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  • Dans un camp scolaire mis en place par la Fondation Aga Khan, des élèves s’inscrivent pour ouvrir un compte en banque. Reshma est la première de la file.
    AKDN / Avinash Kumar
Reshma Praveen : l’autonomisation des jeunes passe par un accès à l’information

Reshma Praveen, 12 ans, habite dans le bidonville de Lal Kothi, à Patna, dans le Bihar, dans une hutte d’une pièce avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. La vie n’est pas aisée pour cette famille dont seul le père gagne de l’argent comme tireur de pousse-pousse. La plupart des autres familles de ce bidonville vivent dans des conditions similaires. Des maisons délabrées et extrêmement petites ne bénéficiant que de très peu de lumière naturelle, si ce n’est aucune, s’étendent à perte de vue. 

Alors que la majorité des enfants de son âge souhaitent commencer à gagner leur vie le plus tôt possible, reprenant souvent l’emploi des aînés du foyer, Reshma préfère les manuels et les uniformes scolaires et la perspective de poursuivre ses études. Malheureusement pour elle, la vie n’a jamais été simple. Son père a toujours travaillé très dur et gagné un maigre salaire pour élever les quatre enfants de cette famille vivant dans la précarité.

Reshma s’est souvent inquiétée à l’idée de devoir, un jour peut-être, quitter l’école en raison de ce manque de ressources financières. Elle savait que ses parents ne pourraient pas continuer à payer indéfiniment les frais récurrents pour son uniforme et ses fournitures scolaires. Un jour, alors qu’elle était à l’école, elle apprit que le gouvernement proposait des bourses scolaires aux élèves dans la même situation qu’elle. Il lui était toutefois nécessaire de disposer d'un compte en banque pour en bénéficier. Bien évidemment, elle ne savait pas comment procéder, elle qui n’était jamais entrée dans une banque de sa vie.

Malgré la perspective de perdre une journée de salaire, le père de Reshma accepta de l’accompagner à la banque la plus proche, non sans insistance de la part de sa fille. Une fois dans l’établissement, on leur indiqua qu’il était impossible d’ouvrir un compte, son père n’étant pas en mesure d’assurer le solde minimum requis. Pensant qu’un compte en banque signerait la fin de tous les obstacles à ses études, Reshma était dévastée d’apprendre que sa famille ne pouvait en ouvrir un.

En 2015, en collaboration avec divers centres de services communs agréés par le gouvernement, la Fondation Aga Khan (Inde) lança un programme au sein des conseils municipaux de Danapur, de Khagaul et de Phulwari Sharif, à Patna, afin de faciliter l’accès aux programmes et aides du gouvernement et de montrer aux communautés comment en bénéficier. Activités phares du projet, des campagnes de porte-à-porte et des réunions communautaires furent organisées afin de transmettre aux habitants les informations essentielles concernant la façon de faire valoir leur droit aux aides du gouvernement.

Au cours de l’une de ces réunions, Reshma prit contact avec une équipe de la Fondation. Après avoir discuté avec elle, l’équipe décida d’animer un camp dans l’école de Reshma afin de sensibiliser la communauté au programme public Jan Dhan Yojana. La Fondation mit en relation l’école avec le centre de services communs le plus proche, et un point info service agréé par le système bancaire national fut mis en place pour aider les élèves à remplir la documentation nécessaire. Par la suite, d’autres camps furent organisés dans l’école pour aider les élèves, qui s’inscrivirent en nombre, à ouvrir un compte en banque à solde nul. En quelques jours, tous étaient capables de gérer leurs propres comptes en banque. Les élèves sont reconnaissants envers Reshma, car c’est elle qui, selon eux, a importé ce projet dans leur école. Reshma, elle, est très reconnaissante envers l’équipe du projet de la Fondation Aga Khan.

Récemment, alors qu’elle discutait avec l’un des membres de l’équipe, elle a partagé sa joie : « j’ai reçu suffisamment d’argent du gouvernement pour pouvoir payer mes frais scolaires. J’ai acheté mes manuels, un sac et même de nouvelles chaussures. Après tous ces achats, j’ai réussi à économiser 500 roupies (environ 7 dollars), dont je me servirai pour acheter d’autres livres. »