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Inauguration de l'Institut Médical Français pour l'Enfant à Kaboul

8 avril 2006

 

Monsieur le Président,
Madame Chirac,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Je suis ravi et touché que Madame Chirac soit ici présente afin de procéder à l’inauguration de l’Institut Médical Français pour l’Enfant en présence de Son Excellence le Président Hamid Karzaï. En dépit d’un calendrier chargé, le Président Karzai a choisi d’être parmi nous aujourd’hui, réitérant ainsi son engagement personnel et celui indéfectible de son Gouvernement pour la reconstruction de ce fier pays du grand peuple afghan. Le partenariat du Gouvernement de l’Afghanistan restera toujours essentiel pour l’avenir de cet Institut.

La présence de la Première Dame de France est loin d’être seulement symbolique puisqu’elle s’implique activement dans les domaines médicaux et sociaux, et en particulier en présidant depuis 1994 la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. Nous tous ici présents lui rendons hommage pour son engagement et son appui fervent en faveur de cette initiative médicale à Kaboul.

De plus, le nouvel Institut inauguré aujourd’hui représente la médecine française en Afghanistan, médecine reconnue mondialement. L’Institut signifiera à l’avenir la permanence de cette médecine dans le cadre national des services médicaux afghans.

Si nous sommes rassemblés en ce lieu, c’est grâce à la générosité des grandes entreprises françaises, des Françaises et des Français, qui ont compris l’état critique de la médecine en Afghanistan après plus de 25 années de guerre, et qui on voulu dans l’urgence essayer de rétablir des institutions médicales capables de servir les populations désormais privées de tous soins médicaux satisfaisants.

J’accueille également Monsieur le Ministre français des Affaires Etrangères, M. Philippe Douste-Blazy qui, tout en s’occupant des rapports internationaux de la France, est lui-même Docteur en médecine, ancien Chef de service au centre hospitalier régional de Toulouse, une personnalité par conséquent extrêmement qualifiée dans le domaine médical.

Je suis reconnaissant au Dr. Abdullah, le Ministre afghan des Affaires Etrangères, d’être présent : son Ministère a joué un rôle déterminant dans la négociation de la convention de ce partenariat. Je dois, en effet souligner tout particulièrement ce que cet Institut signifie dans le cadre de la renaissance de l’Afghanistan. Cet établissement est né d’un partenariat public-privé pour créer un nouvel institut médical au moyen d’une collaboration stratégique : l’appui du Gouvernement français, celui du Gouvernement afghan, la participation des organisations non gouvernementales françaises La Chaîne de l’Espoir et Enfants Afghans, et l’Université Aga Khan. Cette collaboration, aujourd’hui unique en son genre en Afghanistan, apportera à la population afghane un nouvel établissement hospitalier de haute qualité et cependant accessible aux plus démunis.

Je tiens aussi à féliciter particulièrement les deux associations philanthropiques françaises, La Chaîne de l’Espoir et Enfants Afghans dont le président et fondateur, le Professeur Alain Deloche, et le président d’Enfants Afghans, le Docteur Eric Cheysson, sont parmi nous aujourd’hui. Je les salue chaleureusement ainsi que toute leur équipe. Sans eux, cet Institut n’existerait pas.

L’état sanitaire des enfants afghans est des plus désastreux. La mortalité néonatale et infantile sont parmi les plus élevées du monde : songez qu’un enfant sur quatre n’atteint pas l’âge de 5 ans.

Sur un million d’enfants qui naîtront cette année en Afghanistan, 165,000 mourront dans les 30 premiers jours. Dix-neuf sur vingt naissances auront lieu hors d’une structure médicale.

Sur un million de futures mères, 17,000 mourront de complications liées à leur grossesse. Dans les pays occidentaux, ce chiffre serait de 100, voire moins, sur ce même million de naissances.

Cette situation infiniment grave justifierait à elle seule le soutien de l’Université Aga Khan et des Services de Santé Aga Khan, mais trois raisons supplémentaires nous ont incités à nous engager dans la gestion future de cet Institut.

Le première est que les organisations non gouvernementales et les entreprises françaises et étrangères qui ont contribué à la mise en œuvre de ce projet l’ont conçu d’une manière particulièrement sophistiquée en apportant à l’Afghanistan, une institution et des bâtiments très élaborés dont les composantes ont été conçues avec une vision d’avenir. C’est ainsi, par exemple, que les plans de l’hôpital ont été établis de manière à pouvoir développer et agrandir l’établissement et, bien entendu, des bâtiments répondant aux normes antisismiques.

La deuxième raison est que la France a convenu de poursuivre son aide en mettant à disposition de cet hôpital les ressources humaines nécessaires afin de lui permettre de dispenser des soins de la plus grande qualité.

Enfin , la troisième raison est que les Services de Santé Aga Khan disposent au niveau régional d’un réseau hospitalier significatif comportant la Faculté des Sciences médicales et l’hôpital universitaire Aga Khan à Karachi, un hôpital à Bombay en Inde, notre engagement au sein de l’hôpital de Khorog dans l’Est du Tadjikistan, et la gestion de l’hôpital de Bamiyan.

En fait, il était logique que notre désir d’aider à la reconstruction de l’Afghanistan nous dispose à prendre la gestion de l’Institut Médical Français pour l’Enfant à Kaboul, connu auparavant sous le nom d’Hôpital de laMère et de l’Enfant.

Permettez-moi de conclure sur une vision d’avenir de cet Institut, une vision que je sais déjà partagée par le Gouvernement afghan et le Gouvernement français, les associations philanthropiques françaises La Chaîne de l’Espoir et Enfants Afghans, l’Université Aga Khan et les Services de Santé Aga Khan.

Nous sommes tous convaincus que l’Afghanistan a aujourd’hui et pour de nombreuses années encore un très grand besoin d’hommes et de femmes qualifiées dans les domaines médicaux et paramédicaux. La pénurie des ressources humaines est en effet dramatique puisqu’il n’y a, d’après les statistiques 2004 de la Banque Mondiale, qu’un médecin pour
5.000 habitants. A titre de comparaison, la France en compte quinze.

Par conséquent, il est évident qu’il faudra envisager des formations pour infirmières et médecins dans le cadre de cet établissement. Nous engagerons une réflexion stratégique avec le Gouvernement afghan et les institutions médicales françaises afin de concevoir et mettre en oeuvre des programmes d’enseignement, si critiques pour l’avenir.

Nous sommes donc par conséquent vivement désireux d’envisager pour l’avenir, un hôpital qui ait la vocation de devenir un centre tertiaire universitaire de premier plan, offrant de nouvelles spécialisations essentielles - telles que les neurosciences, la cardiologie, l’oncologie et bien d’autres disciplines - répondant au mieux aux besoins du pays.

Je vous remercie.

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