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  • Depuis 2006, l’Institut médical français pour la Mère et l’Enfant de Kaboul, un établissement géré par l’AKU dans le cadre d’un partenariat avec les gouvernements de France et d’Afghanistan et l’ONG française La Chaîne de l’Espoir, a investi plus de 16 millions de dollars dans son programme de protection sociale pour les patients, ce qui a changé la vie de plus de 200 000 personnes à travers les 34 provinces de l’Afghanistan.
    FMIC / Oriane Zerah
Enseignement supérieur et COVID-19 : comment l’Université Aga Khan relève les défis qu’entraîne la pandémie

« Selon les principes fondateurs édictés par notre Chancelier, l’Université Aga Khan devrait être capable de se tenir au service des populations des régions dans lesquelles elle est implantée de manière durable... Et un tel rôle ne peut avoir de sens que si le travail que nous accomplissons permet de résoudre les problèmes auxquels ces communautés sont confrontées. Si nous pouvons mettre à profit à la fois les connaissances locales et les meilleures pratiques dont nous avons été témoins à de nombreuses reprises pour résoudre ces problèmes, nous rendons un grand service à ces populations. »

- Firoz Rasul, président de l’Université Aga Khan

L’Université Aga Khan (AKU) a été créée pour fournir une éducation de qualité, mener des recherches novatrices et offrir des soins d’envergure internationale dans des régions en développement. À ce titre, elle est bien placée pour répondre aux enjeux complexes entraînés par la pandémie de COVID-19. Firoz Rasul, président de l’AKU, s’est exprimé à l’occasion de l’événement en ligne « Mind the Gap » (Attention au fossé) de la Fondation Aga Khan (AKF). Il a notamment évoqué le rôle joué par l’institution pendant cette crise et la raison pour laquelle il s’agit pour elle d’un moment déterminant, non seulement pour contribuer à la compréhension des problèmes causés par cette pandémie, mais également pour y apporter des solutions.

Dès ses débuts, un des principes fondamentaux de l’AKU était d’offrir des soins de santé conformes aux normes internationales, quelles que soient les difficultés rencontrées.

« L’AKU est certes une université privée à but non lucratif qui gère des hôpitaux, mais elle est également un petit maillon d’un système de santé publique », explique Firoz Rasul. « Nous sommes implantés dans le monde en développement, où le système de santé publique est fragile, inadapté à bien des égards et incapable d’assurer des services corrects aux populations locales. »

Pour faire face à la pandémie, l’Université s’est ainsi employée à aider, autonomiser et soutenir les systèmes de santé publique dans les pays où elle est implantée, mais s’est également appuyée sur ses relations avec d’autres universités et hôpitaux pour comprendre la maladie et mobiliser des ressources pour la combattre.

Dans les régions à faible revenu, il a souvent été nécessaire d’introduire des innovations pour adapter et mettre rapidement sur pied des solutions créatives et répondre à un manque d’équipements médicaux. Par exemple, au Pakistan, un réseau d’unités de soins télé-intensifs a été mis en place en collaboration avec la Fondation Bill & Melinda Gates afin que tout médecin traitant un patient en état critique dans une région reculée du pays puisse communiquer avec des spécialistes et des experts en cas de besoin.

Selon Firoz Rasul, la pandémie a ouvert de nouvelles perspectives en matière de recherche.

« Nous avons très vite compris que la crise de la COVID-19 avait, dans un sens, créé un pied d’égalité. En effet, les chances de découvrir quelque chose à propos de cette maladie sont les mêmes où que l’on se trouve dans le monde. »

L’engagement à long terme de l’AKU envers les pays dans lesquels elle est implantée a favorisé une profonde compréhension des populations auprès desquelles elle travaille au fil des années. Ainsi, grâce aux normes internationales sur lesquelles elle s’appuie en matière de recherche et de test, l’Université a été sélectionnée pour participer à des essais cliniques de vaccins afin de partager et de contribuer à la compréhension globale de l’impact du vaccin sur différents groupes selon l’âge, l’ethnie, la communauté ou la répartition géographique.

Cette pandémie a également mis en lumière une crise sous-jacente concernant l’égalité des sexes. En effet, les femmes souffrent particulièrement des effets de la crise. Selon les Nations Unies, les femmes représentent actuellement environ 70 % de la main-d’œuvre mondiale, mais leurs perspectives d’exercer des professions de haut niveau dans le domaine de la santé sont souvent limitées. Une autre mission fondamentale de l’AKU est donc de contribuer à autonomiser les femmes et de leur ouvrir la voie aux carrières du domaine de la santé en leur permettant d’étudier de manière flexible, reconnaissant en parallèle les nombreux rôles qu’elles sont amenées à jouer sur les plans personnel et professionnel.

Plusieurs femmes haut placées ont joué un rôle déterminant dans la prise de position de l’AKU face à la COVID-19 ; Firoz Rasul affirme qu’avec le temps, leur représentation continuera d’augmenter, en partie grâce à une nouvelle génération plus favorable à leur présence dans le milieu professionnel.

« Avec le temps, nous allons voir de plus en plus de femmes accéder à des postes de direction dans l’organisation et diriger l’AKU. »

Nous vous invitons à visionner l’entretien complet avec Firoz Rasul :

Cet article est une adaptation d’un post de blog publié sur le site internet de la Fondation Aga Khan Canada.