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  • La pandémie de COVID-19 et les restrictions qui ont été décidées pour y faire face rendent la vie de Martha beaucoup plus difficile. Le 31 mars, le gouvernement ougandais a annoncé la mise en place d’un confinement à l’échelle nationale afin d’endiguer la prolifération du virus. Il a également publié un ensemble de directives réduisant fortement la mobilité. Déjà vulnérables, les personnes en situation de handicap souffrent doublement de ces restrictions.
    AKDN / Lucas Cuervo Moura
L’histoire de Martha : vivre avec un handicap en Ouganda durant la pandémie de COVID-19

Martha Naigino est sourde. Elle vit avec sa sœur à environ 30 km de Kampala, la capitale de l’Ouganda. Comme beaucoup d’autres personnes, elle travaille en tant qu’intérimaire dans une usine située en périphérie de la ville. Depuis le début du confinement, elle n’a pas pu retourner travailler.

La pandémie de COVID-19 et les restrictions qui ont été décidées pour y faire face rendent sa vie beaucoup plus difficile. Le 31 mars, le gouvernement ougandais a annoncé la mise en place d’un confinement et d’un couvre-feu à l’échelle nationale afin d’endiguer la prolifération du virus. Il a également publié un ensemble de directives réduisant fortement la mobilité, l’accès aux articles et services de base, y compris la nourriture et les médicaments, et la possibilité de pratiquer une activité génératrice de revenus. Déjà vulnérables, les personnes en situation de handicap souffrent doublement de ces restrictions.

Alors que le gouvernement a distribué de la nourriture à de nombreuses familles parmi les plus vulnérables, Martha n’a toujours rien reçu. En raison de sa situation, elle et sa sœur n’ont pas les moyens d’acheter de la nourriture ou des produits comme du gel hydroalcoolique, ni d’accéder aux services de santé de base.

« Je n’oublierai jamais le jour où la NUWODU (Union nationale ougandaise des femmes en situation de handicap) m’a envoyé de l’argent », explique Martha. « Ce jour-là, nous n’avions rien à manger, pas même de quoi faire un petit-déjeuner. Lorsque l’argent nous est parvenu, j’ai remercié Dieu et suis rapidement allée acheter du sucre pour nous préparer un petit-déjeuner. À ce moment, nous ne prenions qu’un repas par jour et n’avions plus pris de petit-déjeuner depuis des semaines. »

En partenariat avec la NUWODU, la Fondation Aga Khan (AKF) a lancé une initiative afin de fournir une aide financière pour répondre aux besoins essentiels des femmes et des jeunes filles en situation de handicap et de leur transmettre des messages essentiels de prévention.

Par chance, Martha fait partie des très rares personnes à avoir un téléphone portable, ce qui lui permet d’accéder à ces messages et de recevoir l’argent au travers d’un mécanisme de paiement mobile. Toutefois, de nombreuses femmes et jeunes filles ne reçoivent toujours aucune aide, parce qu’elles n’ont pas de téléphone ou qu’elles n’ont pas encore été identifiées. Face à cette situation, la NUWODU et l’AKF redoublent d’efforts pour identifier les groupes les plus vulnérables du pays afin de leur venir en aide.

Depuis 2018, la Fondation travaille auprès d’organisations de personnes handicapées (OPH) ougandaises qui axent leurs services sur les femmes et les jeunes. Elle collabore notamment avec les groupes faisant partie d’un réseau d’organisations, car ce type de structures permet d’atteindre davantage de personnes, un aspect particulièrement important dans un contexte où les moyens de communiquer en personne sont limités.

Ce texte est adapté d'un article paru sur le site internet de la Fondation Aga Khan UK.