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  • Ifrah Asif, 25 ans - « Au Pakistan, l’AKTC est la plus importante organisation travaillant sur les monuments et les quartiers historiques, c’était donc une chance incroyable de pouvoir participer à ce projet. Lorsqu'on étudie les monuments historiques, on en apprend énormément sur les techniques et les méthodes de construction et de conception du passé, et nous pouvons les appliquer dans nos projets actuels. Si ces méthodes ont prouvé leur efficacité à l’époque, pourquoi ne pas nous en inspirer ? »
    AKDN / Christopher Wilton-Steer
Ifrah Asif : une restauratrice sur le mur illustré de Lahore

Ifrah est restauratrice et travaille sur le mur illustré de Lahore depuis les six derniers mois. Elle a entre autres la responsabilité de traiter la surface du mur, de la nettoyer et de stabiliser les émaux. Elle a précédemment étudié l’architecture à l’Université nationale de science et de technologie d’Islamabad. Elle a toujours été intéressée par le patrimoine du Pakistan et de Lahore et souhaitait travailler sur un projet de conservation du patrimoine.

« Au Pakistan, l’AKTC est la plus importante organisation travaillant sur les monuments et les quartiers historiques, c’était donc une chance incroyable de pouvoir participer à ce projet. Lorsqu'on étudie les monuments historiques, on en apprend énormément sur les techniques et les méthodes de construction et de conception du passé, et nous pouvons les appliquer dans nos projets actuels. Si ces méthodes ont prouvé leur efficacité à l’époque, pourquoi ne pas nous en inspirer ? »

« Je crois en une architecture qui contribue à résoudre certains des problèmes de la population. Je viens de Multan, où il fait très chaud. Au Pakistan, nous subissons souvent des pannes de courant, alors on ne peut pas compter sur les systèmes de climatisation. J’ai ainsi commencé à faire des recherches sur les méthodes traditionnelles employées localement pour faire face à ce genre de climat. Dans la vieille ville de Multan, les rues sont construites de manière à canaliser le vent, ce qui les garde au frais. Les maisons sont construites d’une certaine manière avec des toits plus hauts qu’à l’accoutumée et disposent de ventilateurs pour rester fraîches. Toutes ces méthodes pour combattre le climat chaud sont naturelles. Je pense qu’il est tout à fait possible de nous en inspirer et de les intégrer à l’architecture moderne. »

« Il est important que nous conservions ces sites, car ils nous représentent. Il s’agit de notre culture. Nous devons préserver ces identités si nous souhaitons nous représenter à l’international. »

De jeunes et talentueux architectes, historiens de l’art, ingénieurs, artistes plasticiens, chimistes, restaurateurs et céramistes composent la communauté qui travaille pour le Trust Aga Khan pour la culture (AKTC) sur l’un des plus importants projets de restauration au Pakistan.

Le mur illustré, un monument moghol datant du 17e siècle situé dans la ville fortifiée de Lahore, était en ruine depuis plus de 100 ans. Grâce au travail de l’Autorité de la ville fortifiée de Lahore, de donateurs internationaux et de l’énergie contagieuse de cette équipe de jeunes restaurateurs, le mur reprend doucement vie.

La première phase de restauration de ce monument classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, qui concernait une portion d’environ 50 mètres, fut achevée fin mars 2019 et inaugurée par le Premier ministre Imran Khan. La restauration des 400 mètres restants de cette structure époustouflante nécessitera environ 10 ans.

Cet article est à l’origine paru sur le blog Wilton Photography.