Vous êtes ici

Vous êtes ici

  • À l’Hôpital Aga Khan de Dar es Salaam, le thème de la Journée mondiale de la sécurité des patients « Sécurité des agents de santé : une priorité pour la sécurité des patients », est respecté à la lettre.
    AKU / Abdullah Abed
Entrevue de l’AKDN avec Gijs Walraven

Le Dr Gijs Walraven a rejoint le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) en 2003. Il est directeur de la santé du Réseau et directeur général des Services de santé Aga Khan (AKHS). Il est également professeur émérite en sciences de la santé communautaire à l’Université Aga Khan (AKU). Il a auparavant travaillé pendant 15 ans en Afrique dans les secteurs de la prestation, de la gestion et de la recherche en santé, et notamment sur les systèmes de santé au niveau des districts. Le Dr Walraven a publié de nombreux articles dans des revues scientifiques spécialisées internationales. Il est également auteur du livre « Health and Poverty: Global health problems and solutions » (Santé et pauvreté : problèmes et solutions en matière de santé mondiale - Roudledge, Londres), qui a reçu le premier prix dans la catégorie « health and social care » (soins de santé et services sociaux) lors de l’édition 2011 de la remise annuelle des prix du livre de la British Medical Association. 

akhs-gijs-walraven_march_2021.jpg

Dr Gijs Walraven.
Copyright: 
AKDN

Le Dr Walraven a été à plusieurs reprises conseiller technique auprès de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et a coprésidé le comité mondial d’experts sur les recommandations visant à optimiser le rôle des professionnels de la santé. Son objectif était d’améliorer l’accès à des services essentiels de santé maternelle et néonatale par le transfert des tâches. Il est coprésident du groupe de travail COVID-19 de l’AKDN et membre de son comité directeur. 

Dernièrement, l’incidence des maladies non transmissibles était en hausse en Asie centrale, en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est, où les Services de santé Aga Khan sont actifs. La COVID-19 a ensuite fait son apparition. Comment la pandémie a-t-elle modifié la perception de la santé publique dans les pays en développement ?

Beaucoup de personnes pensent que, parce que la COVID-19 est une maladie infectieuse, notre attention s’est récemment quelque peu détournée des maladies non transmissibles (MNT). Pourtant, c’est tout le contraire. En réalité, les comorbidités liées aux MNT ont conduit à une augmentation du nombre de décès dus à la COVID-19. En effet, la majorité des personnes décédées en raison du nouveau coronavirus souffraient d’une maladie non transmissible : obésité, maladie cardiovasculaire, diabète, maladie pulmonaire chronique ou encore cancer. Près des trois quarts des décès dans le monde sont dus à des MNT, c’est pourquoi l’émergence de la COVID-19 n’a fait que renforcer l’urgence de ce problème.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a par ailleurs déclaré que « la pandémie de COVID-19 a mis en lumière le danger que constituent les maladies non transmissibles – et a signalé la nécessité urgente de renforcer les politiques de santé publique et d’accroître les investissements pour prévenir ces maladies ». Au sein des Services de santé Aga Khan (AKHS), et plus précisément dans le cadre de nos efforts de lutte contre la COVID-19, nous avons renforcé nos activités de sensibilisation à l’importance de la santé et de prévention des maladies afin d’agir sur les facteurs de risque des MNT et avons intensifié nos efforts pour diagnostiquer et traiter les maladies à un stade plus précoce.

akhs-tanzania-r-new188600.jpg

À Dar es Salaam, en Tanzanie, les patients atteints de diabète, d’hypertension ou d’une maladie cardiaque sont soignés au Centre de dialyse Aga Khan, dont les traitements sont pris en charge par les programmes de santé nationaux (photographie prise avant le début de la pandémie de COVID-19).
Copyright: 
AKDN / Lucas Cuervo Moura

Comment l’AKDN s’est-il mobilisé face à la pandémie ? Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le groupe de travail COVID-19 et sur le rôle que vous jouez ?

Nous avons commencé à suivre l’évolution de la pandémie dès le début de l’année 2020. Les Services de santé Aga Khan, l’Université Aga Khan et la Fondation Aga Khan (AKF) ont rapidement collaboré avec plusieurs Ministères de la santé afin d’élaborer des plans de préparation nationaux et régionaux pour faire face à la crise. La priorité était de renforcer les capacités de diagnostic et de traitement des autorités et du Réseau lui-même, et d’assurer un approvisionnement indispensable de fournitures et de kits de test.

À la mi-mars 2020, l’AKDN a créé son groupe de travail COVID-19 afin de mettre en place un mécanisme solide de réponse face à la pandémie à travers toutes ses agences et l’imamat, mais également dans le but d’étudier les programmes mis en œuvre à l’échelle mondiale.

Les initiatives ont été nombreuses : formation du personnel de santé travaillant en première ligne, traitement des patients peu atteints et dépistage des cas suspects, construction d’infrastructures sanitaires temporaires, renforcement des capacités de traitement des cas graves et critiques, ou encore soutien aux autorités nationales de divers pays pour les aider à se préparer et à intervenir rapidement face à l’arrivée du virus.

akhs-pakistan-garamchashma_3.jpeg

Construction du Centre de prise en charge d’urgence pour les patients atteints de la COVID-19 de Garamchashma, au Pakistan.
Copyright: 
AKDN

Le groupe de travail COVID-19 de l’AKDN a quant à lui mis en place trois volets d’action : ralentir et stopper la transmission, prévenir les épidémies, et freiner et arrêter la propagation ; fournir les meilleurs soins à tous les patients, notamment aux personnes gravement malades ; et minimiser l’impact de la pandémie sur les communautés, les personnes les plus vulnérables, les services sociaux et les activités économiques.

Dans le cadre du premier volet, l’AKDN a commencé par lancer diverses initiatives afin de sensibiliser les populations à la dangerosité de la COVID-19 et de freiner sa propagation : diffusion des messages émanant des divers départements publics sur toutes les plateformes disponibles, identification et mise en œuvre de solutions pour remédier aux lacunes en matière de communication et de ressources matérielles, et création de campagnes pour sensibiliser à l’importance de la distanciation physique. Le Réseau s’est notamment engagé auprès d’organes communautaires afin de les aider à mettre en place diverses actions visant à protéger les personnes les plus vulnérables face aux maladies graves, comme les personnes âgées et les personnes présentant une comorbidité. Compte tenu de la nature des pays où il travaille, l’AKDN a particulièrement orienté ses campagnes vers les communautés et personnes non connectées ou vivant dans des régions difficiles d’accès.

akf-tajikistan-dsc_0241r.jpg

À Rasht, au Tadjikistan, plusieurs agences de l’AKDN, dont les Services de santé Aga Khan, l’Agence Aga Khan (AKAH) pour l’habitat et la Fondation Aga Khan ont continué de travailler auprès des communautés malgré la pandémie, comme elles le font depuis 2002.
Copyright: 
AKF Canada

La pandémie entraînant incertitude, peur et stress parmi les populations, la nécessité de renforcer le soutien psychosocial et les initiatives de sensibilisation à l’importance de la santé mentale est vite apparue comme évidente. Les agences de l’AKDN ont ainsi mis en place plusieurs actions pour faire face à cette situation et ont notamment lancé des campagnes visant à améliorer les connaissances individuelles et communautaires sur plusieurs sujets, dont les signes de danger, les systèmes d’orientation et les prestataires de soins de santé.

Dans le cadre du deuxième volet, l’AKDN a commencé par soutenir les mesures de confinement et par développer les capacités de dépistage dans les zones de circulation active du virus. Après avoir appuyé les actions gouvernementales visant à localiser les cas positifs et développer et faciliter l’accès aux centres de test, l’AKDN a mis en œuvre des initiatives afin d’élaborer des approches de dépistage plus durables, de construire des centres de prise en charge d’urgence pour patients atteints de la COVID-19 et de renforcer les capacités en soins intensifs, notamment à l’aide de technologies de télésanté. Il a également mis en place des moyens d’améliorer les capacités de gestion et d’élimination des déchets médicaux, et de perfectionner les méthodes d’exploitation des données pour suivre la circulation du virus.

En parallèle, il était nécessaire de renforcer les mesures visant à prévenir la propagation de la COVID-19 dans les établissements de santé, tout en améliorant l’accès aux services de santé pour les personnes nécessitant d’autres soins. En collaboration avec les gouvernements concernés, les établissements des AKDN ont ainsi élaboré des protocoles de prévention et renforcé l’accès aux équipements de protection individuelle (EPI) pour les professionnels de la santé.

Dans un effort d’anticipation d’une importante augmentation du nombre de cas positifs, les agences de l’AKDN ont contribué à la mise en place de protocoles renforcés d’isolement et de gestion des cas. Elles se sont notamment employées à former les établissements ciblés et leur personnel à se préparer à l’arrivée d’un grand nombre de patients en état critique et nécessitant des soins intensifs. Dans ce contexte, les modes opératoires des établissements concernés étaient continuellement contrôlés. En outre, les stocks et chaînes d’approvisionnement mis en place ont permis d’assurer le fonctionnement des établissements de santé et de toutes leurs opérations.

akhs-pakistan-dr_jamil_ahmad.jpg

Un Centre de prise en charge d’urgence pour les patients atteints de la COVID-19 d’une capacité de 28 lits a été inauguré à Booni, dans le nord du district de Chitral. L’établissement compte 32 professionnels de la santé, dont huit médecins et 20 infirmiers.
Copyright: 
AKDN / Ihsan Ullah

Dans le cadre du troisième volet, l’AKDN a commencé par mettre en place des initiatives de réduction des risques et de renforcement de la résilience, assurer la continuité des services sociaux et créer des mécanismes d’accompagnement pour les parents et de renforcement de la protection et de la cohésion sociales. Le Réseau a notamment mis l’accent sur la mise en place d’initiatives visant à soutenir les familles, les enseignants et les élèves et leur permettre d’accéder aux ressources et outils pertinents afin d’assurer la continuité pédagogique malgré la fermeture des écoles.

Dès le début de la pandémie, il était évident que les impacts sur les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire seraient colossaux. Après avoir procédé à des évaluations des risques et à la cartographie des communautés et des ménages les plus vulnérables, des vivres, des semences, des poêles et des kits ont été fournis aux populations des régions les plus reculées. Les agences concernées par ce travail se sont particulièrement penchées sur le développement et le renforcement du pouvoir économique des femmes. Le Réseau s’est ainsi efforcé d’encourager l’entrepreneuriat, de fournir une aide financière aux entreprises le nécessitant et d’assurer l’accès aux infrastructures essentielles (ex. : télécommunications) qui auraient autrement pu être impactées par la pandémie.

Mais la COVID-19 a également eu un impact considérable sur la santé mentale. Il est naturel d’avoir peur, de s’inquiéter et de ressentir un certain stress en temps de pandémie. En premier lieu, nous avons peur de contracter le virus et de tomber malades. Mais il faut ajouter à cela tous les changements qui nous ont été imposés en raison des restrictions de déplacement, et le fait que de nombreuses personnes se sont retrouvées confinées dans un espace restreint pendant des semaines, voire des mois. Nous ne pouvons plus avoir de contact physique avec les autres membres de notre famille ou nos amis, ou encore serrer la main de nos collègues. Dans la majeure partie des cas, les enfants se sont vus contraints de suivre des cours à distance depuis leur domicile. Alors que nous faisons face à cette pandémie de COVID-19, nous sommes particulièrement attentifs à nos agents de santé et aux responsables des établissements de santé qui sont soumis à un stress intense depuis plus d’un an. Toutes ces personnes méritent nos sincères remerciements et toute notre reconnaissance pour le travail difficile qu’elles ont accompli et qu’elles continuent d’accomplir.

Comment l’AKDN participe-t-il à la vaccination contre la COVID-19 ?

Depuis plusieurs mois, les agences de l’AKDN travaillent en étroite collaboration avec les autorités gouvernementales à l’élaboration de plans de vaccination (PV) contre la COVID-19. Chaque PV définit les mesures concrètes prises pour préparer et mettre en œuvre la campagne de vaccination contre la COVID-19 et donne la priorité aux personnes vulnérables. Ces plans précisent également les initiatives de sensibilisation mises en œuvre pour encourager les communautés à accepter la vaccination et pour suivre les résultats du programme. Dans plusieurs pays, l’AKDN a reçu l’autorisation d’ouvrir des centres de vaccination contre la COVID-19. Les vaccinations y sont effectuées avec des vaccins approuvés et proposées en premier lieu au personnel de santé travaillant en première ligne, aux personnes âgées et aux personnes présentant une comorbidité.

aku-vaccines_2-r.jpg

Les médecins des campus de Karachi et de Nairobi de l’Université Aga Khan ont participé à des essais cliniques menés à l’échelle mondiale afin d’évaluer l’efficacité de deux vaccins potentiels contre la COVID-19.
Copyright: 
AKU / Umaima Mughal

Vous suivez les principes édictés dans la Déclaration d’Alma-Ata sur les soins de santé primaires. Dans quelle mesure cela influence-t-il le travail des AKHS ?

Les actions spécifiques nécessaires pour faire de la « santé pour tous » une réalité sont aussi absentes aujourd’hui qu’elles l’étaient en 1978, année lors de laquelle la déclaration a vu le jour. Malheureusement, dans de nombreux pays, l’équilibre a penché en faveur des soins de santé personnels, au détriment de la santé globale de la population. En conséquence, de nombreux patients traités dans un hôpital auraient pu l’être dans un centre de soins de santé primaires. Mais si les patients se rendent dans un hôpital, c’est en partie parce qu’ils savent que l’établissement dispose de meilleures infrastructures et qu’ils pourront y consulter des spécialistes.

À l’AKDN, nous nous efforçons de tenir compte des influences et du contexte d’une communauté. Les agents de santé du circuit primaire s’orientent, comme ils le doivent, vers la santé globale de la population elle-même, et s’efforcent de garantir l’accès à des soins de santé personnels de qualité en cas de besoin. Pour cela, ils doivent comprendre les problèmes de santé locaux et leurs déterminants sociaux et environnementaux, planifier les interventions préventives et thérapeutiques les plus efficaces pour une communauté donnée en la faisant participer au processus d’élaboration, et favoriser l’amélioration des conditions et de la « qualité de vie » tout en continuant de fournir des soins de santé individuels. Pour prendre l’exemple de l’AKDN, les agents de santé communautaires jouent un rôle essentiel dans un tel système de santé primaire, en particulier lorsqu’ils travaillent conjointement avec le personnel des établissements de santé.

akf-tanzania-gaudencia-handwashing-new.jpg

Gaudencia est une agente de santé communautaire tanzanienne qui a suivi la formation de l’AKDN sur la lutte contre la COVID-19. Elle effectue des visites à domicile au sein de sa communauté afin de sensibiliser ses voisins à l’importance de se laver les mains et de porter un masque.
Copyright: 
AKF Canada

Dans l’ensemble, nous essayons de créer un système de santé performant qui intègre des activités de sensibilisation à la santé et de prévention à l’échelle communautaire gravitant autour d’un centre de santé primaire pour traiter les affections plus graves. C’est ce qu’on appelle un réseau en étoile. Ce n’est que si ce centre de santé ne dispose pas des capacités et de l’équipement nécessaires pour traiter un patient que ce dernier ira s’adresser au niveau supérieur, et cette logique s’applique aux niveaux suivants. Ce système est avantageux tant pour le patient que pour ses proches, car les établissements de santé primaires étant généralement de taille modeste, ils se situent à une distance raisonnable de leur domicile.

Si l’on souhaite que les principes édictés dans la Déclaration d’Alma-Ata se concrétisent, les pays à faible revenu ne doivent pas faire la même erreur que celle commise par de nombreux pays plus riches. Pour aller de l’avant, les dirigeants nationaux doivent faire montre d’un engagement sans faille et placer les soins de santé primaires au centre des efforts qu’ils mettent en œuvre pour atteindre une couverture sanitaire universelle. Nous avons besoin de structures de gouvernance et de cadres politiques favorables aux soins de santé primaires.

Dans quelle mesure collaborez-vous avec d’autres agences de l’AKDN et des agences externes afin de fournir des soins de santé ?

Dans tous leurs projets, les AKHS s’efforcent d’adopter une approche de santé primaire qui met l’accent sur la santé maternelle, néonatale et infantile (SMNI). Des modèles communautaires qui s’orientent davantage sur les maladies non transmissibles, dont les problèmes de santé mentale et les soins palliatifs, viennent compléter cette approche. Des initiatives de télésanté, notamment la mise en place de téléconsultations, sont mises en œuvre dans un grand nombre de nos établissements et programmes.

akhs-kenya-188530.jpg

Pour garantir la qualité des diagnostics et des traitements, les médecins de l’hôpital du sous-comté de Mariakani, dans le comté de Kilifi, participent régulièrement à des consultations en ligne avec des spécialistes de l’Hôpital Aga Khan de Mombasa (photographie prise avant le début de la pandémie de COVID-19).
Copyright: 
AKDN / Lucas Cuervo Moura

Nous travaillons auprès de communautés locales, de gouvernements locaux et nationaux, de donateurs internationaux et d’autres agences de l’AKDN afin d’obtenir les meilleurs résultats dans le secteur de la santé d’un pays ou d’une région en particulier. Concrètement, cela signifie que nous devons répondre aux besoins sanitaires des populations locales au travers de notre système en étoile et renforcer la prestation de soins à tous les niveaux : établissements de soins primaires, prestataires de soins secondaires et hôpitaux tertiaires.

En Tanzanie, par exemple, nous avons signé un partenariat avec les gouvernements tanzanien et français, et d’autres agences de l’AKDN afin d’offrir des services de diagnostic et des traitements de meilleure qualité et plus rapidement aux patients atteints d’un cancer. Dans le nord du Pakistan, nous travaillons auprès de communautés locales, d’administrations régionales et d’agences de l’AKDN afin de mettre en place des systèmes durables de prestation de soins de santé primaires dans les vallées de haute montagne. Nous travaillons également avec d’autres agences et unités de l’AKDN, comme l’Université Aga Khan, afin de mettre en place des formations et des projets de recherche.

En Afghanistan, les AKHS viennent appuyer les efforts du gouvernement en mettant en œuvre l’ensemble des services de santé de base et l’ensemble des services hospitaliers essentiels dans deux provinces. Cette initiative est mise en œuvre au travers d’un partenariat public-privé (PPP) novateur basé sur un modèle de rémunération au rendement et qui permet aux AKHS de gérer deux hôpitaux provinciaux, cinq hôpitaux de district, 25 établissements de soins généraux et 158 dispensaires, représentant un total de 1,5 million de personnes.

akhs-afghanistan-101453-2-r.jpg

L’établissement ultramoderne de 141 lits se concentre particulièrement sur les besoins des femmes et des enfants et représente un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Hôpital provincial de Bâmiyân, en Afghanistan (photographie prise avant le début de la pandémie de COVID-19).
Copyright: 
AKDN / Kiana Hayeri

Nous visons principalement à soutenir les politiques et les plans de santé du gouvernement en encourageant notamment l’accroissement du nombre de partenariats public-privé ; à introduire et développer des programmes d’assurance santé et de protection sociale ; et à mettre en œuvre et renforcer les normes internationales en matière de santé et de soins de santé.

Comment les hôpitaux et les cliniques peuvent-ils lutter contre le changement climatique ?

On n’imagine peut-être pas que les hôpitaux et les cliniques ont un rôle à jouer dans le changement climatique, mais c’est pourtant bien le cas. Son Altesse l’Aga Khan et le prince Rahim Aga Khan ont élaboré des lignes directrices qu’ils ont transmises à toutes les agences de l’AKDN afin de les aider à réduire leur empreinte carbone. De notre côté, nous redoublons d’efforts pour réduire cette empreinte. Il est assez surprenant de constater la quantité de carbone que rejettent les systèmes de santé, mais aussi à quel point il est possible de faire baisser ces chiffres. 

Nous construisons des hôpitaux qui intègrent des technologies écologiques de pointe, comme l’illustre très bien l’Hôpital provincial de Bâmiyân, en Afghanistan. Grâce à sa construction en pisé à faible impact écologique, l’hôpital se fond parfaitement dans l’environnement culturel local, mais est également respectueux du climat, durable et parasismique. Une centrale photovoltaïque de 400 KW assure la majorité de l’alimentation électrique de l’établissement. Nous nous employons également à rénover nos anciens établissements afin d’y réduire les émissions de carbone, la pollution atmosphérique et la consommation d’énergie et d’eau.

akhs-afghanistan-189297-r.jpg

La centrale photovoltaïque de 400 KW de l’Hôpital provincial de Bâmiyân, en Afghanistan, assure la majorité de l’alimentation électrique de l’établissement.
Copyright: 
AKDN / Sameer Dossa

Une vaste partie du programme des AKHS est consacrée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre par la mise en place d’innovations en matière de transport, de consommation d’eau (recyclage et utilisation raisonnée) et de pollution de l’air. Nous nous penchons également sur les déplacements, et la pollution qu’ils engendrent. L’amélioration de la détection et de la résolution des problèmes de santé apportent un début de solution, mais nous essayons également d’avoir recours à des technologies qui permettent aux patients d’accéder aux informations et aux soins au plus près de chez eux : les solutions de télésanté, les consultations par téléphone ou encore les systèmes de télémédecine qui permettent de consulter un spécialiste et d’obtenir un diagnostic à distance font partie de notre modèle en étoile.

En parallèle, nous nous efforçons également d’appliquer une politique d’achat des produits pharmaceutiques, des dispositifs médicaux, des denrées alimentaires et d’autres produits respectueuse du climat. Par exemple, lors d’opérations chirurgicales, nous n’utilisons plus de desflurane, le plus puissant gaz à effet de serre, et le remplaçons, dans la mesure du possible, par une alternative moins nocive. Certains aérosols-doseurs pressurisés (pMDI) couramment utilisés pour administrer un traitement aux patients à l’aide de gaz compressés liquides se révèlent être également responsables de la production de gaz à effet de serre. Il existe des alternatives efficaces, bien plus écologiques et moins chères, comme les inhalateurs à poudre. L’introduction de tels dispositifs représente une autre étape importante vers la création de systèmes de santé « zéro carbone ».

L’AKDN base son travail sur plusieurs principes éthiques, et notamment sur une bonne gestion de notre environnement. Au sein des AKHS, nous prenons ce principe très au sérieux et essayons de réduire notre empreinte carbone autant que faire se peut.