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Cérémonie d'Inauguration de la Grande Mosquée de Mopti

24 avril 2008

 

Voir également: Photographies, Diaporama, Visite en Afrique de l'Ouest and Speech in English

Bismillah-hir-Rahmanir-Rahim

Excellence Monsieur le Président de la République,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Gouverneur de la Région de Mopti,
Monsieur le Maire de la Communauté Urbaine de Mopti,
Messieurs le Chef du village et les notables de Komoguel, l’Imam de la Mosquée
Chers Invités,
Mesdames et Messieurs,

Asalaam-o-aleikum

Je suis extrêmement heureux de pouvoir inaugurer aujourd’hui la Grande Mosquée de Mopti dite de « Komoguel » nouvellement restaurée et de visiter tout à l’heure les divers travaux d’amélioration de l’environnement qui se poursuivent dans le quartier historique de Komoguel.

J’aimerais remercier tout particulièrement Monsieur le Président de la République et le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales pour leur présence ici aujourd’hui et pour le soutien que le gouvernement, les autorités régionales et Monsieur le Maire Oumar Bathily et la municipalité, le Comité de la Mosquée ainsi que le Comité local pour le Développement de Komoguel ont apporté à ce projet.

Ce projet revêt une importance qui va bien au-delà de la réhabilitation matérielle de la structure architecturale de la mosquée.

L’histoire de la Ummah garde en effet en mémoire le prestige et le rayonnement des grandes mosquées du Mali. A l’apogée de l’empire, au 8ème siècle, c’est à partir de ces hauts lieux du savoir, véritables centres intellectuels et spirituels, que l’islam s’est propagé à travers l’Afrique. C’est donc un immense privilège pour moi de pouvoir restaurer ces magnifiques mosquées. Que ce soit ici à Mopti, à Djenné ou à Tombouctou, la grande tradition d’architecture en terre a été ravivée et les nouvelles compétences acquises pourront désormais être appliquées à toutes les constructions en terre, qu’elles soient destinées à la pratique de la foi ou à un usage profane.

Et cette œuvre de revitalisation des mosquées se déploie petit à petit aux quartiers alentour pour englober tout l’habitat situé à l’ombre des minarets. Quel magnifique symbole de voir que l’aboutissement de cet effort de réhabilitation des mosquées est l’amélioration de la qualité de vie des populations qui vivent à leur rythme !

La restauration de la Grande Mosquée de Mopti est le fruit d’une collaboration étroite entre le Ministère de la Culture et la Direction Nationale du Patrimoine Culturel (DNPC), les autorités régionales et locales, le Comité de la Mosquée et le Trust Aga Khan pour la culture, ainsi que de l’engagement dévoué de nombreux professionnels et artisans, qu’il s’agisse des architectes, des conservateurs, des maçons, des briquetiers, des crépisseurs, des ferronniers, des charpentiers, des potiers ou des électriciens.

Ce projet a permis de combiner les techniques modernes de préservation du patrimoine avec des procédés et des matériaux traditionnellement utilisés dans la construction d’ouvrages en terre. La contribution des quelques maçons qui maîtrisent encore la technique du banco pourri a également permis de former plus de 30 jeunes qui assureront la transmission de ce savoir-faire traditionnel à la génération suivante.

Ceci est particulièrement pertinent au Mali où les artisans traditionnels risquent de disparaître petit à petit, emportant à jamais avec eux le savoir-faire et les connaissances accumulées par les générations précédentes de bâtisseurs. Ainsi, la restauration de cet important monument a-t-elle été l’occasion de perpétuer une tradition et d’assurer également la conservation future du bâtiment avec des techniques appropriées, appliquées avec compétence.

De nombreux autres bâtiments et hameaux en terre du pays, qui sont sans doute moins visibles mais néanmoins significatifs dans le contexte de la région, attendent d’être inspectés et protégés d’urgence et vont requérir une large coopération d’institutions nationales et d’organisations internationales. C’est encourageant de savoir que le Mali a été sélectionné pour accueillir cette année la conférence internationale TERRA sur les constructions en terre. Dans les années à venir, l’AKTC projette de contribuer à cet effort international non seulement en restaurant des bâtiments importants, mais en établissant également, en collaboration avec le Ministère de la Culture, un inventaire national des structures en terre qui apparaît de plus en plus urgent au regard des multiples menaces et de la détérioration croissante du patrimoine en terre du pays.

Parallèlement à la restauration de la Grande Mosquée, le Trust a lancé, en collaboration avec la communauté urbaine de Mopti et d’autres agences de l’AKDN, un projet pilote pour améliorer la qualité de vie des habitants des quartiers environnants en répondant à quelques-uns de leurs besoins les plus pressants. L’engagement d’AKTC s’est d’abord concrétisé par l’amélioration de l’accès à l’eau et à un meilleur réseau sanitaire et la mise en place de projets de développement social, de , formation professionnelle et de micro-finance.

Si ces programmes de gestion de l’environnement autour des mosquées partent du principe que toute la population doit bénéficier de l’amélioration de sa qualité de vie, ce travail s’inscrit cependant dans une vision plus globale du développement urbain.

C’est en effet ma crainte que la modernisation de la ville entraîne une augmentation de la spéculation immobilière ou un développement incontrôlé des infrastructures touristiques qui finissent par engloutir les mosquées dans le tissu urbain. Nous constatons, hélas, dans nombre de métropoles de la Ummah, que les minarets de nos mosquées, symboles altiers de notre foi du haut desquels résonne le adhan, se sont perdus au milieu des barres de HLM et noyés dans le brouhaha de la ville.

Mon espoir est que la réhabilitation des quartiers autour des mosquées permette de préserver et de protéger cet héritage de notre glorieux passé qui mérite notre respect et notre admiration.

Et c’est notre devoir de musulmans de contribuer à cet effort et de l’encourager, comme nous le rappelle le Saint Coran en nous ordonnant de laisser le monde dans un état meilleur que celui dans lequel nous l’avons reçu et en nous enjoignant de nous entraider dans l’accomplissement des bonnes œuvres.

Merci

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