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  • Dans les régions où les précipitations sont irrégulières, la gestion de l’eau reste la plus grande contrainte des petits agriculteurs. Dans le Gujarat, en Inde, le Programme Aga Khan de soutien rural travaille auprès de dizaines de milliers d’agriculteurs depuis les années 1980 afin de les aider à augmenter et diversifier leurs productions avec des projets tels que ce petit système d’irrigation par pompage.
    AKRSP(I)
Une société d’irrigation par pompage assure un accès à l’eau dans le Gujarat

Par Apoorva Oza, PDG du Programme Aga Khan de soutien rural (Inde)

Il y a quelques semaines, j’étais dans le district de Junagadh (État du Gujarat, en Inde) pour le travail. Je savais que j’aurais l’après-midi de libre et que le train de retour pour Ahmedabad était à 22 heures. J’ai donc appelé Rudabhai de la Lift Irrigation Society (LIS) de Samadhiyala pour savoir s'il était possible de lui rendre visite. Il a accepté et m’a proposé de le rejoindre aux bureaux de la LIS pour 16 heures. Lorsque je suis arrivé, c’est tout le comité qui m’attendait. Le secrétaire et les membres m'ont informé des progrès des activités.

La LIS a été créée à Samadhiyala par le Programme Aga Khan de soutien rural (Inde), ou AKRSP(I), il y a 33 ans, afin de faire face aux problèmes d’approvisionnement en eau d'un village situé sur les rives du Meghal. Ses eaux souterraines étant salées, le village dépendait de l’agriculture pluviale. Avec une subvention du gouvernement et un prêt bancaire, nous avons donc mis sur pied la LIS.

Au début, il y a eu de l’inquiétude à la pensée d’avoir à verser d'importantes sommes pour rembourser le prêt. En fin de compte, celui-ci a été remboursé en deux fois moins de temps que prévu grâce à une direction éclairée et à l’habitude qu’avaient prise tous les membres de se réunir chaque mois. Depuis 1998, année où l’AKRSP(I) a cessé ses visites de terrain, la LIS est autonome. Le nombre d’adhérents a doublé. En 2018, la société a investi environ 20 lakhs de roupies (29 148 dollars) de ses fonds engendrés grâce à l’augmentation des tarifs de l’eau afin de remplacer le pipeline principal, qui présentait plusieurs fuites après 25 ans d’utilisation.

Le taux de recouvrement des tarifs de l’eau reste à 100 %, une rigueur que la société applique à ses adhérents même pendant les années de sécheresse. En matière d’augmentation des revenus et de réduction de la migration, mais aussi d’amélioration de l’éducation de la génération future, l'impact a été considérable. En outre, lorsque j’ai demandé aux membres du comité ce qu'ils ressentaient vis-à-vis de l'impact de la société sur le reste du village, ils ont mentionné les points suivants :

  • Une société au service de plusieurs castes et villages qui a traversé 30 années sans aucun conflit majeur. Dans une société divisée en castes, la LIS constitue un excellent exemple pour les autres, car elle démontre que l'on peut s’attaquer aux divisions des castes avec une transparence et un objectif clair et commun.
  • En s'inspirant de la LIS, qui fait de la planification annuelle des cultures, les villageois ont intégré la planification dans leur mode de vie et planifient systématiquement leurs revenus et leurs dépenses.

Au fur et à mesure que notre réunion avançait, il était clair que leur enthousiasme et leur curiosité envers de nouvelles idées en matière d’agriculture, qui avaient à l’origine fait le succès de cette société, n’avaient pas faibli. Je suis reparti de cette rencontre heureux de savoir qu’au milieu de la montée et de la chute de grandes institutions, cette petite société qui s’était développée était devenue, et reste aujourd'hui encore, autonome.