins des enfants, c’est pourquoi il fait tout ce qui est en son pouvoir pour que les élèves de sa région puissent lire autant de livres que possible.

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