Vous êtes ici

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  • « La formation que nous avons suivie et les compétences que nous avons acquises nous permettront de donner le meilleur de nous-mêmes, mais sommes-nous prêts à affronter l’échec pour autant ? (...) N’oublions pas que personne n’est parfait. Chaque fois que nous tombons, nous avons l’occasion de nous relever plus forts et plus sages pour affronter la raison de notre chute », a déclaré Scoviah Masudio, major de promotion, à l’occasion de la cérémonie internationale virtuelle de remise des diplômes de l’Université Aga Khan.
Cérémonie internationale virtuelle de remise des diplômes de l’Université Aga Khan

Chers camarades,
Monsieur le recteur,
Chers membres de l’administration de l’Université,
Chers invités, familles, amis et partisans,

Nous sommes très honorés de vous compter parmi nous en cette magnifique occasion, alors que nous célébrons la clôture d’un chapitre important de nos vies. Je m’appelle Scoviah Masudio, et j’ai l’honneur de représenter la promotion 2020 de l’Université Aga Khan (AKU) aujourd’hui.

Je remercie Dieu de protéger nos vies et de les couvrir de grâce, et sans qui nous ne serions pas réunis aujourd’hui à l’occasion de cette importante étape. Malgré les nombreux bouleversements et revers que nous avons connus à cause de la pandémie de COVID-19, nous avons persévéré. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec fierté que nous avons réussi.

Je viens d’une famille qui compte 10 enfants et de nombreux cousins. Mon père (paix à son âme) a obtenu son premier diplôme à 58 ans. Il m’a un jour dit : « ma fille, je n’ai pas d’argent et je ne suis pas non plus très instruit, mais ce que je peux te dire, c’est que si j’ai réussi à obtenir mon diplôme à mon âge, alors rien ne pourra jamais t’empêcher de réaliser tes rêves. Tu dois retourner à l’école. Je veux que ceux qui me considéraient comme un raté sachent que de grandes personnes sont issues de ma famille. » Enfin ! Aujourd’hui, je suis la première fille d’une longue lignée familiale à obtenir un diplôme. Cette histoire, aussi petite soit-elle, a été écrite pour moi. Aujourd’hui, mon rêve devient réalité !

Mais je n’y suis pas arrivée seule. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à chacun d’entre vous. Je souhaiterais ainsi remercier l’administration, les professeurs et les membres du personnel de l’Université. Vous ne nous avez jamais abandonnés, vous nous avez guidés et formés consciencieusement, et maintenant, l’heure est venue pour nous de prendre notre envol.

À ma famille et mes amis, je vous remercie pour les sacrifices que vous avez faits pour que ce jour puisse avoir lieu. À mes camarades, je vous remercie d’avoir toujours su m’encourager et me pousser dans la bonne direction.

Aux responsables du programme de bourses d’études de Johnson & Johnson, les mots seuls ne peuvent exprimer toute notre gratitude. Merci beaucoup.

Nous avons tous attendu impatiemment cette journée de remise des diplômes, nous en avons même rêvé. Mais maintenant, quelle est la suite ? Que signifie le diplôme que nous recevons ? Est-ce un autre morceau de papier que nous allons accrocher aux murs de notre salon ? Qu’allons-nous faire avec ce que l’Université Aga Khan nous a donné ? Cette question est pour mes camarades infirmiers et sages-femmes : sommes-nous tous aussi impatients de devenir professionnels dans notre domaine ? Quel sera l’impact de notre travail sur la vie et la formation de nos collègues qui n’auront, eux, pas eu la chance de retourner à l’école ?

Aujourd’hui, nous faisons notre entrée dans le monde et devenons des agents du changement parés au combat et prêts à œuvrer en faveur de l’humanité à travers nos différentes disciplines.

La formation que nous avons suivie et les compétences que nous avons acquises nous permettront de donner le meilleur de nous-mêmes, mais sommes-nous prêts à affronter l’échec pour autant ? Je n’insinue pas que nous raterons ce que nous entreprendrons, mais la vie est parfois ainsi faite. Ce n’est que rarement qu’elle se compose de lignes droites sans obstacle. Elle est généralement davantage ponctuée de collines, de terrains accidentés et de virages inattendus. Peut-être nous porterons-nous candidats à des emplois sans jamais être rappelés, peut-être essaierons-nous de soigner une mère faisant une hémorragie, qui malheureusement finira par décéder malgré tous nos efforts. Comment réagirons-nous face à cela ? N’oublions pas que personne n’est parfait. Chaque fois que nous tombons, nous avons l’occasion de nous relever plus forts et plus sages pour affronter la raison de notre chute. Peu importe le nombre de fois où nous tombons ; c’est le nombre de fois où nous refusons de rester au sol qui compte. L’échec ne doit jamais nous retenir, il doit au contraire allumer en nous le désir d’apprendre une meilleure façon de gérer le même problème. Personnellement, le premier semestre n’a pas été facile. Je n’ai pas obtenu les résultats que j’attendais et j’ai perdu mon père. J’étais tellement découragée que je voulais abandonner. Pourtant, me voilà devant vous aujourd’hui, car j’ai décidé que je ne devais pas abandonner, et vous devez faire de même !

Le moment est venu pour nous de briller, alors envolons-nous et marquons le monde de notre empreinte. Saisissons toutes les occasions qui se présentent à nous, et si elles n’arrivent pas, créons-les nous-mêmes. Nous découvrirons probablement que nous avons plus de potentiel et de capacités que nous le croyons. Nous sommes inarrêtables et nous avons toutes les clés en main pour réécrire notre histoire. Créons notre propre héritage, mettons de la passion et du dévouement dans tout ce que nous entreprenons, affrontons nos peurs avec audace et courage et faisons de nos points faibles des points forts. Soyons, chaque jour, la meilleure version de nous-mêmes.

Merci et bonne chance à tous !

Chère promotion de 2020, je vous félicite ! Que Dieu vous bénisse.