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  • Fidèles à la tradition familiale, Medina et son père lisent avec son frère, Nurdan, cinq ans.
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Medina Makenova : lecture pour les enfants en République kirghize

En 2013, nous avions réalisé cette courte vidéo sur le Programme de lecture pour les enfants en République kirghize, dont le but est d’aider les enfants d’âge préscolaire à devenir des apprenants plus confiants et accomplis. Récemment, nous avons rencontré Medina Makenova et sa famille, originaires du village d’Achakaiyndy, dans l'oblast de Naryn (la région la moins accessible de la République kirghize, séparée du reste du pays par de hautes chaînes de montagnes), dont l’histoire était relatée dans cette vidéo. Jeune élève de maternelle à l’époque, Medina est aujourd'hui une élève de 12 ans ayant d’excellents résultats et qui aime particulièrement faire la lecture à son petit frère Nurdan, gérer « l’hôpital des livres » de son école afin de veiller à ce que ses camarades de classe réparent et traitent leurs livres avec respect. Elle aime étudier des langues étrangères et rêve de devenir doctoresse afin de pouvoir prendre soin des autres. Lorsque l’on évoque l’évolution de sa fille au cours des six dernières années, le père de Medina n’a aucun doute quant au lien entre le programme d’initiation à la lecture et sa réussite scolaire à ce jour : « Il y a beaucoup d’avantages à faire la lecture à ses enfants, et même si leur réussite future en est un, il n’est pas le seul. C’est l'une des activités les plus agréables à faire avec eux – il y a une proximité physique... C’est probablement le moment qui est le plus hors du temps entre les parents et les enfants, car il ne concerne qu’eux. »

Vous trouverez ci-dessous l’entrevue de Medina et de son père qui retrace les progrès de cette écolière depuis les six dernières années. 

Bonjour Medina, peux-tu nous parler de toi ?

Je m’appelle Medina Makenova, j’ai 12 ans et je suis en sixième. À l’école, je n’ai que des « très bien », à part en russe, la seule matière où j’ai seulement « bien ». J’aime beaucoup apprendre d’autres langues. Cette année, j’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à des cours organisés par le club de lecture du Corps de la paix. C’est une matière que j’aime vraiment et j’apprécie les méthodes de l’enseignant, qui combine l’apprentissage avec des jeux. À l’avenir, j’aimerais apprendre d’autres langues étrangères, en commençant par le turc. 

Que fais-tu à l’école en dehors des cours ?

Je suis la surveillante de classe en charge de la réparation des livres. Chaque semaine, je vérifie les livres de mes camarades et leur donne des instructions sur la façon de les réparer s'ils sont abîmés. Même si les enfants sont précautionneux, les livres finissent par se déchirer et doivent être réparés. En classe, nous avons un endroit spécial pour ces livres. Je me plais à utiliser une « ambulance pour livres » et à les envoyer à « l’hôpital des livres » pour réparation. Il est important de laisser les enfants réparer leurs propres livres et leur apprendre à en prendre soin. De cette façon, ils apprennent à traiter leurs livres avec respect.

Je fais également partie de clubs de danse, de chant et de sport.

Comment se passe ta vie de famille ?

J’ai une grande famille. Je suis la troisième de quatre enfants : j’ai un grand frère, une grande sœur et un petit frère de cinq ans. Je suis la préférée de mon petit frère, Nurdan. Je m'occupe de lui, lui raconte des histoires, lui lis des livres et lui apprends des poèmes. J’ai l’habitude de lui enseigner les poèmes que j’ai appris depuis la maternelle, car je m’en rappelle bien. Nurdan m’aime beaucoup parce que je joue avec lui et je réponds toujours à ses questions. Je lis aussi des livres avec ma grand-mère et, ensuite, nous discutons de ce que nous avons lu. J’adore ma famille.

As-tu des amis ?

J’ai beaucoup d’amis, notamment chez les enfants des voisins. Mes meilleurs amis sont Sozul, Aruuke, Altynai et Ainazik. Nous jouons souvent dehors, parfois au football et au volleyball... Je pense que je suis une meneuse parce que je suis confiante, flexible et que j’adore apprendre de nouvelles choses et les partager avec les autres.

Quels sont tes projets d’avenir ?

Plus tard, j’aimerais devenir doctoresse et prendre soin des autres. Un de mes plus grands rêves serait d’aller aux États-Unis et de découvrir l’histoire et la culture de ce pays. Mais pour réaliser ce rêve, je dois travailler dur pour devenir bonne en anglais. Quand je serai plus grande, je voudrais être une personne bienveillante et honnête et agir en faveur du développement de ma communauté et de mon pays.

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Les parents et la grand-mère de Medina regardent la vidéo de 2013 « Reading for Children in Kyrgyzstan » (Lecture pour les enfants en République kirghize). « Je suis très touché de regarder cette vidéo qui a été faite il y a six ans », dit le père de Medina.
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Avec le père de Medina, Makenov Ulan

Quel est votre ressenti quant à l'impact du programme sur les compétences actuelles de Medina ?

Je constate que le Programme de lecture pour les enfants a un impact sur le développement général de Medina. Elle aimait déjà lire des livres avant même d’aller à l’école. Même si elle ne connaissait pas l’alphabet, elle inventait des histoires avec les images qu’elle voyait. Lire des livres depuis son plus jeune âge a eu un effet positif sur son niveau d’alphabétisation et ses résultats scolaires. Cela a également façonné son développement social et émotionnel et l’a aidée dans l’apprentissage d’une langue étrangère.

Ce que je retiens de ce programme, c’est qu'il instaure chez les enfants une habitude de lire des livres régulièrement, renforce les liens familiaux en encourageant la lecture parents-enfants et transmet l’amour de la lecture aux plus petits. Il y a beaucoup d’avantages à faire la lecture à ses enfants, et même si leur réussite future en est un, il n’est pas le seul. C’est l'une des activités les plus agréables à faire avec eux – il y a une proximité physique... C’est probablement le moment qui est le plus hors du temps entre les parents et les enfants, car il ne concerne qu’eux.

Comment décririez-vous les progrès d’apprentissage et la participation à la vie scolaire de Medina ?

Je ne lui impose aucune limite. Elle trouve le temps de participer à des clubs de danse, de chant et de sport. Elle apprend l’anglais et suit des cours de calcul mental. Elle a l’habitude de se rendre une fois par semaine à la bibliothèque du village et de ramener des livres à la maison. Elle participe aux événements organisés par la bibliothèque. Je ne veux pas lui acheter de téléphone, car je pense que cela crée des interférences dans tous les sens du terme. Je préfère qu’elle prenne du temps pour lire et apprécier les livres.

J’aimerais remercier l’initiative de la Fondation Aga Khan qui nous permet de bénéficier de nouveaux livres illustrés en trois langues. Auparavant, il manquait des livres de qualité pour nos enfants à la bibliothèque du village. J’espère donc que ce projet continuera avec succès et se développera afin qu’encore plus d’enfants et de parents aient accès à de nouveaux livres.

Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) a élaboré plus de 150 livres et ressources adaptés à l’âge et à l’environnement des enfants dans huit pays. Son Programme de lecture pour les enfants aide les parents et les nourrices à jouer un rôle plus important en aidant leurs enfants à devenir des apprenants plus confiants tout au long de leur vie.