Vous êtes ici

Vous êtes ici

  • Aujourd’hui, Rehana Salam, ancienne élève de l’AKU, est professeure adjointe dans le département pédiatrique de son alma mater.
    AKDN / Gary Otte
Rehana Salam : faire évoluer la recherche en santé publique

Le fait de travailler auprès de prématurés en situation médicale complexe et de vivre directement le stress et le traumatisme subis par les parents a changé la trajectoire professionnelle de Rehana Salam. Depuis ses débuts où elle gérait les soins infirmiers dans l’unité de soins intensifs néonatals (USIN) du Centre hospitalier universitaire Aga Khan de Karachi, elle a parcouru un long chemin et est devenue une chercheuse de talent en santé publique, un membre du groupe de travail de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une médiatrice en innovation et un modèle pour les chercheurs en santé de la femme et de l’enfant.

« Il y a toujours eu une partie de moi passionnée par la recherche en santé publique », dit Rehana, qui a obtenu un diplôme de licence en sciences infirmières à l’Université Aga Khan (AKU) en 2006. « Mais ce n’est que lorsque j’ai commencé à travailler dans l’USIN que j’ai compris les très nombreuses possibilités qui s’offraient à moi. Avec une formation en sciences infirmières et voulant obtenir une meilleure vue d’ensemble de l’état de santé des populations, j’ai choisi de faire un master en épidémiologie et en biostatistique. »

aku-pakistan-5_27866_rehana_a._salam_garyotte_redimensionner.jpg


En décembre 2006, Rehana Salam a obtenu un diplôme de licence en sciences infirmières à l’AKU de Karachi, au Pakistan.
Copyright: 
AKDN / Gary Otte

Sa carrière prit alors un tournant décisif. Plus récemment, Rehana a été invitée en tant qu’experte technique dans le Groupe d’élaboration des lignes directrices de l’OMS qui a élaboré une nouvelle politique sur le traitement des vers intestinaux pour les femmes enceintes. Si elle n’est pas effectuée après le premier trimestre, cette intervention peut entraîner une hémorragie et des issues de grossesse négatives : nouveau-né en sous-poids, naissance prématurée, voire décès périnatal.

« Les données suggèrent que le déparasitage, en particulier chez les femmes enceintes vivant dans des régions où ces infections sont courantes et répandues, est un moyen efficace de contrôler la mortalité maternelle. Toutefois, ces interventions doivent être accompagnées d’autres facteurs tels que l’amélioration de la qualité de l’eau et des pratiques d’assainissement et d’hygiène. »

« Au Pakistan, l’amélioration de la qualité des soins maternels et infantiles communautaires nécessite des interventions pratiques qui ne sont pas seulement économiques, mais qui sont également acceptables pour les communautés vis-à-vis de leurs pratiques culturelles », selon elle.

Au cours des huit dernières années, Rehana a été très active dans l’étude des causes majeures de mortalité maternelle et infantile et de l’efficacité de diverses interventions mises en œuvre pour prévenir la sous-nutrition et les infections, des domaines prioritaires dans le cadre des Objectifs de développement durable de l’ONU. Son travail consiste également à évaluer les initiatives nationales visant à améliorer la santé maternelle et infantile dans la région et à identifier les domaines où des recherches supplémentaires sont nécessaires et ceux où les données sont suffisantes pour élaborer des politiques susceptibles d’améliorer la vie de nombreuses communautés.

Pouvoir faire la synthèse de données probantes n’est pas à la portée de tous, et rares sont ceux qui en ont les compétences dans cette région. Dans son rôle de médiatrice en innovation, Rehana souhaite créer un effet catalyseur. Elle a ainsi élaboré, écrit et dispensé des cours pour des professionnels de la santé pluridisciplinaires, dont de nombreuses infirmières du Pakistan et d’Afrique de l’Est, sur la manière de combiner et d’analyser des données et des études de recherche afin de créer de nouvelles connaissances dans le domaine de la santé. Actuellement, Rehana est doctorante à l’Université d’Adélaïde, en Australie, et professeure adjointe au département pédiatrique de l’Université Aga Khan.