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  • Consciente de la nécessité de prioriser l’éducation et la formation, la Fondation travaille auprès des principales organisations compétentes et écoles dans le but d’aider les jeunes à acquérir les compétences qui leur permettront de décrocher un emploi.
    AKDN / Christopher Wilton-Steer
Fondation Aga Khan
Faire naître l’espoir au Kenya

Une nouvelle initiative pour stimuler les jeunes de la province de la côte et du nord du Kenya et leur ouvrir de nouvelles perspectives.

Célèbre pour ses plages immaculées, son passé commercial et sa vieille ville classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, l’île de Lamu avait jusqu’à récemment été épargnée par l’instabilité qui sévit sur le continent. Toutefois, les rapides virages sociaux et économiques qui s’opèrent dans tout le pays et un mouvement d’insurrection le long de la frontière avec la Somalie voisine affectent la région. Dans cette zone dont le taux d’alphabétisation fait partie des plus bas du pays, seulement 21 % des personnes ont un emploi formel. En effet, seulement 13 % des 115 000 habitants ont un diplôme d’enseignement secondaire ou supérieur.

« Quand j’étais jeune, la communauté était très soudée, et nous partagions tout ce que nous avions. Une seule personne qui travaillait pouvait subvenir aux besoins de toute sa famille », déclare le gouverneur adjoint de Lamu, Abulhakim Aboud Bwana. « Désormais, Lamu repose sur un modèle économique libéral. Les secteurs du tourisme et de la pêche sont sur le déclin, même la mangrove est touchée. Les seules personnes bénéficiant d’une sécurité de l’emploi sont celles qui occupent un poste officiel, ce qui est rare. Les habitants ont peur. Ils ont l’impression d’avoir été oubliés. »

Les jeunes sont particulièrement vulnérables face aux influences négatives et destructrices qui menacent gravement la sécurité de la région.

« Sans éducation ni travail, les jeunes se tournent vers la criminalité, le vol et la toxicomanie », déclare Walid Ahmed, directeur de l’Alliance des jeunes de Lamu. « Nous sommes confrontés à un important problème de dépendance à l’héroïne. Les femmes se voient contraintes de se marier bien trop tôt, car elles ont l’espoir que cela les aidera à se forger un meilleur avenir. Les jeunes abandonnent tout simplement le système. »

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La Fondation soutient de jeunes leaders passionnés qui s’engagent à forger un avenir plus positif pour les jeunes kenyans. Lorsqu’il était jeune, Walid Ahmed, directeur de l’Alliance des jeunes de Lamu, a connu les mêmes problèmes que les jeunes d’aujourd’hui, mais il a pu s’en sortir et exceller dans son domaine grâce aux personnes qui ont su voir son potentiel. Il a notamment été invité par la Clinton Global Initiative, à New York, où Barack Obama l’a félicité dans son discours de 2014.
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Créer des perspectives d’avenir pour les jeunes dans le nord du Kenya

Avec l’aide de l’Union européenne, la Fondation Aga Khan (AKF) collabore avec Islamic Relief Kenya et le nouveau Conseil national pour l’éducation des nomades au Kenya afin d’apporter des solutions aux problèmes complexes que connaissent les jeunes des comtés de Lamu, de Garrissa et de Mandera.

Consciente de la nécessité de prioriser l’éducation et la formation, la Fondation travaille auprès des principales organisations compétentes et écoles dans le but d’aider les jeunes à acquérir les compétences qui leur permettront de décrocher un emploi. L’AKF travaille également en étroite collaboration avec des entreprises locales afin de garantir l’employabilité des jeunes vis-à-vis des exigences du marché, mais aussi avec les administrations locales pour les aider à prendre connaissance des aides dont ils peuvent bénéficier.

L’objectif de cette initiative est de créer des perspectives d’avenir pour 16 000 jeunes femmes et hommes vulnérables âgés de 15 à 35 ans, ce qui devrait à terme bénéficier à 25 000 membres de leurs familles et de la communauté dans son ensemble.

La Fondation soutient ainsi de nombreuses organisations civiles pour les aider à encadrer, former et représenter ces jeunes dans le nord du Kenya. Ces groupes leur permettent d’accéder à de nouvelles perspectives d’avenir, mais les aident également à échanger de manière constructive avec les administrations locales au sujet des problèmes de développement propres à la région.

Ces organisations ont même commencé à négocier la mise en place de programmes d’apprentissage avec de grandes entreprises du secteur privé et d’importants services publics, ainsi qu’avec des entreprises locales, comme des ateliers de menuiserie et des salons de beauté.

Abood est le parfait représentant de cette initiative. Autrefois inactif comme beaucoup d’autres jeunes, il subsistait grâce aux touristes qui visitaient le port. Sa vie prit un tournant lorsque l’Alliance des jeunes de Lamu lui fit découvrir un programme d’apprentissage mis en place à l’atelier de menuiserie de Maja Ali. Il apprend maintenant le métier depuis plusieurs mois. « Un jour, je veux créer ma propre entreprise et employer des jeunes comme moi », déclare-t-il.

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À Lamu, au Kenya, l’atelier de Maja est l’une des nombreuses entreprises locales auprès desquelles les groupes de jeunes soutenus par l’AKF travaillent afin d’offrir des programmes de renforcement des compétences et d’apprentissage aux jeunes marginalisés et inactifs. Avec le soutien de l’AKF, Maja peut acheter de nouveaux équipements et prendre plus d’apprentis. Les jeunes hommes, qui étaient pour la plupart inactifs et facilement influençables par des personnes mal intentionnées, apprennent à gagner leur vie en fabriquant des chaises, des lits, des placards et d'autres meubles.
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Selon Atrash Ali Mohamed, responsable de l’AKF pour la région côtière, l'objectif à long terme de cette initiative « est de recruter des ‘super formateurs’ pour améliorer la qualité des produits, comme le mobilier, qui permettront à ces entreprises de se développer et d’employer davantage de jeunes ».

Le salon de beauté Mabruk bénéficie de ce programme. Grâce à l’achat d’équipements supplémentaires, il pourra bientôt accueillir bien plus d’apprentis. Sa jeune propriétaire, Nuru Mohamed Obo, prend ses responsabilités citoyennes très au sérieux : « beaucoup de filles de Lamu restent chez elles car elles n’ont ni compétences ni travail, et je voudrais les aider. »

Misant sur la potentielle recrudescence du tourisme, la Fondation a également mis en place un programme de formation au métier de conducteur de bateau-taxi. Les participants à cette formation subventionnée obtiennent ainsi une licence officielle leur permettant de proposer des services de bateau-taxi en toute légalité.

L’AKF collabore également avec le Centre de formation professionnelle de Lamu. Grâce à des investissements dans des équipements de base tels que du matériel de couture, des outils de formation à l’utilisation d’appareils électriques, du matériel informatique et des équipements sportifs, le nombre d’apprentis dans les classes est passé d’une poignée il y a seulement un an à plus d’un millier aujourd'hui.

Renforcement de la société civile locale

La Fondation travaille avec le Ministère de l’éducation afin d’intégrer un enseignement des valeurs fondamentales dans les divers programmes scolaires, et ce dans le but de promouvoir la tolérance, la paix et le pluralisme, d’unir des groupes opposés et de construire un rempart contre l’idéologie extrémiste. Engagée à renforcer les groupes citoyens comme l’Alliance des jeunes de Lamu, l’AKF encadre et soutient diverses organisations afin de les aider à se développer et à continuer leur travail important et essentiel bien après la fin du programme.

Ces groupes sont ainsi formés à la comptabilité, au marketing, à la collecte de fonds et aux relations publiques afin qu’ils puissent renforcer leur autonomie et leur stabilité et même soutenir d’autres groupes citoyens émergents.

Un avenir plus radieux pour les jeunes kenyans

La région se situant à un carrefour, il est vital d’investir dans des organisations locales de la société civile qui défendent les valeurs d’inclusion, de tolérance et d’ouverture d’esprit. Ces organisations sont essentielles pour aider les jeunes à s’orienter sur le chemin difficile qu’ils ont devant eux et constituent un rempart puissant contre les personnes qui pourraient vouloir les diviser ou leur nuire.

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Noor Dahir, leader charismatique de la Kiyunga Youth Bunge Initiative, a également grandi à Lamu, près de la frontière somalienne. Voir les jeunes de sa communauté souffrir du chômage, sombrer dans la drogue et rejoindre l’organisation Al-Shabab l’a poussé à intégrer un groupe de jeunes, grâce auquel il a trouvé un emploi pour un projet de conservation local, avant de fonder sa propre organisation.
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Ce texte est une adaptation d’un article écrit par Nicholas McGrath et paru sur le site internet de la Fondation Aga Khan Royaume-Uni.