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  • Gulnara Abdieva en conférence sur Zoom avec ses collègues du département d'anglais: "Je suis heureuse que ce confinement nous ait poussés à renforcer nos compétences en informatique et à trouver de nouveaux moyens d’échanger avec les élèves et leurs parents."
    AKES / Gulnara Adbieva
Gulnara Abdieva : continuer d’enseigner durant la pandémie de COVID-19 en République kirghize

Une histoire racontée par Gulnara Abdieva, enseignante d’anglais et formatrice en perfectionnement professionnel à l’École Aga Khan (AKS) de Osh, en République kirghize.

Pour les écoles de République kirghize, mais aussi du monde entier, l’année 2020 aura été synonyme d’importants changements. Le 16 mars 2020, nous avons fermé les portes de notre école, alors que notre pays commençait à prendre des mesures de confinement. Il va sans dire que la vie de la plupart des enseignants et des élèves a radicalement changé à partir de cette date.

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Une mère aide son fils à faire ses devoirs en ligne.
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AKES
Au même moment, le Ministère kirghize de l’éducation et des sciences annonçait que tous les cours du quatrième trimestre de l’année scolaire se dérouleraient en ligne et à distance. Les autorités ont alors immédiatement commencé à réaliser et à diffuser des modules pédagogiques à la télévision nationale, mais nous, les enseignants, avions également un rôle à jouer. Nous avons eu la chance de pouvoir suivre une formation via Google Classroom et Zoom, et nous continuons aujourd’hui de nous entraider et de partager nos méthodes, nos réussites et nos déboires.

La première fois que je me suis connectée pour dispenser un cours d’anglais en ligne, je pensais que la tâche serait simple. Je m’imaginais enseigner le même contenu de la même façon que je le faisais auparavant, à la seule différence que les élèves seraient chez eux et que je n’aurais pas la possibilité de les voir. Toutefois, j’ai vite compris que ce ne serait pas aussi simple que je l’espérais. Je me suis rendu compte que je devais remodeler mes cours afin de les rendre encore plus stimulants et intéressants pour mes élèves. Au départ, la transition était difficile pour tout le monde : moi-même, mes collègues, mais aussi nos élèves. En tant qu’enseignants, nous devions trouver les meilleures formules pour dispenser nos cours à distance, mais aussi apprendre à nos élèves à utiliser Google Classroom pour qu’ils puissent accéder à leurs devoirs et les rendre à temps. En outre, ces derniers étaient nombreux à se montrer réticents à la mise en place de cours en ligne, mais la situation a heureusement évolué au fil des semaines.

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Un élève de l’AKS termine ses devoirs avant d’en parler avec ses enseignants en ligne.
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AKES
Maya Angelou, une poète et activiste américaine, a un jour dit : « On ne peut faire avancer les choses qu’en agissant ». Je dois reconnaître qu’après six semaines, les difficultés sont moindres, et mes collègues et moi nous habituons à ces nouvelles méthodes d’enseignement à distance. En réalité, enseigner en ligne m’a même permis d’acquérir de nouvelles compétences informatiques et de développer de nouvelles stratégies pédagogiques. Je peux désormais dispenser des cours via Zoom, Google, TeamLink et Cisco Webex, créer des évaluations interactives et utiliser des programmes comme Bandicam et Free Cam afin d’enregistrer mes présentations.

J’ai récemment demandé à mes élèves de me faire part de leur avis sur ces nouvelles méthodes d’apprentissage. Aruuke, une élève de première, a eu des paroles très sages : « C’est bien connu, toutes les situations présentent leurs avantages et leurs inconvénients. » Kamila, une élève de seconde, a expliqué apprécier les cours à distance sur Google : « Nous pouvons faire nos devoirs et étudier au moment le plus opportun pour nous ». Bermet, une autre élève de seconde, a un avis mitigé : elle apprécie que l’apprentissage à distance lui permette de « visionner des tutoriels vidéo plusieurs fois, relire les échanges avec un enseignant et passer les sujets déjà maîtrisés », mais concède que la situation présente « l’inconvénient de devoir gérer le processus d’apprentissage de manière indépendante, et donc de faire preuve de volonté, de responsabilité et de sang-froid ».

Lorsque je n’enseigne pas, je forme mes collègues des départements d’anglais et de sciences, leur propose une assistance technique et leur fais des retours sur leurs progrès. Je les encourage également à participer à des webinaires sur l’enseignement en ligne.

À quoi ressemble le métier d’enseignante à l’AKS de Osh, désormais ? Nous nous sommes aperçu que l’enseignement en ligne est un bon complément à l’enseignement en classe. Croyez-le ou non, mais certains jours, donner des cours en ligne me paraît être une méthode d’enseignement réellement intéressante et pratique ! Je suis heureuse que ce confinement nous ait poussés à renforcer nos compétences en informatique et à trouver de nouveaux moyens d’échanger avec les élèves et leurs parents. Nous ne devons pas abandonner l’apprentissage à distance une fois la situation revenue à la normale. L’ère technologique dans laquelle nous vivons évolue à une vitesse vertigineuse et apporte son lot de nouveautés chaque jour. Nous devons donc continuer à apprendre et à mettre en œuvre de nouvelles compétences, et espérer que nos élèves en fassent de même.

Cet article est à l’origine paru sur le site internet des Écoles Aga Khan.