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His Highness the Aga Khan

Discours de Son Altesse l’Aga Khan à l’Ouverture du Séminaire et de l’Exposition de l’AKAA sur les projets primés au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest (Ouagadougou, Burkina Faso)

26 April 2008

 

Voir également: Photographies et Visite en Afrique de l'Ouest

Bismillah-hir-Rahman-ir-Rahim

Messieurs les Ministres,
Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales,

Mesdames et Messieurs,

As-Salaam-o-Alaikum

Je suis profondément heureux que cette exposition puisse se tenir au Burkina Faso, parce que les projets burkinabés qui ont reçu le Prix Aga Khan d’Architecture, chacun individuellement et tous les trois ensemble, sont d’une importance capitale.

L’architecture est le seul art qui a un impact sur la qualité de vie des peuples et c’est la raison pour laquelle ce prix a été créé. L’un de ses objectifs est en effet d’avoir un impact positif non seulement sur la qualité de la profession elle-même, mais aussi sur la qualité de vie des communautés musulmanes auxquelles on a souhaité s’adresser.

Lorsque j’ai établi le Prix en 1977, et à de nombreuses reprises par la suite, un grand débat s’est déroulé au sein des organes du Prix, qu’il s’agisse du Jury ou des « Steering Committees », pour savoir si ce Prix pouvait être attribué à des projets de grande importance auxquels des architectes professionnels n’avaient jamais participé.

Il avait été constaté que la plus grande partie des populations musulmanes de notre planète vivaient dans des zones rurales et que la majorité de leur habitat était construit par les familles elles-mêmes ou par des bâtisseurs qui n’avaient reçu pour toute éducation que le passage d’un savoir-faire d’une génération à l’autre.

A la suite de ce constat, le « Steering Committee » et les jurys ont porté une attention toute particulière à l’habitat rural et à la question fondamentale de savoir comment sécuriser et améliorer cet habitat.

Pourquoi, j’utilise le mot « sécuriser» c’est parce que, par exemple, la majorité des musulmans de notre monde d’aujourd’hui vit dans la zone sismique la plus dangereuse de notre terre.

Je suis heureux que malgré les grandes difficultés à identifier des projets qui pouvaient être considérés comme étant exceptionnels et donc exemplaires dans un environnement rural, entre 1977 et 2008, le Prix ait néanmoins réussi à identifier et à primer des projets forts importants pour les populations rurales.

Trop souvent, je crois qu’on oublie qu’entre 70 et 80% de la population musulmane de ce monde vit dans des zones rurales.

Ces projets ont été très différents les uns des autres et les 3 lauréats du Burkina sont caractérisés par l’inspiration, l’imagination et l’engagement personnel d’architectes qui ont fait tout ce qui était nécessaire pour créer des projets simples, facilement constructibles en zone rurale tout en utilisant des matériaux locaux donc faciles à reproduire dans des contextes similaires.

Le Projet du Marché Central de Koudougou a reçu le soutien de la « Swiss Agency for Development and Cooperation »

Je suis extrêmement heureux de constater que, ces dernières années, d’autres organisations internationales offrant de l’aide au développement dans les zones rurales du monde musulman, s’appliquent, comme l’a fait cette organisation helvétique, à aller au-delà du simple fait de soutenir économiquement un projet significatif. Elles veillent en effet à ce que ces projets soient particulièrement adaptés aux cultures du monde islamique au point qu’au cours des cycles plus récents du Prix, nombre de ces projets ont été retenus comme des réalisations exceptionnelles méritant une reconnaissance à travers l’attribution du Prix Aga Khan.

Cette sensibilité culturelle est un facteur particulièrement important pour que l’insertion de ces projets modernes puisse se faire au mieux dans des environnements traditionnels en y apportant de nouvelles techniques, de nouvelles architectures et même de nouveaux symboles, sans s’engager pour autant dans une direction qui ferait que les communautés locales rejetteraient ces initiatives comme étant incompatibles avec leur histoire et leur culture. Je tiens donc à féliciter tout particulièrement la « Swiss Agency for Development and Cooperation ».

L’amélioration de l’habitat rural est évidemment un objectif important dans le processus de développement, d’abord pour améliorer la qualité de vie des populations rurales qui sont souvent les populations les plus pauvres de ces pays. Mais il s’agit également de faire passer le message que premièrement, ces populations ne sont pas oubliées de ceux qui soutiennent le développement national dans leur pays et que deuxièmement, elles ne doivent pas obligatoirement s’urbaniser pour se construire un avenir stable et prometteur, à moyen et à long terme.

Le Prix Aga Khan d’Architecture a en effet pour objectif d’étudier, d’analyser et de comprendre les dynamiques du changement physique dans les sociétés où vivent les musulmans. Il aspire à influer sur ces sociétés pour que les générations futures puissent créer, bâtir et vivre dans des environnements meilleurs tout en préservant une continuité culturelle dans leur environnement physique.

Le Burkina Faso a une longue histoire commune avec le Prix Aga Khan d’Architecture qui avait primé, en 1992, l’Institut Panafricain de Développement à Ouagadougou, en 2004, l’école primaire de Gando, et plus récemment, en 2007, le Marché Central de Koudougou.

Tous ces projets ont en commun une utilisation intelligente et innovatrice de technologies appropriées utilisant la terre comme matériau de construction. Il est essentiel de préserver tant ce savoir que l’utilisation de ce matériau traditionnel. Et c’est pourquoi je suis heureux de constater que ces technologies et ces traditions connaissent depuis vingt ans un renouveau dans ce pays et que les maîtres maçons, les architectes et les briquetiers du Burkina Faso exportent désormais leur savoir-faire à travers l’Afrique.

J’aimerais féliciter à nouveau les architectes, les autorités municipales, ainsi que les agences nationales et internationales impliqués dans ces projets qui sont présents ici aujourd’hui, pour leurs réalisations et pour la valeur exemplaire des solutions architecturales adéquates et adaptées qu’ils ont mises en œuvre et qui ont contribué à l’amélioration de la qualité de vie des populations du Burkina Faso.

Je félicite tous ceux au Burkina Faso qui ont contribué à ces 3 victoires successives.

Bravo !

Merci.

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