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His Highness the Aga Khan

Discours de Son Altesse l’Aga Khan après la Cérémonie de remise des diplômes de «Citoyen d’Honneur de la Oumma islamique de Tombouctou» et «Docteur Honoris Causa» de l’Université de Sankoré (Tombouctou, Mali)

24 April 2008

 

Voir également: Photographies et Informations complémentaires

Bismillahh-ir-Rahmanir-Rahim

Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, Général Kafougouna Koné,

Monsieur le Gouverneur de la Région de Tombouctou, Colonel d’Aviation Mamadou Togola,

Monsieur le Maire de la Commune de Tombouctou, Said Ould Mahmoud,

Cher Imam ben Essayouti de la Mosquée de Djingarey ber,
Chers Imams des Mosquées de Sankoré et de Sidi Yahya,
Monsieur le Grand Qadi de Tombouctou,
Chers Invités,
Mesdames et Messieurs,

Asalaam-o-aleikum

Permettez-moi tout d’abord de remercier Monsieur le Ministre Koné, Monsieur Said Ould Mahmoud, Maire de la Commune de Tombouctou et l’Imam ben Essayouti pour leurs très aimables paroles.

J’aimerais également exprimer mes remerciements aux anciens, étudiants et aux érudits de Tombouctou de m’avoir attribué ces diplômes. Ma gratitude va également au Gouverneur et aux citoyens de la ville pour l’accueil chaleureux qu’ils m’ont réservé ainsi qu’à ma famille.

Je garde en mémoire le souvenir précieux de ma dernière visite à Tombouctou au cours de laquelle vous m’avez gratifié du titre de « Citoyen d’honneur » que je porte avec une très grande fierté. Et je me sens à la fois extrêmement humble, car il n’existe sans doute pas de plus grand honneur que celui de se voir attribuer la citoyenneté d’une ville renommée pour s’être, de tout temps, consacrée à la quête de la connaissance.

Au sein d’une assemblée si estimable et si lettrée, me reviennent en mémoire les versets du Saint Coran où Allah nous rappelle qu’Il donne la sagesse comme bénédiction à qui Il veut, mais que seuls ceux dotés d’intelligence s’en souviennent.


C’est ma prière la plus sincère, qu’avec mes concitoyens de Tombouctou et mes frères et sœurs en Islam, nous puissions poursuivre notre voyage pour apporter à chacun plus de sagesse et de compréhension.

Depuis mille ans, Tombouctou est une ville hospitalière. En ce lieu convergent le désert et le fleuve Niger et de tout temps, les voyageurs arrivant de par-delà le Sahara, y ont trouvé un accueil amical et un environnement de savoir et de foi profonde, ainsi qu’une culture cosmopolite.

Je suis honoré et fier d’appartenir à présent à cette ville qui a durablement contribué à l’enrichissement de l’islam et de la civilisation mondiale, non seulement à travers son érudition, mais également de par son rôle de carrefour où ont eu lieu de fructueux échanges culturels et commerciaux entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie.

Je suis également très heureux de recevoir ici le titre de Docteur Honoris Causa de la prestigieuse université de Sankoré, la plus ancienne institution universitaire du continent africain. Cette université, tout comme Djingarey ber et Sidi Yahya, a été l’alma mater des 180 écoles coraniques établies dans la ville et le berceau d’un grand nombre d’ouvrages savants qui ont exercé une influence inégalée en Afrique à l’époque médiévale. Cette somme de connaissances a été préservée dans les riches bibliothèques de Tombouctou qui comptent des milliers de manuscrits, écrits en grande partie par des savants originaires de la ville. Cette tradition de savoir et de transmission de la connaissance est au cœur de l’islam et de la pratique de la foi.

Je suis très heureux de recevoir ce diplôme dans un centre d’érudition islamique aussi prestigieux, face à la Mosquée historique de Djingareyber érigée au 14ème siècle sous le règne de l’empereur Mausa Kankou Mousa, par l’architecte Abou Ishaq as-Sahéli.

Cette mosquée est l’exemple le plus ancien et le plus représentatif d’un type unique d’architecture en terre qui est né dans les toutes premières années de l’Islam en Afrique de l’Ouest et a survécu jusqu’à nos jours. Aujourd’hui cependant, le processus de changement rapide fait peser sur cette région la menace de la perte des connaissances techniques et de la disparition de la tradition du banco. C’est pourquoi le Trust Aga Khan pour la Culture et le Ministère de la Culture du Mali, en collaboration avec tous les responsables des mosquées, ont entrepris ce programme de conservation de ce patrimoine avec l’objectif de raviver les pratiques traditionnelles de construction, améliorer les conditions de préservation des bâtiments et assurer leur entretien sur le long terme, pour qu’ils puissent être transmis aux générations futures.

Ce doctorat honoris causa restera toujours dans ma mémoire comme le témoignage d’une bénédiction de l’islam aux musulmans qui est la consonance de l’intellect et de la foi.

Merci

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