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  • Le président de l’Université, Firoz Rasul, s’exprime lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’AKU, à Dar es Salaam, en Tanzanie.
    AKDN / Aly Z. Ramji
Cérémonie de remise des diplômes de l’AKU de 2015 à Dar es Salaam

Monsieur le chancelier, Son Altesse l’Aga Khan,
Chers membres du conseil d’administration de l’Université,
Honorables Ministres du gouvernement tanzanien,
Chers membres du corps diplomatique,
Chers doyens, membres du corps enseignant et du personnel de l’Université,
Chers parents, donateurs, partisans et invités d’honneur,
Et par-dessus tout, chers diplômés,

Hamjambo et Karibuni (Bonjour et bienvenue).

Bienvenue à tous à cette cérémonie de remise des diplômes de l’Université Aga Khan (AKU) de 2015.

Permettez-moi de commencer par féliciter nos diplômés. Vous avez atteint vos objectifs aujourd’hui ! J’ai récemment entendu dire que certains de nos anciens élèves appellent l’AKU « la maison de la rigueur ». Il est certain que personne ne peut y obtenir un diplôme sans travailler d’arrache-pied.

Aujourd’hui, nous célébrons non seulement la remise des diplômes de la promotion de 2015, mais aussi les 15 ans de l’AKU en Afrique de l’Est. Nous devons notre réussite au cours des 15 dernières années à de nombreuses personnes et organisations. Permettez-moi de commencer ce discours en exprimant notre profonde gratitude envers le fondateur et chancelier de cette institution, Son Altesse l’Aga Khan, qui a souhaité implanter cette Université en Afrique de l’Est il y a 15 ans. Merci, Votre Altesse.

J’aimerais également remercier notre chancelier d’avoir accepté de présider pour la toute première fois en Afrique de l’Est la cérémonie de remise des diplômes d’aujourd’hui. C’est une journée mémorable pour l’Université, pour les diplômés, pour les enseignants, et nous en sommes extrêmement reconnaissants. Merci.

Nous sommes également reconnaissants envers nos partisans qui nous soutiennent financièrement : les particuliers et les anciens élèves, les organisations telles que la Fondation Bill et Melinda Gates et la Fondation Lundin, les entreprises telles que Johnson & Johnson, et les agences gouvernementales et de développement telles que le BMZ (Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement) et la banque KfW en Allemagne, l’Agence Française de Développement et le Ministère canadien des affaires étrangères, du commerce et du développement. Nous sommes redevables envers les nombreuses personnes et institutions qui nous ont apporté leur aide en tant que partenaires, conseillers et bénévoles. Je pense notamment à l’Université de l’Alberta et à l’Université de Californie, à San Francisco. Et nous nous devons de remercier tout particulièrement le gouvernement tanzanien qui, dès le début, a reconnu l’importante contribution de l’Université Aga Khan au développement de la nation et lui a accordé une charte afin de renforcer son action en Tanzanie.

Je sais que les diplômés seront d’accord avec moi pour remercier leurs familles pour leur soutien et leurs encouragements au travers de ces longues nuits d’études et longs mois d’absence. Et je sais qu’ils souhaiteront également saluer le dévouement de leurs enseignants. Nous avons l’immense chance d’avoir des enseignants dont les compétences sont doublées d’une passion de l’enseignement.

Il me semble qu’en plus de célébrer la réussite des femmes et des hommes que nous honorons aujourd’hui, nous nous devons également de les remercier. En fin de compte, l’importance d’une université se mesure grâce à ses étudiants et à leurs contributions envers la société. Je n’ai aucun doute quant au fait que nous serons toujours plus fiers de vous au fur et à mesure que nous prendrons connaissance de vos réussites dans les années à venir.

Toutefois, je tiens à vous rappeler que tracer votre chemin dans ce monde ne sera pas une sinécure. Depuis un certain temps, nous entendons et disons nous-mêmes que notre planète devient de plus en plus connectée et complexe, un lieu uni par les communications instantanées et le commerce mondial. C’est un truisme, certes, et même s’il a beau nous être familier, il n’en demeure pas moins vrai.

Malgré cela, il semble que nous n’ayons pas encore réussi à nous adapter à ce fait déterminant. Ces dernières années ont été riches en exemples d’événements interconnectés à l’échelle mondiale qui ont dépassé notre capacité à les comprendre ou à y répondre. Je pense à la crise financière de 2008 qui a frappé les économies les plus avancées du monde. Je pense à l’insurrection publique réclamant des changements politiques dans le monde arabe. Je pense à l’épidémie du virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

Face à un tel monde, il est tentant de penser à se confiner, voire s’isoler. Mais un monde « sans frontières » ne permet pas seulement aux crises de se répandre. Il permet également la libre circulation de bonnes idées, de nouvelles perspectives et d’innovations pouvant améliorer nos vies. Comment construire un système de santé solide qui traite, mais qui prévient également les maladies ? Comment améliorer la qualité de l’éducation afin que tous les enfants, indépendamment de leurs origines ou de leur milieu socio-économique, soient prêts à réussir dans leur vie future ? Comment les gouvernements peuvent-ils favoriser le développement ? Nous en savons plus à propos des réponses à ces questions que cela n’a jamais été le cas. Et grâce à cette libre circulation d’informations, ces réponses sont plus largement accessibles qu’elles ne l’ont jamais été.

Un monde « sans frontières » connecte également les personnes les unes aux autres. Il ouvre la voie à des possibilités de véritables dialogues entre les personnes, les communautés, les pays et les civilisations qui ne se connaissent principalement que par ouï-dire. Comme notre chancelier, Son Altesse l’Aga Khan, l’a dit, et je cite, « si nous voulons devenir des participants à part entière dans la société du savoir du 21e siècle, nous devons adhérer aux valeurs de collaboration et de coordination, d’ouverture et de partenariat, de choix et de diversité ». Car, selon ses propres mots, « l’esprit de la société du savoir est l’esprit du pluralisme ; il représente une disposition à accepter l’autre... à considérer la différence comme une nouvelle perspective plutôt que comme une menace ». Ainsi, un monde « sans frontières » nous met face à des défis sans précédent, mais nous offre aussi des perspectives extraordinaires. La mission de l’Université Aga Khan est de former les leaders dont l’Afrique de l’Est a besoin à notre époque.

Il est particulièrement à-propos que l’année 2015 marque non seulement le 15e anniversaire de l’Université en Afrique de l’Est, mais aussi le 15e anniversaire du rétablissement de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE). En tant qu’université, nous avons longuement et rigoureusement réfléchi à la façon dont nous pouvions contribuer au développement de l’Afrique de l’Est en cette période d’intégration régionale et internationale. Nous en sommes arrivés à la conclusion que nous devons aller bien au-delà de nos horizons actuels afin de former des leaders polyvalents, agiles et novateurs dans de nombreux domaines.

Comment prévoyons-nous de faire cela ? À Arusha, là où se trouve le siège de la Communauté, nous proposerons un programme de premier cycle en arts libéraux dans notre Faculté des arts et des sciences, ainsi qu’une formation professionnelle supérieure dans les domaines de l’hôtellerie, des loisirs et du tourisme, de l’architecture et des établissements humains. À Dar es Salaam, nous sommes en train de construire un nouveau campus pour l’Institut pour le développement de l’éducation afin de renforcer sa mission, qui est de former des enseignants et des directeurs d’écoles exceptionnels. Nairobi est le foyer de nos programmes de sciences de la santé et de notre future École supérieure des médias et de la communication, qui formera des journalistes et des leaders en médias. Notre École supérieure d’administration et de management remettra également des diplômes aux managers et aux leaders des secteurs privé, public et social. Enfin, un nouveau Centre hospitalier universitaire Aga Khan à Kampala nous permettra d’étendre notre empreinte afin de fournir des soins de santé de qualité et de former des professionnels de la santé en Ouganda. En outre, nous prévoyons de renforcer nos services de santé existants dans la région et nos programmes de formation professionnelle et continue en Tanzanie, en Ouganda et au Kenya, tout en ajoutant ces services à notre offre au Rwanda et au Burundi.

Ensemble, ces projets représentent un investissement extraordinaire de plus d’un milliard de dollars au cours des 15 prochaines années, dont 700 millions de dollars rien qu’en Tanzanie. Il s’agit d’un vote de confiance extraordinaire en faveur de l’avenir de cette région. Chacun des campus de l’AKU accueillera des étudiants de toute l’Afrique de l’Est. Ils formeront des carrefours réunissant les peuples de la région afin qu’ils puissent, ensemble, apprendre auprès des meilleurs enseignants du monde, mais aussi les uns des autres. Ils favoriseront la compréhension mutuelle, un esprit d’objectif partagé et un sens d’identité commune.

Nous vivons à une époque où les occasions d’innover abondent aux carrefours où les différentes disciplines et professions se croisent. Par exemple, nous voulons voir les éducateurs et les professionnels de la santé travailler ensemble afin de prévenir diverses maladies. Nous voulons voir des dirigeants d’entreprises, de gouvernements et de la société civile créer des cadres de travail afin de protéger l’environnement tout en favorisant la croissance économique. Nous voudrions voir des journalistes et des entrepreneurs spécialisés dans les technologies offrir aux audiences rurales les informations essentielles. Nous voulons créer un environnement dans lequel les échanges entre les biologistes et les sociologues, entre les écologistes et les philosophes ou entre les économistes et les anthropologues ouvrent de nouvelles perspectives pour notre monde. Notre but est de diplômer des personnes qui ne sont pas seulement prêtes à endosser un métier exigeant, mais qui ont aussi les compétences et le pouvoir d’agir en tant qu’entrepreneurs afin de créer des emplois.

Chers diplômés, vous pouvez contribuer à la réalisation de l’ambition audacieuse de votre Université en partageant vos connaissances et vos idées, en proposant des solutions, en encourageant et en conseillant, en sensibilisant et en mettant en œuvre les valeurs et les principes que vous avez appris ici.

Alors, restez en contact avec vos camarades, vos enseignants et les anciens élèves de l’AKU. Soyez généreux avec vos connaissances et votre temps et visualisez la façon dont vous pouvez collaborer afin d’engendrer les changements dont nous avons besoin.

Vous faites partie d’une communauté remarquable, celle de l’Université Aga Khan. Nos parcours sont liés, le vôtre, celui des anciens élèves et celui de l’Université. Si nous agissons tous sur la base de ce principe, je pense que notre avenir commun sera radieux.

Une fois encore, je salue votre détermination et vous félicite pour votre réussite. Que le voyage que vous entamez aujourd’hui soit celui dont vous avez toujours rêvé. 

Merci. Asante Sana.