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  • Les Écoles Aga Khan, comme celle-ci située à Murtazabad, au Pakistan, cherchent à offrir à leurs élèves une éducation de qualité (photographie prise avant le début de la pandémie de COVID-19).
    AKDN / Christopher Wilton-Steer
  • Des élèves de l’École Aga Khan de Murtazabad, au Pakistan, jouent dehors pendant la récréation (photographie prise avant le début de la pandémie de COVID-19).
    AKDN / Christopher Wilton-Steer
Renforcer les liens en temps de pandémie

À bien des égards, l’ensemble de la communauté internationale vit la pandémie de COVID-19 d’une manière similaire, notamment en matière d’éducation. Alors que certaines écoles passent à l’enseignement en ligne et que d’autres ferment complètement, cette crise continue de perturber l’environnement éducatif des élèves du monde entier.

Nimet Rener, directrice des Services d’éducation Aga Khan (AKES), a échangé avec la Fondation Aga Khan (AKF) à l’occasion de son événement en ligne « Mind the Gap » (Attention au fossé) et a évoqué l’impact de la pandémie sur les AKES, un système scolaire présent dans plus de 12 pays d’Afrique et d’Asie. Elle a notamment expliqué comment les AKES font face à la pandémie et a souligné l’importance du bien-être des élèves, des enseignants et des parents.

La fermeture des écoles a en effet perturbé les relations et les habitudes d’apprentissage, d’enseignement et d’interaction des élèves et des enseignants. Alors que la pandémie prenait de l’ampleur, le principal objectif des AKES était d’assurer la continuité pédagogique de leurs élèves. Des régions extrêmement reculées, non connectées et où il est difficile de garder le contact avec élèves aux milieux urbains, les enseignants du réseau se sont rapidement tournés vers différentes solutions d’enseignement à distance.

« Nous sommes en quelque sorte aux premiers stades d’une remarquable période d’innovation qui prend place dans un contexte très difficile », explique Nimet Rener. « Les membres des AKES présents sur le terrain sont extraordinaires et très inspirés. »

Dans les régions peu, voire non connectées, d’importantes innovations ont été mises en place. Par exemple, dans le nord du Pakistan, les AKES se sont associés avec des chaînes de télévision locales pour diffuser des cours sur le câble. En Afghanistan, les enseignants et les familles ont reçu des cartes SIM afin de pouvoir communiquer régulièrement entre eux par mobile. Des kits pédagogiques ont également été préparés pour les familles non connectées, et plusieurs membres des Services se sont portés volontaires pour aller les livrer à leur domicile, même lorsque cela impliquait qu’ils parcourent plusieurs kilomètres à pied. Ils ont également profité de cette initiative pour diffuser autour d’eux des messages importants concernant la pandémie.

La crise sanitaire a en outre mis en avant l’importance de prendre en compte les aspects sociaux et émotionnels dans l’éducation. Alors que les rôles des parents et des enseignants ont radicalement changé, le bien-être et la résilience des adultes sont devenues deux nouvelles priorités des AKES. Par exemple, alors que la pandémie prenait de l’ampleur et entraînait de nouvelles pressions sanitaires et économiques sur les familles, les enseignants devaient assurer leur rôle d’éducateurs auprès de leurs élèves et de leurs familles, avant de faire face aux mêmes pressions au sein de leurs propres foyers.

« Notre priorité était avant tout d’assurer le bien-être des adultes impliqués dans notre système », explique Nimet Rener. Les femmes et les jeunes filles souffrent particulièrement des effets de cette pandémie, car elles assurent une importante part du travail de soin non rémunéré au sein de leur foyer, une situation qui était déjà bien ancrée avant l’arrivée de la COVID-19. Les restrictions de mobilité entraînées par les diverses mesures prises pour ralentir la transmission de la maladie ont également accéléré le phénomène d’une « pandémie fantôme » de violence sexiste.

Les adultes transmettent involontairement le stress qu’ils ressentent aux enfants, et il est important que ces derniers développent certaines compétences de base comme l’intelligence émotionnelle, le travail d’équipe et la capacité d’adaptation pour y faire face. Malheureusement, les solutions en ligne et l’apprentissage à distance ne sont que peu adaptés à l’acquisition de telles compétences.

« Je m’inquiète de l’impact de ces conditions sur les très jeunes enfants, notamment lorsqu’ils se trouvent dans des environnements stressants de manière prolongée et qu’ils ne disposent d’aucune base leur permettant de gérer les situations de différentes manières », continue Nimet Rener. « Nous allons avoir du travail pour aborder la question de la résilience, mais également pour ancrer très profondément le genre de compétences nécessaires pour gérer les relations et les situations de stress. »

Pour les AKES, il a ainsi été essentiel de renforcer les relations entre les enseignants et les familles pour comprendre, faciliter et soutenir l’éducation et le développement des enfants. Toutefois, ce rapprochement s’étend désormais au-delà de la simple utilisation d’outils d’apprentissage en ligne et à distance.

« Cela va plus loin que ça », explique Nimet Rener. « Nous nous sommes engagés à faire montre de compassion, d’empathie et de résilience, mais nous nous sommes également autorisés à nous montrer vulnérables. Et ce n’est pas fini. Je pense que, désormais, nos engagements humains se baseront toujours sur ces notions. »

Nous vous invitons à visionner l’entretien complet avec Nimet Rener :

Cet article est une adaptation d’un post de blog publié sur le site internet de la Fondation Aga Khan Canada.