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  • Le jeune entrepreneur Raphael Mwachiti parle devant une caméra de son projet récompensé visant à aider les déficients visuels.
    AKDN / Courtesy of the Aga Khan Academy Mombasa
Raphael Mwachiti : un élève des Académies Aga Khan utilise la technologie haptique pour aider les déficients visuels

Raphael Mwachiti, un élève de l’Académie Aga Khan de Mombasa, a remporté le prix du camp Ryerson Sandbox Basecamp pour son travail visant à aider les déficients visuels. Il a ainsi reçu 5 000 dollars canadiens et bénéficié de conseils de professionnels spécialisés pour l’aider à faire progresser son entreprise émergente.

Chaque année, l’Université Ryerson, située à Toronto, au Canada, organise un camp intensif de six semaines. Pour y participer, les élèves sont invités à proposer leurs solutions à des problèmes de la vie quotidienne, avant de passer par un processus de candidature rigoureux. Au cours des six semaines, les élèves assistent à des sessions intensives pour développer, commercialiser et faire avancer leurs idées d’entreprise. L’Université offre 12 bourses sur une période de trois ans aux élèves et enseignants des Académies afin qu'ils puissent intégrer le programme. Cette collaboration a commencé en 2017, à la suite de la visite de Mohamed Lachemi, président et vice-chancelier de l'Université Ryerson, à l'Académie Aga Khan de Hyderabad. Le camp de 2019 accueillait 27 élèves, dont certains travaillaient par deux et d’autres seuls. Au total, 19 projets ont été proposés et trois ont été récompensés.

Raphael a fondé Ultran Mobility, une entreprise dont le but est d’améliorer la vie des déficients visuels. Alors qu’il était en service communautaire, il remarqua un jour que les déficients visuels éprouvaient parfois des difficultés dans la vie de tous les jours ; la canne blanche traditionnellement employée ne les aide à détecter les dangers qu’une fois à leur niveau et non avant de les rencontrer. Raphael commença à faire des recherches sur ce sujet et s’aperçut que parmi les millions de personnes déficientes visuelles à travers le monde, 90 % habitent dans des pays en développement. En outre, seules 10 % sont en mesure de travailler et de contribuer à l’économie de leur pays. Raphael a ainsi créé une solution qui utilise la technologie pour détecter les obstacles dans un rayon de huit mètres de l’utilisateur. Une fois un obstacle détecté, le dispositif envoie un retour haptique, ou des vibrations, ainsi qu'un signal audio pour alerter l'utilisateur.

Lors de son séjour au camp, Raphael a eu l'occasion d’apprendre comment présenter brièvement son entreprise à différents publics, à utiliser différents canaux de marketing et à élaborer une stratégie à long terme pour son entreprise. Les élèves ayant participé au camp ont également été formés aux aspects juridiques et financiers des entreprises et à analyser les tendances du marché. Des entreprises internationales telles que Google et Facebook les ont également invités à visiter leurs bureaux pour découvrir leur modèle d’entreprise et ce qui fait leur réussite.

Ultran Mobility améliore directement la qualité de vie dans la communauté de Raphael, ce qui a permis à son projet de se démarquer. Il a tissé des relations dans cette communauté et a constitué une équipe de conseillers qui, selon lui, sont « toujours prêts à m’aider lorsque je suis bloqué ». Le prix et l’accessibilité de son dispositif lui ont également permis de se distinguer des autres projets.

Raphael a ainsi reçu 5 000 dollars canadiens et a été mis en relation avec un cabinet d’avocats pour l’aider à constituer son entreprise et faire breveter son concept. Les lauréats peuvent utiliser leur récompense monétaire comme ils le souhaitent. Raphael, lui, veut fabriquer plus de dispositifs pour les mettre à l’essai et obtenir des retours d’utilisateurs. Il espère pouvoir continuer à se créer un réseau auprès de différentes organisations et trouver une méthode durable pour produire son produit à grande échelle. Raphael était ravi de gagner ce prix : « je suis très impatient de découvrir ce que l’avenir me réserve ».